octobre 20, 2021

Les Incognitos

Titre Original : Spies in Disguise

De : Nick Bruno et Troy Quane

Avec les Voix Originales de Will Smith, Tom Holland, Rashida Jones, Ben Mendelsohn

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Le super espion Lance Sterling et le scientifique Walter Beckett ont des personnalités radicalement opposées. Lance est relax, cool et il a du style. Walter est … tout l’inverse. Certes, il n’est pas très à l’aise en société mais son intelligence et son génie créatif lui permettent d’imaginer les gadgets impressionnants que Lance utilise sur le terrain. Alors qu’une mission tourne mal, Walter et Lance vont devoir unir leurs forces. Si ce duo excentrique ne parvient pas à s’entraider, le monde est en danger.

Avis :

Fondé en 1987 sous la houlette de Chris Wedge (à qui l’on doit L’Age de Glace), Blue Sky fut, pendant un temps, un studio d’animation de la Fox. En 2017, Disney rachète la Fox, et par la même occasion Blue Sky. Ce qui aurait pu marquer le début d’une cohabitation pleine de bonnes surprises et d’idées de génie pour l’animation va vite de venir un boulet pour la firme aux grandes oreilles. En effet, c’est en 2021 que Disney décide de dissoudre Blue Sky. La raison ? Une baisse d’activité lié à la pandémie de Covid. De ce fait, exit les suites de L’Age de Glace, Disney tuant même le dernier projet du studio qui devait voir le jour en 2022. Les Incognitos se pose alors comme l’une des dernières productions de Blue Sky. Pastichant les James Bond, que vaut vraiment ce film d’espionnage pour enfants ?

Pige Bond

Lance Sterling est un agent secret à qui tout réussi. Il est beau, il est fort, il est charismatique et rien ne semble pouvoir ternir son image. Sauf un grand méchant qui vole une nouvelle arme, les adresses de tous les agents spéciaux et qui se fait passer pour Lance Sterling. Ainsi qu’un petit génie qui crée des armes non létales et dont le tempérament est… bizarre. Tout s’emballe lorsque Lance Sterling se transforme en pigeon et tente par tous les moyens de prouver son innocence. Voilà le pitch de départ de ce film qui, à la base, est un court-métrage qui connaîtra un joli succès. Parodiant les films d’espionnage et plus précisément James Bond, Les Incognitos s’adresse bien évidemment à un public jeune. Le rythme, les blagues, le choix des couleurs, l’action, tout est fait pour plaire aux têtes blondes.

De ce fait, rien ne ressort vraiment de Les Incognitos. C’est-à-dire qu’il s’agit d’un film calibré pour la jeunesse, que ce soit dans son scénario, dans sa durée, dans ses graphismes. Néanmoins, les différents messages disséminés aux quatre coins du film sont assez intéressants de nos jours et changent un petit peu du tout-venant. Ici, on va suivre un agent prétentieux et solitaire qui va devoir faire confiance à un type que tout le monde qualifie de bizarre depuis son plus jeune âge. Ce duo improbable, qui donnera lieu à un sympathique buddy movie, va devoir apprendre à se connaître pour réussir leur mission. Dès lors, le film met l’accent sur l’image que l’on renvoie aux autres et la normalité de la société. Tout le monde doit-il se ressembler ? Doit-on avoir les mêmes goûts que les autres ?

Le pigeon de la farce

Un choix audacieux qui parle en filigrane de l’acceptation de tout le monde et de la banalisation de codes par toujours justifiés. Bien évidemment, il sera question d’amitié, de fidélité et se rendre compte que l’autre n’est pas forcément bizarre, qu’il a une histoire qui justifie ses actes, mais ici, l’acceptation est le pilier central de l’histoire. Au même titre que Lance Sterling doit s’associer avec ce drôle d’humain, il se rend compte qu’en équipe, on arrive à faire des choses fabuleuses. Même avec des pigeons complètement débiles qui ont une notion très avancée de l’entraide et de la débrouille. Certaines séquences d’action se passent mieux à plusieurs, en établissant une stratégie et en comptant sur ses amis. L’autre message du film se basse sur l’utilisation d’armes non létales.

Les Incognitos renvoie alors une image sympathique sur l’utilisation des armes, se basant surtout sur le blocage et l’arrestation, plutôt que le meurtre, même des méchants. Cependant, tout n’est pas forcément très réussi au sein du film. Premièrement, le méchant. L’antagoniste n’est pas très charismatique. S’il renferme en son sein une vengeance qui a un rapport avec la guerre et les armes, il reste peu intéressant et semble bien inoffensif. La tension monte d’un cran uniquement sur le dernier quart d’heure, tout le reste du film n’étant que sa poursuite et la recherche d’une méthode pour rendre son apparence à Lace Sterling. De ce fait, ce grand méchant a peu de caractéristique, tout comme les personnages secondaires qui restent des protagonistes fonction sans grand intérêt. Même les pigeons sont renvoyés au stade de petite blague et manque d’envergure.

L’animation dans les plumes

Enfin, si Les Incognitos est cool et dynamique, il lui manque un atout de circonstance, la qualité de son animation. On est loin, très loin, des chefs-d’œuvre graphiques de chez Pixar. Ici, le design manque de personnalité. Les traits carrés de Lance Sterling dénote avec les rondeurs de son acolyte. Il en va de même avec les décors, très pauvres, et qui manquent cruellement de profondeur. Alors certes, il y a un choix artistique assumé, mais ça reste trop léger pour pleinement convaincre. Seul le choix des couleurs s’avère payant, notamment avec des teintes très vives qui correspondent aux personnages, comme les paillettes pour cet inventeur qui a trop d’imagination. Mais ce n’est pas suffisant pour concurrencer Pixar par exemple, ou même Laïka qui fait des choix plus prononcés, plus osés.

Au final, Les Incognitos est un sympathique film d’animation. Dernier né des studios Blue Sky (et dernière film tout court), on retrouve une bonne énergie et des références qui plairont aux plus grands, tout comme les blagues vaseuses feront le bonheur des plus petits (oui, on n’échappera pas aux blagues potaches à base de trucs qui rentrent dans le cul). Le fond est plutôt bon et original, et c’est ce qui permet au film de se démarquer de la moyenne. Les Incognitos demeure alors un film que l’on peut qualifier d’agréable et drôle, mais auquel il manque un petit quelque chose pour pleinement nous convaincre.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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