août 10, 2022

Journey – Freedom – Sans Surprise

Avis :

Fondé au début des années 70, Journey est un groupe culte de Rock. Porté par Neal Schon et Gregg Rolie, guitariste et claviériste pour Santana, le groupe va connaître un succès fulgurant entre 1978 et 1987. A cette époque, Steve Perry est au chant, et il est encore aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands chanteurs rock de la planète. On se souvient encore de Don’t Stop Believin’ de l’album Escape, qui est un monument du genre. Cependant, le groupe connait quelques problèmes, entrainant alors une grosse pause durant les années 90 avant de se reformer avec un nouveau line-up en 1998, ne gardant finalement que Neal Schon et Ross Valory (basse) comme membres d’origine. Aujourd’hui, le groupe propose Freedom, leur quinzième album studio, qui intervient onze ans après le précédent. Est-ce que comme Def Leppard, on a droit à une déception ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les américains sont généreux. En effet, on a quinze titres pour plus d’une heure d’écoute, autant dire que c’est de plus en plus rare de trouver cela. Néanmoins, la quantité ne fait pas la qualité, et c’est un peu ce que l’on va entendre ici. Certes, l’album, dans sa globalité, est loin d’être mauvais, et on passe un agréable moment, mais il y a quelques morceaux dont on se serait bien passé. Le skeud débute avec Together we Run, et c’est plutôt un bon titre. On est face à quelque chose de très Rock malgré le piano du début, et le groupe offre un morceau simple, calibré, mais qui fonctionne, notamment dans son refrain. Don’t Give Up On Us est du même acabit, même si on reste sur quelque chose d’un peu plus transparent, la faute à un mid-tempo qui manque d’énergie.

Et tout l’album va être un peu dans ce moule, c’est-à-dire avec des morceaux qui sont assez percutants et entrainants, et d’autres titres Rock un peu moins marquants, un peu plus mou du genou. On peut citer You Got the Best of Me et son joli solo de gratte assez aérien, mais dont l’ensemble manque d’éléments marquants. On peut aussi évoquer Come Away With Me dont le début est très Heavy, et qui va montrer que le groupe est encore capable d’envoyer des éléments nerveux. D’ailleurs, Let It Rain et Holdin On sont deux titres successifs qui démontrent la volonté du groupe de se faire un peu plus Hard que Rock par moments. Et uniquement par moment, car on va vite se rendre compte que Journey veut constamment flirter avec la ballade et les chansons d’amour un peu mièvres. Un choix pas forcément judicieux.

D’autant plus que cela prend beaucoup de place au sein de l’album. Et en plus de prendre de la place, cela ralentit le rythme d’un album long. Still Believe in Love sera le premier titre à être de cet acabit et on va souffrir. Si on a droit à quelques fulgurances à la gratte, on reste sur un morceau qui se veut aérien, mais qui reste typique des années 80. C’est mou, ça n’apporte aucune nouveauté ni vent de fraîcheur (ou de nostalgie). Live to Love Again aura raison de notre patience avec ce piano insupportable. Et que dire des paroles, qui sont d’une naïveté crasse. De plus, ce titre prouve les quelques faiblesses vocales du nouveau chanteur qui aura du mal à aller dans l’émotion. After Glow arrivera à trouver un certain équilibre, notamment grâce à sa montée en pression et son final qui faire du bien.

Malheureusement pour le groupe, ces quelques ballades prennent littéralement le pas sur le reste, et on aura tendance à rester sur les mauvaises impressions. Alors que globalement, l’album ne déçoit pas du tout. All Day and All Night est très funky dans son démarrage et s’avère assez plaisant. Life Rolls On se conclut avec un solo impressionnant, et Beautiful As You Are tiendra sur la durée, malgré des paroles d’une faiblesse confondante. Et au milieu de tout ça, on a droit à United We Stand dont le riff de départ est le même que… Nemo de Nigthwish. Deux groupes qui n’ont rien à voir en commun, et pourtant, difficile de passer outre ce plagiat certainement non volontaire. Pour autant, cela ne fait du morceau un bon moment, mais plutôt un truc quelconque.

Au final, Freedom, le dernier opus de Journey, n’est pas un désagréable moment, surtout pour celui qui aime le Rock un peu soft, et qui rappelle les bonnes années 70/80. On reste dans un effort calibré, sans grande surprise, et sans grand moment non plus. Les américains font le taf, ils semblent prendre du plaisir à chanter ensemble, et globalement, on en prend à l’écoute. Il faut cependant aimer les ballades et les moments un peu sirupeux, car visiblement, l’amour est le crédo de la bande et c’est parfois un peu trop omniprésent. Bref, un album plaisant, mais loin d’être le meilleur du groupe.

  • Together we Run
  • Don’t Give Up on Us
  • Still Believe in Love
  • You Got the Best of Me
  • Live to Love Again
  • The Way We Used to Be
  • Come Away With Me
  • After Glow
  • Let It Rain
  • Holdin On
  • All Day and All Night
  • Don’t Go
  • United We Stand
  • Life Rolls On
  • Beautiful as You Are

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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