janvier 16, 2022

Une Grande Année

Titre Original : A Good Year

De : Ridley Scott

Avec Russell Crowe, Marion Cotillard, Albert Finney, Didier Bourdon

Année: 2007

Pays: Etats-Unis

Genre: Romance

Résumé:

Max Skinner, un banquier d’affaires anglais, hérite du vignoble provençal où il passait autrefois ses vacances d’été aux côtés de son oncle. Il y retrouve Francis Duflot, le vigneron qu’il a connu enfant et qui veille depuis trente ans sur les cépages.
Alors qu’il prend possession de ses terres, Max apprend qu’il est suspendu suite à une de ses transactions douteuses. Il se résout à s’installer quelque temps dans la propriété. Sachant qu’un château et un vignoble peuvent valoir plusieurs millions de dollars si le vin est bon, il envisage de vendre. Pourtant, il faut se rendre à l’évidence : le domaine ne produit qu’une horrible vinasse.
Max commence peu à peu à goûter la douceur de la vie provençale, mais une jeune Californienne, Christie Roberts, débarque soudain et prétend qu’elle est la fille illégitime de l’oncle décédé, ce qui pourrait faire d’elle l’héritière du domaine…

Avis:

Décidément, la carrière de Ridley Scott de ces années 2000 se suit mais ne se ressemble pas. Enchaînant les projets énormes comme « Gladiator« , « La chute du faucon noir » ou encore « Kingdom of heaven« , avec les projets plus légers comme « Les associés« , Ridley Scott a l’envie de se faire une petite pause et pour l’occasion retrouver Russell Crowe pour une seconde collaboration.

Cette pause, c’est « Une grande année« , petite comédie romantique qui détient un joli bouquet à défaut d’avoir du coffre. Cousu de fil blanc, Ridley Scott pose sa caméra dans le sud de la France pour un petit film, certes facile, mais bourré de charme. Un petit film qui ne fera jamais partie des grands crus de Sir Ridley Scott, mais qui pourtant se laisse apprécier et peut même surprendre dans certains de ses choix (musicaux ou dans son casting). Bref, pas un grand film, mais un petit film sympathique qui fait du bien.

Max Skinner est un trader qui n’a pour loi que le bénéfice et l’argent. Alors qu’il vient de manipuler les cours de la bourse à son avantage, il se retrouve mis à pied. C’est à ce moment qu’il apprend la mort de son oncle qu’il n’a pas vu depuis une dizaine d’années. Cet oncle habitait un domaine dans le sud de la France et n’ayant pas d’enfant, Max se trouve être le seul héritier. Max est bien décidé à vendre ce domaine et il se rend donc sur place, afin de faire un état des lieux. Mais cette visite, qui se voulait express, ne va pas se passer comme il l’avait prévu.

À l’époque de sa sortie, « Une grande année » s’est fait littéralement briser par les critiques, ramenant ce film au stade d’un des pires films que Ridley Scott n’avait jamais engendré (bon depuis il y a eu « Cartel » qui pour le coup est vraiment très mauvais) et pourtant, cette petite flânerie dans le sud de la France est loin d’être aussi exécrable qu’on le dit.

Alors bien sûr, le film est loin des chefs d’œuvre de Scott, et oui, « Une grande année » est un film mineur dans sa carrière et le film est vite anecdotique, mais pourtant, malgré tout ceci, il n’en est pas mauvais pour autant.

Ici, Ridley Scott revient sur le temps qui passe et la valeur de la vie en offrant une petite remise en question autour d’un personnage presque sans foi ni loi. Cette petite fable des temps modernes se déroule donc entre drame et comédie et offre une petite réflexion touchante sur le sens de la vie et ce qu’on a envie d’en faire.

Peuplé de clichés et de facilités, « Une grande année » développe une intrigue pleine de charme, qui tourne aussi bien autour de l’héritage que de l’amour du vin. Une intrigue qui détient des personnages attachants. C’est simple, c’est mignon, c’est plein de fantaisies, de nostalgie et l’on se laisse facilement prendre au jeu. Et son histoire, si facile soit-elle, est bien amenée et fait du bien.

Ridley Scott emprunte tous les clichés sur la France, les français et surtout les françaises, mais ces clichés, à la place des lourds comme on pourrait l’imaginer, sont finalement amusants, décalés et parfois même assez justes.

Ridley Scott mène ce film sans temps mort, renouvelant et approfondissant souvent son histoire. Là encore, ce que nous sert le réalisateur est facile et d’emblée, on sait très bien comment son film va se finir, mais là encore, c’est loin d’être mauvais. Faire dans la facilité ne veut pas dire que ce soit forcément mauvais, si c’est bien employé. C’est vrai que venant de Ridley Scott, on s’attend toujours à quelque chose de plus grand et de mieux, mais de là à dire que le film est l’un de ses plus mauvais, de par sa facilité ou son côté niais dans son histoire d’amour, c’est quelque peu abusé.

Si « Une grande année » reste un film très classique dans sa réalisation, on ne peut passer à côté de cette ambiance superbe que Scott a réussi à capturer. Bercé dans une ambiance chaude et paradisiaque du sud de la France, Ridley Scott dresse un paysage qui ressemble à une carte postale. Une belle carte postale qui fait du bien au cœur, même si l’on sait très bien qu’elle n’existe pas vraiment et qu’elle est, elle aussi, peuplée de clichés.

Pour cette petite flânerie, Ridley Scott a embauché un casting aussi étonnant que bien venu. Deuxième collaboration entre Scott et Russell Crowe, le réalisateur lui offre un petit rôle plein de charme et qui fait son petit effet. À noter que Russell se débrouille très bien dans la comédie et développe un humour discret, mais qui fonctionne. À noter aussi qu’il se démerde pas trop mal en français, même si c’est très basique. « Une grande année« , c’est aussi le charme de Marion Cotillard. Une Marion sexy, un peu clichée dans le sens où elle a la réplique facile. On trouvera aussi un Didier Bourdon étonnant en anglais. Un Tom Hollander plutôt drôle dans son genre et de jolies scènes pleines de nostalgie entre Albert Finney et Freddie Highmore.

Cette « … grande année » n’est donc pas un grand cru, mais le bouquet qu’elle dégage est loin d’être aussi bouchonné qu’on le dit. Et finalement, si tous les films étaient aussi imbuvables que celui-ci, alors les dégustations seraient bien plus plaisantes.

Note : 13/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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