octobre 6, 2022

Evil Eye

De : Elan Dassani et Rajeev Dassani

Avec Sunita Mani, Sarita Choudhury, Bernard White, Omar Maskati

Année : 2020

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Une mère est persuadée que le nouveau compagnon de sa fille est en réalité la réincarnation de l’homme qui a tenté de la tuer trente ans auparavant.

Avis :

En lançant sa plateforme de VOD, Amazon savait qu’il allait devoir se frotter à un pionnier, Netflix. Déjà bien installée, la plateforme au N rouge avait déjà des productions qui portaient ses lettres et qui attiraient le chaland avide de nouveautés. De ce fait, il fallait que Prime Video réagisse en produisant aussi des films et des séries. Aujourd’hui, la balance s’équilibre entre les deux géants, et un constat semble apparaître. Si les séries peuvent avoir un bon rendement, ce n’est pas le cas des films, qui sont bien souvent des flops, pour ne pas dire des ratages complets. En 2020, Prime a voulu sortir une palanquée de films d’horreur inédits pour fêter Halloween. Mais rapidement, les aficionados du genre ont vite déchanté avec des productions bancales qui n’ont peu, voire pas, d’intérêt. C’est le cas d’Evil Eye, qui pouvait prétendre à un peu d’originalité avec ses origines indiennes.

Le film débute avec une introduction où l’on voit une femme se faire agresser par un homme à New Delhi. On ne sait pas trop s’il s’agit d’un meurtre ou juste d’une agression, mais le film va maintenir cette interrogation tout du long, en jouant avec quelques flashbacks, afin ensuite de tout dévoiler sur la fin. Un procédé qui peut attiser la curiosité, encore faut-il que le scénario ressemble à quelque chose. Et c’est là que le bât blesse. Le long-métrage propose de suivre une jeune femme d’origine indienne qui vit à New York et qui a tous les jours sa mère au téléphone, qui vit, elle, à New Delhi. Cette maman s’inquiète fortement pour sa fille, puisqu’elle va avoir trente ans et n’est toujours pas mariée. Du coup, elle lui organise quelques rencontres amoureuses, à distance. Mais c’est au détour d’un café que la jeune femme va trouver l’amour.

Bien évidemment, c’est là qu’entre en jeu les scènes de flashbacks qui viennent hanter les souvenirs de la mère, qui est très inquiète pour sa fille, persuadée qu’elle est maudite pour le mauvais œil. Elle va alors tout mettre en place pour trouver des indices sur ce nouvel amoureux qui semble parfait à tous les points de vue. Il est riche, beau, gentil, attentionné et il est à l’écoute. Bref, l’Apollon idéal, mais la mère ne l’entend pas de cette oreille. Le film va alors être une longue discussion au téléphone entre la mère la fille. Cette dernière pense que sa mère est jalouse, alors qu’elle est plus inquiète qu’autre chose. Cela a un rapport avec un passé pas si lointain, qui sera l’élément énigmatique du film.

Mais cela ne prend pas vraiment, car en dehors des coups de tête de la mère, on n’aura rien à se mettre sous la dent, les deux réalisateurs n’arrivant jamais à donner de la tension au métrage. Il faut dire qu’il ne se passe pas grand-chose. La jeune femme vit sa vie rêvée, délaissant son travail pour un appartement de rêve, au frais de son nouveau petit ami, prenant alors le temps pour écrire un roman. On a alors droit à quelques élans amoureux, très timides, et des moments où l’on voit que le jeune homme est borderline, semblant s’énerver pour peu de chose. Du côté de l’Inde, c’est sensiblement la même chose, avec une mère inquiète, qui invoque les esprits et les détectives privés pour espionner son nouveau gendre. C’est plat, il n’y a rien qui vient nous faire frémir ou nous interroger.

Evil Eye prend plus des tournures de drame familial avec une mère envahissante, qui vit mal la distance avec sa fille. Le problème, c’est que ça reste très inoffensif, aussi bien dans la mise en scène, plate au possible, que dans le fond, où on ne sera ni touché, ni intéressé par ce qu’il se passe. C’est problématique, car on passe beaucoup de temps à s’ennuyer et rien ne pourra nous accrocher. Même le final, qui rajoute un peu de fantastique, tient plus de la mauvaise blague qu’autre chose. Certes, on peut y voir une volonté de coller à une superstition indienne (la réincarnation), mais cela pose un énorme problème de moralité. En effet, comme dit sur l’affiche du film (qui spoile), il faut toujours faire confiance à sa mère. Pas sûr de la justesse du propos…

Qui plus est, Evil Eye n’est pas un film qui détient des scènes intéressantes. Comme pour toute production Netflix, Prime Video semble incapable de choisir des réalisateurs qui ont une patte et un univers. Ici, on flirte entre deux ambiances, froide pour les Etats-Unis et chaude pour l’Inde (cette saturation de jaune pour représenter les pays chauds…), mais tout le reste demeure sans âme. Même la toute fin, qui insuffle une seule et unique scène d’action, manque de mordant et d’envie de cinéma. Les seuls moments un peu poétiques tournent autour d’une chute dans l’eau, mais c’est inoffensif et très vite expédié. Même les acteurs sont peu investis, à l’image de ce père pleurnichard qui surjoue en permanence, ou de cette mère envahissante, qui fronce constamment les sourcils. Sarita Choudhury semble peu à l’aise dans ce rôle de mère, et on comprend pourquoi, tant elle n’a rien à jouer.

Au final, Evil Eye est un très mauvais film, et cela dans tous les genres qu’il explore. La partie dramatique qui enraye la relation fusionnelle entre la mère et la fille est d’une banalité sans intérêt. La partie fantastico-horrifique n’apporte rien de bien piquant, et pire, elle implique une morale douteuse qui n’utilise que partiellement le sujet principal du film, le mauvais œil. D’ailleurs, il ne sera qu’un prétexte pour attire le spectateur avide d’horreur, mais ne sera finalement jamais vraiment utilisé. Bref, une co-production Blumhouse/Amazon qui ne vaut absolument rien.

Note : 03/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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