Pearl

De : Elsa Amiel

Avec Julia Föry, Peter Mullan, Vidal Arzoni, Arieh Worthalter

Année: 2019

Pays: France, Suisse

Genre: Drame

Résumé:

Léa Pearl s’apprête à concourir pour le prestigieux titre de Miss Heaven. Son entraîneur, Al, espère, grâce à elle, revenir sur le devant de la scène et rien ne pourra les détourner de cet objectif… Mais à quelques heures de la finale, Ben, l’ex-mari Léa débarque avec Joseph, leur enfant, qu’elle n’a pas vu depuis 4 ans.

Avis:

Actrice, scénariste et réalisatrice française, Elsa Amiel a commencé sa carrière comme assistante réalisatrice chez des cinéastes comme Orso Miret, Emmanuel Finkiel, Mathieu Amalric, Noémie Lvovsky ou encore Bertrand Bonello et beaucoup d’autres encore, la jeune femme étant une bosseuse, à quarante ans cette année, elle peut se vanter d’avoir une sacrée filmographie derrière elle. Au milieu des années 2000, Elsa Amiel commence à tourner ses propres films, des courts-métrages évidemment. Il lui faudra alors tourner que deux films pour « convaincre », avant que ne vienne ce premier long-métrage.

Arrivant sur les écrans sans prévenir, soutenu par une toute petite distribution, le film est présenté dans dix-neuf salles seulement, le premier film d’Elsa Amiel est pourtant une jolie surprise qui, même s’il a les défauts d’un premier long, reste néanmoins intéressant dans ce qu’il raconte et de par son sujet, le bodybuilding chez les femmes. Magnifique esthétiquement parlant, doté d’une BO puissante, « Pearl« , ce premier film d’Elsa Amiel, méritait bien plus de lumière.

Julia, dite Léa Pearl, s’apprête à concourir pour le prestigieux titre de Miss Heaven. Cela fait des années qu’elle s’entraîne, qu’elle sculpte son corps. Son entraîneur, Al, espère avec Pearl revenir sur le bord de la scène. Rien, absolument rien, ne pourrait dévier « le couple » de son objectif. Et pourtant, la vieille du concours, Ben, l’ex-mari de Julia, débarque dans sa vie, et il vient avec leur fils, Joseph, quatre ans, que Julia ne connaît pas…

« Pearl » est donc le premier film d’Elsa Amiel et il y a deux choses que l’on peut dire de ce premier film, premièrement la réalisatrice n’a pas choisi la facilité, même si dans le fond son « Pearl » reste assez simple dans son scénario, et deuxièmement, ce premier long jouit d’un esthétisme assez incroyable.

« Pearl« , c’est un film qui va aborder le corps, l’esprit, le mental, mais aussi la famille, les regrets ou les remords et le choix d’une vie. Comme je le disais, sur son fil rouge, « Pearl » est un film qui reste simple. Un enfant non désiré réapparaît dans la vie d’une femme et va quelque peu chambouler cette dernière. Sur cette ligne directrice, on peut aisément dire qu’on a déjà vu ce genre d’intrigue plus d’une fois. Mais pourtant, « Pearl » demeure intéressant, et même assez touchant. Elsa Amiel nous donne envie de suivre son personnage et ses tiraillements sont touchants. « Pearl » est aussi touchant car il développe aussi d’autres sujets. Le film évolue dans l’univers du bodybuilding, univers dont on parle assez peu, et encore plus chez les femmes comme c’est le cas ici. Là encore, Elsa Amiel arrive à faire simple, mais prenant et intéressant. Fait de petits détails, de petites conversations, de petits efforts, « Pearl » pique la curiosité et apparaît comme très réaliste. Puis comme la réalisatrice arrive à bien mélanger son histoire de compétition et son histoire de femme qui se découvre « peut-être » mère, on peut aisément dire qu’Elsa Amiel réussit son pari. Un pari réussi, malgré des coups de mou, malgré d’autres sujets ou personnages qui méritaient plus (ou moins, celui tenu par l’excellent Arieh Worthlater est un peu lourd quand même), comme celui-ci de Peter Mullan. Un excellent Peter Mullan, mais dont on aurait aimé un personnage plus profond.

Puis comme on est du côté des acteurs, « Pearl« , c’est avant et surtout Julia Föry, dont c’est le premier rôle au cinéma. Championne de culturisme dans la vie, Julia Föry captive l’écran, arrivant à être aussi impressionnante quand on la voit, que touchante, très touchante, dans ses regards, ses sourires, ses silences. Là encore, on voit bien le pari risqué qu’Elsa Amiel fait. Avec son actrice, la réalisatrice nous entraîne vraiment dans l’intimité de cette femme, de sa discipline, de ses doutes, ses envies et comme je le disais, ses regrets et c’est là que « Pearl » se fait le plus beau.

Enfin, « Pearl« , c’est une jolie claque d’un point de vue visuel. D’un esthétisme poussé et marquant, doté d’une mise en scène qui, si parfois elle fait traîner l’histoire en longueur, nous offre toujours quelque chose d’intéressant à voir (la façon qu’a sa réalisatrice de filmer le corps de son actrice et plus généralement les corps, relève presque de l’hypnose). Elsa Amiel a calibré son film, pensé ses plans et tenu à offrir une ambiance prenante. Une ambiance qui fonctionne en adéquation avec la BO puissante de Fred Avril. D’ailleurs, assurément, on tient là l’une des BO qui fera notre année de cinéma.

Pour un premier film, Elsa Amiel s’en sort assez bien et nous livre là un film osé et audacieux. Un film qui aurait pu être certes mieux, mais franchement, entre son intrigue intéressante, son visuel incroyable, son actrice superbe et cette BO, si tous les films pouvaient avoir cette gueule-là, ce serait terrible ! À voir donc, si vous avez la chance d’avoir un cinéma qui le diffuse près de chez vous.

Note : 14/20

Par Cinéted

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