juillet 15, 2024

End of Anarchy – Bachelor’s Grove

Avis :

Le monde du métal est peuplé de petits groupes qui essayent de survivre tant bien que mal et de tirer leur épingle du jeu. Et souvent, avant même de trouver sa voie et son style, il faut trouver un nom de scène qui frappe fort. C’est pour cela que l’on retrouve parfois des patronymes qui font sourire, ou qui évoque une certaine violence. Et il arrive que ces noms changent assez rapidement, la faute à des problèmes de droit, à des moteurs de recherche capricieux, ou encore à trouver un nom qui sonne mieux. C’est un peu le cas de End of Anarchy qui n’aura sorti qu’un seul album en 2017, Bachelor’s Grove, avant de changer de nom pour End of Sanity. Nom déjà emprunté par une autre formation, allemande cette fois, qui n’a sorti qu’un seul album en 2002. Pas très judicieux…

Bref, quoi qu’il en soit, End of Anarchy est un groupe américain fondé en 2013, qui va sortir un premier EP en 2016, puis un seul et unique album en 2017, celui qui nous préoccupe aujourd’hui, avant de changer de nom en 2018 et de se perdre dans les limbes d’internet. Plongeant à corps perdu dans un Thrash très classique, le groupe n’a pas forcément à rougir face à la concurrence, du moins dans les petits groupes qui débutent. Sans label, sorti de façon indépendante, les ricains vont surprendre par la qualité de leur compo et leur envie de sortir un bel album, complet et long. Le premier morceau est là pour en attester, puisque Bury me in Bachelor’s Grove est une entrée en matière fracassante, qui montre deux choses presque antinomique, un gros riff et un chant clair qui fait très… jeune.  

Autre choix assez étrange, celui de mettre …From Hell en deuxième piste, alors qu’il s’agit d’un interlude, ou tout au mieux d’une introduction, avec une belle ambiance macabre. Mais le groupe propose ça en deuxième position, ce qui est assez bizarre, mais force est de constater que ça fonctionne, avant d’enchainer avec The Ripper, qui est un titre court, efficace et concis. Si on peut être étonné par le chant clair et juvénile par rapport aux riffs lourds et véloces, on est tout de même dans une bonne vibe qui donne envie de se casser la nuque. Tout comme avec Him is Me, qui suit le même chemin. On ressent que End of Anarchy est capable de fournir des moments plus longs, plus complexes, avec des morceaux plus courts et qui sont plus dans le vif. On retrouvera ç avec Onslaught aussi.

Le seul défaut que l’on peut trouver au sein de cet album, long et dense, c’est qu’il est parfois un peu redondant et manque de variété. En son milieu, le groupe propose de longs titres, qui dépassent aisément les cinq minutes, mais à chaque fois, on a la sensation que ça se répète un peu, et c’est dommage. Car si Stolen Souls est très intéressant dans sa démarche, avec son introduction lugubre et sa montée en puissance, on reste sur un schéma similaire avec Break These Chains. La formation propose la même structure, et semble avoir du mal à sortir d’une zone de confort qu’elle maîtrise plutôt bien. Certes, ce n’est pas bien grave, puisque le plaisir est là, mais on sent que c’est un premier album et que ça tâtonne un peu. Tout comme la production qui est parfois vacillante, où l’on ressent l’ambiance d’une maison de disques derrière.

Sur certains morceaux, on sent vraiment que l’enregistrement n’a pas été fait dans des conditions optimales. Il y a de la reverb, et certains riffs ne sonnent pas comme ils le devraient. De plus, au niveau du chant, il prend une place presque trop importante par rapport à la musique. On se rend compte de cela avec Fallout par exemple, où les back-up manquent cruellement d’allant et de puissance. Fort heureusement, le groupe a suffisamment de talent pour que cela passe assez inaperçu. Ou tout du moins soit dilué dans la masse. On retiendra aussi une ballade, chose rare dans le Thrash, avec For Good, qui va s’avérer une belle réussite, même si on peut lui faire le reproche de tomber comme un cheveu sur la soupe et de manquer d’épaisseur, notamment dans le chant qui, pour le coup, se fait un peu trop faiblard, montrant les limites du chanteur.

Au final, Bachelor’s Grove, le seul et unique album de End of Anarchy, est globalement un bon album, fait avec les moyens du bord. Si la production est trop faible pour ce style (même si ça fait classe d’enregistrer dans son garage), on reste sur un groupe prometteur qui fait montre d’envie et de talent musical. Il est dommage que la formation ait voulu changer de nom, se retrouvant maintenant perdu sur le web, et confondu avec un groupe allemand, certes inactif, mais présent. Les amateurs de Thrash apprécieront sans aucun doute.

  • Bury me in Bachelor’s Grove
  • …From Hell
  • The Ripper
  • Him is Me
  • Stolen Souls
  • Break These Chains
  • Fallout
  • Onslaught
  • The Enemy
  • Paranoia
  • For Good
  • Leave me Be
  • Deadbeat

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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