
Avis :
S’il y a bien un genre qui ne s’impose pas en France, même parmi les plus métalleux, c’et le Stoner/Doom. Et cela est assez étonnant, quand on sait que le père de ce genre est tout simplement Black Sabbath. Heureusement, les méandres du net permettent de trouver de petites pépites dans le genre, et certains labels en sont même devenus des modèles de production. On peut évoquer sans problème les suédois de chez Majestic Mountain Records qui ont un catalogue spécialisé dans cette musique. Et l’une de leur dernière rentrée est New Mexican Doom Cult. Il s’agit-là d’un groupe suédois qui s’est formé en 2015 et qui a fourni son premier album en 2023 avec Necropolis. Un album qui a sans doute créé une certaine discorde entre musiciens, puisque deux ans plus tard, seul le guitariste/chanteur est restée à bord, recrutant alors trois nouvelles personnes.
2025 marque alors l’arrivée de trois nouveaux musiciens, dont le batteur et le guitariste de Beardfish, groupe de rock progressif qui a splitté en 2016 pour se reformer en 2023. Et forcément, qui dit nouveaux arrivants, dit nouvel album, et c’est donc Ziggurat qui déboule en ce début d’année 2026. Second effort studio des suédois, on retrouve bien toute l’essence du Stoner/Doom. Ici, les riffs sont cracras, la production semble provenir d’un univers fumeux et plus globalement, l’ambiance qui se dégage de cette galette est embrumée à point. Et tout commence avec The Church of Starry Wisdom, un long morceau de plus de six minutes qui offre tout ce que l’on était venu chercher. Le rythme est lent, la construction est ampoulée, et le chant nasillard vient compléter tous les clichés du genre, mais avec une maestria technique. Car oui, les types ne sont pas des manches.
Outre le fait de retrouver cette atmosphère fumeuse, on a droit à quelques solos pas piqués des hannetons, et on prend un plaisir monstre face à cela. Metatron joue quasiment dans la même cour, mais avec des sonorités presque plus enjouées, au sein d’un brouillard palpable. L’ambiance est fumeuse à souhait, l’épaisseur de la basse englobe le tout dans un écrin angoissant, et c’est un réel plaisir d’écoute. Il n’y a quasiment aucune fausse note là-dedans, et on aura presque des airs orientaux dans certains passages qui donnent un côté presque ésotérique au morceau. Sans compter sur un chant qui retrouve en arrière-plan, pour donner un sentiment de profondeur et de perdition. Cloudrider se veut un peu plus léger, mais tout en gardant une sonorité qui ne fait pas propre. Et c’est une vraie volonté du groupe, pas une production en berne.

C’est sans doute le titre le plus accessible du l’album, et c’est sans doute pour cela qu’il a été choisi comme premier tube à mettre sur internet. Les solos sont ici omniprésents et constituent une vraie plus-value au morceau. Return to Babylon se pare alors d’une ambiance encore plus lourde, qui s’accentue par moments avec une lourdeur retrouvée et une envie de rouler sur tout le monde. Bien évidemment, il faut espérer qu’en live, les basses ne soient pas aussi saturées, mais ça reste un ouvrage intéressant, qui renoue même avec certaines prouesses de Pentagram par exemple. Bref, encore une fois, c’est un très bon morceau qui vient compléter un album déjà solide. Mais il faudra aussi compter sur Criosphinx et son coté cryptique totalement assumé, avec quelques fulgurances lugubres et étranges. Et bien évidemment une mélodie qui reste un long moment en tête.
Il est là le tour de force de New Mexican Doom Cult, sa faculté à faire du Stoner/Doom très long, mais qui bénéficie de mélodies entêtantes et bien troussées. Sungod va alors être la pièce maîtresse de l’album. Long de plus de sept minutes, doté d’une introduction qui évoque la musique égyptienne, avec en prime une ambiance venteuse et inquiétante, on est en plein dans un film d’horreur antique. Il faudra bien quatre minutes au morceau pour réellement démarrer, mais toute cette introduction permet de peaufiner une ambiance mortifère, et de donner plus de poids à la suite. Les suédois jouent avec leur instrument (notamment la basse), et il s’agit-là d’un excellent titre, puissant et prenant. Enfin, pour clôturer le tout, on a droit à I Stand Alone, un très bon morceau qui continue sur cette lancée angoissante et poussiéreuse, amis avec un peu plus de luminosité.
Au final, Ziggurat, le dernier album de New Mexican Doom Cult, est une réussite sur bien des plans, et notamment sur son ambiance éthérée et si particulière. Malgré un très gros changement de line-up, les suédois n’ont pas perdu de leur superbe, et retrouvent même une énergie palpable, blindée de références savamment digérées. Bref, cet album va sûrement passer sous les radars en France, mais il serait dommage de s’en priver…
- The Church of Starry Wisdom
- Metatron
- Cloudrider
- Return to Babylon
- Criosphinx
- Sungod
- I Stand Alone
Note : 17/20
Par AqME
