octobre 24, 2020

Evanescence – Lost Whispers

Avis :

Pour les trentenaires qui ont été bercés par le métal et toutes ses dérives, les années 2000 ont été un moment charnière dans ce style. Sans jamais délaisser les bases que sont le thrash ou encore le heavy, le métal s’est diversifié et a proposé des choses différentes comme le nu-métal ou encore l’avènement du métal symphonique avec des groupes comme Nightwish ou encore Within Temptation. Evanescence est un groupe américain qui a surfé sur cette mode tout en proposant quelque chose de plus accessible pour les néophytes. S’axant sur un mélange de riffs assez lourds et d’une chanteuse à la voix claire et forte, le groupe s’est très rapidement fait un nom, notamment grâce à des BO de films. Mais très rapidement, le groupe, qui se rangeait du côté du métal alternative, a succombé aux charmes du marché et a pondu des morceaux plus doucereux et bien trop grand public, s’éloignant ainsi de son premier crédo, le rock et le métal. Proposant des compos qui lorgnent à chaque fois du côté du piano voix, le groupe a lassé malgré sa faculté à surprendre. Nous n’avions plus de nouvelles d’Evanescence depuis 2011 et avant l’arrivée prochaine d’un nouvel album (pour 2017 normalement), la formation propose un album de raretés et b-side afin de faire patienter le fan qui a bien vieilli depuis. Est-ce que cela valait le coup ? Non.

Il faut dire que le groupe n’a rien fait pour achalander l’auditeur avec cet album qui n’a bénéficié d’aucune publicité et qui sort dans un anonymat complet. Est-ce volontaire pour créer la surprise ? Difficile de répondre, mais quoi qu’il en soit, le résultat est que cet album est une belle déception. Commençant par une introduction d’une minute qui ne sert strictement à rien car elle ne pose aucune ambiance, le skeud s’ouvre sur Even in Death dans une nouvelle version, exclusivement en piano. Si le résultat peut sembler joli, il n’en demeure pas moins peu emballant et bien loin des riffs lourds que le groupe a pu proposer par le passé. Mais on se souvient aussi de My Immortal et finalement, ce n’est pas si mal, le morceau étant sauvé par la jolie voix de la chanteuse. Le problème, c’est que le morceau suivant, Missing, suit la même trame et demeure aussi un morceau de piano avec la voix de la chanteuse. S’il peut sembler plus pop et emballant que le titre précédent, il n’en demeure pas moins que ce n’est pas cela que l’on attend d’Evanescence. Et c’est là tout le problème de cet album, qui ne trouve pas le juste équilibre entre les ballades et les morceaux plus nerveux. C’est bien simple, sur douze titres, on a une introduction, six morceaux au piano et seulement cinq titres avec de la gratte (mais là aussi, ce n’est pas la panacée, on y reviendra plus tard). Du coup, ce dimorphisme empêche de rentrer dans l’album et on a l’impression de se retrouver dans un album pop sans grandeur saveur.

Alors certes, la chanteuse a une jolie voix qui s’accorde parfaitement avec les violons et le piano de Secret Door par exemple, mais cela reste une bien maigre consolation. Et du côté des titres plus nerveux, ce n’est pas mieux. Le premier est Farther Away est on a la désagréable sensation de faire un bond de dix, voire quinze, ans en arrière. C’est très gentillet, le riff est assez éloigné et la ligne de basse reprend sur le couplet, mais globalement, c’est très simple et très gentil. On est très loin des productions plus dark avec une ambiance plus marquée. Et c’est certainement ce qu’il manque à tous les titres de ce skeud, une ambiance plus sombre et plus éthérée pour faire plus gothique. Alors il y a bien If You Don’t Mind, mais là encore, que ce soit sur la façon de chanter ou de présenter les riffs, ça ressemble à quelque chose que l’on a entendu des millions de fois. La chance qu’a Amy Lee sur ce skeud, c’est l’apport d’une nouvelle chanteuse, qui permet d’appuyer plus en profondeur les refrains, mais cela reste profondément anecdotique. Après, il y a un morceau de bien, c’est Say You Will, avec sa rythmique très rapide et son savant mélange entre pop et hard rock, mais le titre dure moins de trois minutes, montrant la difficulté du groupe à composer des morceaux plus complexes. D’autant plus que Disappear qui arrive juste après, semble être une copie conforme du morceau précédent, montrant le manque d’ingéniosité du groupe.

Au final, Lost Whispers, le dernier né d’Evanescence qui est un condensé de reprises et de raretés, ne vaut pas grand-chose, si ce n’est teaser la venue imminente d’un vrai nouvel album. Très clairement, le groupe essaye de se refaire une jeunesse mais n’y parvient pas, rattrapé par ses vieux démons mercantiles, lui empêchant de se défaire d’une image de rock/métal pour adolescentes et films de super-héros. On espère que le groupe nous fera mentir avec leur prochain album.

  1. Lost Whispers (Intro)
  2. Even in Death (Version 2016)
  3. Missing
  4. Farther Away
  5. Breathe no More
  6. If You Don’t Mind
  7. Together Again
  8. The Last Song I’m Wasting on You
  9. A New Way to Bleed
  10. Say You Will
  11. Disappear
  12. Secret Door

Note: 08/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.