mai 26, 2024

Procol Harum – Novum

Avis :

Parfois, commencer sa carrière par un tube interplanétaire n’est pas une bonne chose, car on reste l’interprète d’un seul morceau, alors même que l’on a sorti plusieurs albums et survécu à plusieurs décennies. C’est le cas des anglais de chez Procol Harum. Si le nom ne dit rien au commun des mortels, c’est parce qu’il s’est totalement effacé face à son premier hit, A Whiter Shade of Pale. Ballade sorti en 1967, de nombreuses personnes ont emballé sur ce slow, sans même savoir qui était l’auteur derrière ces paroles cryptiques. Fondé à la fin des années 60, Procol Harum, c’est surtout le chanteur/pianiste Gary Brooker et le poète Keith Reid. Et si leur carrière est un exemple de longévité, on ne peut pas dire que le succès public fut au rendez-vous, du moins autant que leur premier tube qui continue aujourd’hui de tourner.

D’ailleurs la vie du groupe fut assez trouble, avec notamment un hiatus en 1977, avant de reprendre les instruments et la plume en 1991 en sortant un album hommage au batteur, qui est décédé un an plus tôt. Ceci étant, si les anglais sont assez réguliers jusqu’en 1997, ils vont mettre du temps avant de sortir un autre album, puisqu’il faudra attendre six ans, soit 2003, pour voir débouler un nouvel opus. A la mort de Keith Reid en 2012, il semblait impensable que Procol Harum continue son petit bonhomme de chemin, pourtant, c’est en 2017 que Gary Brooker et sa bande sort un nouvel album, Novum. Douzième album, il est le premier où les paroles ne sont pas du fait de Keith Reid, mais de Pete Brown, et il aurait pu signer un renouveau pour les cinquante ans de carrière du groupe.

Un peu comme son titre l’indique, Novum est une vraie nouveauté pour Procol Harum. Ce n’est pas un best of, ni une compilation de raretés, mais bel et bien un album à part entière, qui essaye de renouer avec le rock des années 70. I Told You, le premier morceau, est assez explicite là-dessus, avec un joli petit riff de guitare, une belle mélodie et une structure simple mais efficace. Si on ressent des faiblesses dans la voix du chanteur, il faut tout de même saluer son énergie pour son âge (72 ans). Last Chance Motel peut faire craindre le pire par contre, avec son début sirupeux, qui pourrait presque faire penser à une ballade country. Mais le titre va chercher plus loin que cela, et finalement, il monte crescendo pour notre plus grand plaisir. Image of the Beast lorgnera plus vers un gros son bluesy relativement plaisant.

Le titre est assez long, mais il aborde tout ce que l’on aime dans le Blues, avec une belle technique, une basse très caractéristique et un rythme assez lancinant. Soldier nous laissera un peu plus de marbre. Le groupe tente de faire une sorte de ballade mélancolique, mais ça ne prend qu’à moitié, la faute à quelques ressemblances avec de nombreux morceaux existants déjà. Don’t Get Caught est sympathique, mais il s’avère trop long pour ce qu’il a à dire. On reste dans un Classic Rock trop simpliste, malgré une volonté de faire durer et de faire croire à une technique dingue. C’est un peu la limite avec certains titres de cet album, où l’on sent que ça tire un peu sur la corde, oubliant parfois l’efficacité de morceaux plus courts, et plus concis. Neighbour aurait pu faire le taf, mais l’accordéon est vraiment ringard.

On sent qu’il s’agit d’un titre un peu interlude, et que le groupe a fait cela pour rigoler un bon coup. Puis Sunday Morning essaye de renouer avec les ballades si habituelles du groupe. Ici, c’est plutôt agréable, notamment grâce au travail de Gary Brooker sur le chant et le piano. Et si ce n’est jamais du niveau de A Whiter Shade of Pale, ça reste un bon morceau relativement mélancolique. Businessman veut réveiller tout le monde par la suite, avec son riff à la Dire Straits, et il s’agit d’un très bon morceau qui revient à un Rock plus solide. Can’t Say That tente de faire pareil, mais en allant vers les sept minutes, et c’est clairement trop long. Si le titre est taillé pour la scène, on reste un peu sur notre faim. Puis The Only One et Somewhen nous rendorment un peu, et c’est dommage.

Au final, Novum, le dernier album en date de Procol Harum (et certainement le dernier tout court puisque Gary Brooker est décédé en 2022) est un effort studio plutôt agréable et qui tente de renouer des liens avec le Classic Rock des années 70. Si la tentative est louable et que l’on obtient de jolis titres, on est loin des premières années du groupe, et il manque un petit scintillement pour pleinement nous satisfaire.

  • I Told You
  • Last Chance Motel
  • Image of the Beast
  • Soldier
  • Don’t Get Caught
  •  Neighbour
  • Sunday Morning
  • Businessman
  • Can’t Say That
  • The Only One
  • Somewhen

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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