juin 13, 2024

Bryan Cole – Sands of Time

Avis :

Certains artistes restent bloqués sur certaines années qui les ont marquées. Il faut dire que nous partons tous avec une bibliothèque mentale culturelle, qui forge ce que l’on aime, ce que l’on n’aime pas, mais aussi et plus fondamentalement, ce que nous sommes. Ainsi donc, lorsqu’un auteur, un réalisateur ou encore un musicien commence un processus créatif, il a toujours de multiples références en tête. Si certains arrivent à trouver des astuces pour que l’on reconnaisse leurs pattes, d’autres ont plus de mal et ne font que ressasser un passé glorieux ou des idées déjà vues. Pour ce qui est de la musique, les années 80 semblent être un vivier d’inspiration inépuisable, tout du moins en ce qui concerne le rock et le hard. Et Bryan Cole semble être très inspiré par cette époque. Evoluant dans divers groupes de rock qui ‘n’ont jamais réellement passé les frontières des Etats-Unis, le chanteur a décidé de faire bande à part et de sortir son premier album solo fin 2016. Reprenant des titres de Pride of Lions, Sands of Time est un album qui semble tout droit sorti d’une radio Hard FM des années 80. Des thématiques autour de l’amour, une rythmique assez typique de cette époque et surtout, des riffs doux et mélodieux qui ont tendance à faire fondre le chocolat. Bref, vous l’aurez compris, Sands of Time n’a pas inventé la poudre, Bryan Cole ressasse ses références sans pour autant créer un engouement dévastateur. En fait, si ce premier album est plutôt sympathique, il va vite devenir écœurant sur plusieurs écoutes.

Le skeud débute avec Burning With a Reason et le morceau peut faire illusion. En effet, si certains groupes ont tendance à mettre soit une introduction, soit un titre un peu synthétique de leur univers, Bryan Cole livre un vrai morceau hard rock, Hard FM, qui laisse peu de place au hasard. Le titre est intéressant car il est techniquement irréprochable, mais surtout, à la première écoute, on a la sensation d’écouter une femme qui chante. Pas de doute possible, Bryan Cole possède un certain grain et ce n’est pas du tout désagréable. D’autant plus que le refrain rentre vite en tête et l’ensemble est vraiment réussi. Certains titres dans la même veine parsèment alors l’album, mais de manière trop sporadique, et jamais avec la même fougue. On peut citer le sympathique Turn to Me, mais le titre manque de punch et la mélodie faire beaucoup série américaine pour pleinement convaincre. En fait, il n’y a pas vraiment de distance entre le côté Hard et le côté FM, voire Pop, et c’est bien dommage. On se retrouve avec un morceau agréable, mais trop acidulé et peut-être même trop jovial. On peut aussi évoquer We Lost the Fire, mais là aussi, c’est bien trop classique pour sortir du carcan imposé par le Hard FM. Alors oui, il y a de jolis solos de gratte, mais c’est bien tout ce qu’il y a à se mettre sous la dent.

Mais ce n’est pas tout. Le principal problème de cet album, outre le fait qu’il est trop ancré dans les années 80 sans jamais proposer quelque chose de neuf, c’est qu’il parle tout le temps des mêmes thèmes et c’est assez désagréable à la longue. Bryan Cole semble avoir un grand cœur et il doit aimer l’amour, puisque les trois quarts de l’album tournent autour de cette thématique. Entre When Love Breaks et ses paroles lénifiantes, I’ll Be There for You et sa mélodie que l’on pourrait retrouver dans un générique de Santa Barbara, Is it Really Love et sa mauvaise cool attitude ou encore Courage to Love qui fait penser à du Bon Jovi, autant dire qu’autant de bons sentiments, ça donne la nausée. Alors certes, les rythmiques ne sont pas dégueulasses, le talent des musiciens n’est pas remis en cause, mais c’est bien souvent la même chose et on s’ennuie ferme au bout de seulement deux écoutes. En fait, entre les thèmes et une musique très stéréotypée, il y a un réel sentiment de redondance là-dedans. Et on ne parle même pas des moments à rallonge, comme l’interminable final de I’ll be There for You ou encore Nothing Matters qui clôture l’album et qui semble ne jamais finir. Bref, tout ça est assez anecdotique.

Au final, Sands of Time, le premier album de Bryan Cole, est une petite déception. Non pas que tout cela soit mauvais, encore une fois, on ne peut remettre en question le talent des musiciens, mais entre des rythmiques gentillettes et des paroles fleur bleue, on frôle à chaque fois le malaise vagal devant autant de bons sentiments. De ce fait, l’album en devient ennuyeux, un peu comme un Bon Jovi qui avait envie de conter fleurette à Hillary Clinton. C’est mou, plutôt agréable sur une écoute, mais ça reste complètement oubliable.

  1. Burning With a Reason
  2. Hard to Find an Easy Way
  3. When Love Breaks
  4. What Kind of Fool
  5. Turn to Me
  6. I’ll Be There For You
  7. We Lost the Fire
  8. More Than a Memory
  9. Is it Really Love
  10. Courage to Love
  11. Nothing Matters

Note: 11/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=QFn2FB4Emew[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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