mai 12, 2021

Michael Romeo – War of the Worlds Pt.1

Avis :

De plus en plus, les guitaristes de groupes de métal se mettent à faire des projets solos. Mark Morton de Lamb of God, on pourrait aussi citer Scars on Broadway du guitariste de System of a Down ou encore Phil Campbell, avec ses fils (même si là, la mort de Lemmy et la dissolution de Motörhead y est pour quelque chose). Bref, les guitaristes ont envie de liberté. Car en effet, quand on joue dans un groupe, il faut savoir faire des concessions et parfois laisser tomber des projets qui tiennent à cœur. Est-ce pour cela que Michael Romeo est parti faire une carrière solo ? Peut-être.

Guitariste et fondateur de Symphony X, il a d’abord commencé sa carrière en envoyant une démo à un label qui n’a jamais donné suite. C’est juste après qu’il intègre Symphony X et sort son premier album solo en 1995. Alors que le groupe semble en pause depuis cinq ans maintenant, c’est en 2018 que Michael Romeo sort ce qui peut être considéré comme son deuxième album solo. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça tabasse sévère.

Dès le départ, le ton est donné, l’album sera épique. Le premier titre, qui répond au doux nom de Introduction, sera une forme de promesse de tout ce que sera l’album. A savoir une orchestration symphonique puissante, du riffing de malade quand il faut, et surtout, une musique très cinégique. On pourrait totalement trouver cela dans une ouverture de film, ou lors du générique de fin. Et par la suite, le guitariste va livrer trois titres plus conventionnels, mais qui vont taper fort. Très fort. Avec Fear the Unknown, tout pour tout l’album d’ailleurs, il fera appel à Rick Costellano pour le chant, et le choix est judicieux. Chant aérien et puissant à la fois, tout s’accorde parfaitement dans ce premier vrai titre. Non seulement ça frappe fort et c’est addictif dans la structure, mais le solo est à tomber par terre.

On retrouvera cela avec Black, dans une compo bien plus grandiloquente. Dépassant les six minutes, le titre est tout à la fois, puissant, technique, mélodique, rapide, bref, une pièce maîtresse de l’album et certainement l’un des meilleurs titres de l’album. Difficile dès lors de passer derrière, et chose incroyable, le guitariste va complètement changer de registre avec F*cking Robots. Démarrant comme une pièce symphonique mélangeant piano, orchestre sympho et guitare, le titre va partir dans un mélange de métal et de dubstep, le tout à la sauce symphonique pour mieux nous cueillir lors du réel démarrage. Sorte de musique pour un Transformers horrifique, le titre est très intéressant et démontre une belle envie de surprendre. Ajoutons à cela un refrain catchy à souhait et le mal est fait, on en veut encore, et encore, et encore.

Après cela, on va rentrer dans le noyau dur de l’album, avec deux titres très longs, Djinn et Believe. Le premier tire ses inspirations de la musique orientale, ce qui s’entend en milieu de morceau, au sein d’une structure complexe, mais qui est d’une maîtrise incroyable. Là aussi, les riffs sont mortels et on aura toujours cette sensation de grandiloquence, d’épique, qui colle à la peau de cet album. Pour Believe, ce sera totalement différent. Le morceau est moins ancré dans une culture, et il commence tout doucement avec du piano. Plus lent, plus insidieux, le titre se fait aussi plus orchestral dans sa break, puisant même ses ressources dans le musique de cinéma ou de jeu vidéo. Difficile de ne pas penser à Final Fantasy par exemple. Bref, l’exploration est magique et Michael Romeo mène parfaitement sa barque.

Il est peut-être un peu dommage que la suite s’essouffle un peu. Alors oui, on chipote, car ça reste du grand art, mais les derniers titres restent moins en tête. En fait, on revient à des titres plus courts et plus percutants, comme en début d’album. Differences sera bien sympathique et puissant, mais il lui manque une once d’identité pour se démarquer du reste. War Machine est un morceau instrumental qui ne sert qu’à annoncer le titre suivant, à savoir Oblivion, gros titre bien lourd, surpuissant sur les riffs et la rythmique, mais qui souffre d’une structure trop simple après tout ce que l’on vient d’entendre. Enfin, Constellations termine l’album de façon douce et presque sans punch. C’est très beau, et finalement, ça sert très bien pour conclure un tel album. Un peu de calme, et comme toujours, de la maîtrise technique irréprochable.

Au final, War of the Worlds Pt.1, le dernier album solo de Michael Romeo, est une très grosse réussite. Puissant, maîtrisé de bout en bout, techniquement parfait, on peut dire que le guitariste de Symphony X a réussi son passage solo et se libère de toutes les contraintes imposées. Il en résulte alors un album épique, assez long mais qui ne suscite jamais l’ennui et qui, au contraire, appelle à la réécoute, encore et encore.

  • Introduction
  • Fear the Unknown
  • Black
  • F*cking Robots
  • Djinn
  • Believe
  • Differences
  • War Machine
  • Oblivion
  • Constellations

Note : 18/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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