mai 25, 2024

Hällas – Conundrum

Avis :

Les années 70 furent une décennie bénie pour le Rock et ses sous-genres. La créativité était à son comble et les élans psychédéliques côtoyaient des éléments plus simples et énergiques. Forcément, cinquante ans plus tard, ces années fastes ont une influence majeure sur certains groupes de Rock qui s’inspirent de cette époque pour faire une sorte de revival mâtiné de modernité. On ne compte même plus les groupes qui vont dans ce sens, de Kadavar en passant par The Night Flight Orchestra. Aujourd’hui, on s’arrête sur Hällas, un groupe suédois particulier, qui articule ses albums autour d’un héros et d’un monde fictif. Formé en 2011, c’est en 2017 que sort le premier album du groupe, après moults EP. Conundrum est le deuxième skeud de la formation qui suit les aventures d’un chevalier déjà amorcées dans les précédents efforts du groupe, en EP et en LP.

Si on se fie à la pochette, au nom du groupe, ainsi qu’à l’histoire racontée, tous les curseurs pointent un Power métal à l’ancienne, avec des récits épiques et des rythmiques chevaleresques. Mais Hällas c’est presque tout le contraire, et en ce sens, le groupe va bien nous avoir. En effet, on est loin d’un Power, mais plus proche d’un Rock progressif, avec de nombreux éléments psychédéliques. Le groupe s’abroge un peu des règles pour mieux nous surprendre, et va peaufiner un univers particulier, qui peut en laisser plus d’un sur le carreau. D’ailleurs, si Ascension est une introduction assez basique et qui n’a que peu d’intérêt, les choses sérieuses commencent avec Beyond Night and Day et son entrée en matière très 70’s. Il suffit d’entendre la batterie électronique pour s’en rendre compte, puis l’omniprésence du clavier pour couronner le tout.

Le morceau sera assez particulier, avec une mélodie assez simple, mais qui va s’enrichir de plusieurs strates, avec notamment un clavier old school et un break onirique qui calme la vitesse de la mélodie. Ce n’était déjà pas bien rapide, mais on renoue ici avec un aspect psyché très cher aux années 70. Le groupe pousse tous les potards à fond, et finalement, on se laisse embarquer dans ce délire délicieusement rétro. Strider aura même l’audace de partir vers quelque chose d’assez bluesy au départ, pour monter crescendo, sans que cela soit non plus la panacée. Hällas reste fidèle à son concept, au risque d’endormir un peu tout le monde. D’autant plus que chaque piste est assez longue (huit morceaux pour près de cinquante minutes d’écoute), empêchant de placer un gros hit au milieu. Si ce n’est Tear of a Traitor qui dépasse à peine les trois minutes.

Sauf que là, les choses sont assez différentes avec les autres titres de l’album. La rythmique est plus rapide, certes, mais on ressent tous les atours d’un clavier qui vient un peu polluer l’ensemble de la mélodie. Le morceau manque cruellement d’un élément marquant, d’un solo dantesque ou d’une identité plus forte. Chose que l’on trouvera plus avec Carry On et ses aspects huit bits. Oui, par moments, on dirait un peu une musique de jeu vidéo de l’ancienne époque. Mais entre une belle rapidité, un refrain entêtant, et des éléments qui imprègnent notre cerveau, on se retrouve avec un titre plaisant et presque addictif. Puis, avec les trois derniers morceaux, Hällas plonge dans un Rock progressif très long (chaque morceau flirte avec les huit minutes) qui manque un peu de point d’accroche. C’est hyper bien foutu, mais parfois, il faut le dire, on se fait chier…

Labyrinth of Distant Echoes monte petit à petit, mais il manque de passages très accrocheurs. Si techniquement, c’est très fort, il n’y a rien qui restera dans nos têtes, et il faudra se repasser le morceau plusieurs fois pour qu’il rentre dans nos têtes. Il en va de même avec les deux autres derniers morceaux. Blinded by the Emerald Mist pourrait évoquer Led Zeppelin, ou plutôt les titres de Robert Plant tout seul, et autant dire que c’est très chiant. Quant à Fading Hero, le début est assez trompeur, car on a l’impression d’approcher un titre Pop des années 70, avec ce clavier si particulier, mais malheureusement, le groupe retombe dans ses travers, avec une longueur trop importante, et des délires psychédéliques qui brisent un peu la bonne ambiance du début. On sent alors le potentiel Rock Prog/Psyché de la formation, mais la transformation n’est jamais effectuée.

Au final, Conundrum, le deuxième album de Hällas, est un sympathique moment, qui nous fait voyager dans les années 70, mais à travers un univers médiéval fantastique assez étrange. Le groupe aime flouter les frontières des genres, et c’est plutôt bien vu, mais il manque à tout cela l’envie de faire bouger les foules et d’engendrer une énergie communicatrice. Là, c’est un peu trop planplan pour convaincre, et l’album oublie de fournir une paire de hits pour bien rester en tête. Bref, un skeud sympathique, mais loin d’être mémorable.

  • Ascension
  • Beyond Night and Day
  • Strider
  • Tear of a Traitor
  • Carry On
  • Labyrinth of Distant Echoes
  • Blinded by the Emerald Mist
  • Fading Hero

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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