décembre 7, 2022

The Duke

De : Roger Michell

Avec Jim Broadbent, Helen Mirren, Fionn Whitehead, Aimee Kelly

Année : 2022

Pays : Angleterre

Genre : Biopic, Comédie

Résumé :

En 1961, Kempton Bunton, un chauffeur de taxi sexagénaire, vole à la National Gallery de Londres le portrait du Duc de Wellington peint par Goya. Il envoie alors des notes de rançon, menaçant de ne rendre le tableau qu’à condition que le gouvernement rende l’accès à la télévision gratuit pour les personnes âgées. Cette histoire vraie raconte comment un inoffensif retraité s’est vu recherché par toutes les polices de Grande Bretagne, accomplissant le premier (et unique) vol dans l’histoire du musée.

Avis :

Roger Michell est un cinéaste sud-africain dont j’aime beaucoup le cinéma, le metteur en scène ayant réussi à allier et conjuguer comédie, avec quelque chose de très humain et émotionnel au sein de ses films. Alors qu’il n’était pas bien vieux, en Septembre 2021, âgé de seulement soixante-cinq ans, le réalisateur s’en est allé, laissant derrière lui encore deux films à découvrir, le premier étant une petite comédie anglaise emmenée par le génial Jim Broadbent, et le second étant un documentaire sur sa Majesté La Reine d’Angleterre. Aujourd’hui, on va s’intéresser au premier.

Haut en couleurs, rigolo et souriant, « The Duke » dresse le portrait d’un homme, Kempton Bunton, qui gagne à être connu, et derrière ça, qui est tellement dans son monde, qu’il nous fait craquer de suite (en même temps, il est difficile de résister à Jim Broadbent). Si le film n’est clairement pas le meilleur de son réalisateur, car malgré tout le bien qu’on en pense, il se posera aussi comme trop classique, ce qui l’amènera sur les sentiers de la petite comédie anglaise vite vue, et sûrement vite oubliée, il n’empêche que sur le coup, on passe un vrai bon moment devant ce « The Duke« .

1961, l’Angleterre est en pleine intrigue, puisqu’à la National Gallery de Londres, le tableau star, un portrait du Duc de Wellington peint par Goya, qui vient d’être acheté pour une somme très conséquente, vient d’être volé. Le coup fut parfait, et la police, comme les hauts placés, pensent à une organisation qui fut très préparée. Or, la vérité est tout autre, puisque c’est Kempton Bunton, un sexagénaire qui se bat depuis des années pour faire « abolir » la redevance télé pour les personnes âgées qui a volé le tableau. Avec le vol de ce tableau, Kempton compte bien faire payer l’état britannique à hauteur du prix qu’ils ont versé pour l’achat de ce tableau et ainsi, avec cet argent, le vieil homme peut en faire don à des associations, qui pourraient aider des personnages âgés.

Voici donc le dernier film de fiction de Roger Michell, qui après s’être aventuré dans le drame avec beaucoup d’émotion en 2020 avec le très beau « Blackbird« , revient une dernière fois pour détendre l’atmosphère avec une petite comédie typiquement britannique.

« The Duke » est un film qui tient un double jeu au sein de son écriture, car d’un côté, « The Duke » se pose comme une gentille comédie qui se trouve être bien faite et efficace, et de l’autre, derrière les sourires et les rires, et derrière cette histoire improbable digne d’un scénario de film, Roger Michell en profite pour livrer un film bien plus profond et touchant, abordant des thèmes sombres, comme la perte d’un enfant, le sentiment de culpabilité, ou encore les inégalité et les différences entre les classes sociales. Puis évidemment, comme ce fut souvent le cas dans la carrière de Roger Michell, « The Duke » parle des personnes âgées, ce thème que le metteur en scène affectionne entre tous.

Ainsi donc, en conjuguant tout cela, le réalisateur nous offre une comédie bien faite, qui fonctionne bien, et qui comme je le disais, tient un scénario solide. Un scénario qu’on se plaît à suivre, et qui au travers de cette histoire véridique, nous offre tout ce que l’on est venu chercher. Mais voilà, si tout est bien fait, « The Duke » est aussi un film qui va souffrir de son trop bien, dans le sens où finalement, le film n’arrive pas à se démarquer et surtout à s’imposer. Certes, on sourit, on est amusé, et l’on est touché, mais face à d’autres films du même type, ou encore face à d’autres métrages dans la filmographie de Roger Michell, il manque à « The Duke » de la surprise au sein de son récit, et dans la façon que peut avoir son metteur en scène de raconter cette histoire.

Cette histoire, et son point fort, outre le fait divers qu’elle raconte, c’est bien sûr sa galerie de personnages qui sont tous plus attachants les uns que les autres. Roger Michell a réuni un très beau casting pour donner vie à ces personnages excentriques, déconnectés et en même temps très ancrés dans la réalité. Si on soulignera l’excellence de Helen Mirren dans le rôle d’une femme totalement renfermée sur elle-même, ce film, c’est bien évidemment Jim Broadbent, qui retrouve Roger Michell près de huit ans après le délicieux « Un week-end à Paris« . Le comédien britannique tient ici un rôle en or, qu’il campe à merveille, au point qu’on adorerait avoir un Kempton Bunton dans nos vies. Avec ce personnage, et la vraie histoire l’obligeant, on trouvera un excellent Fionn Whitehead (décidément, cet acteur est très discret, mais il tient un bon début de carrière), qui incarne le fils cadet de la famille et ce lien de famille, à travers cette intrigue, se pose comme le cœur de ce film, le réalisateur construisant une magnifique relation entre ces deux personnages.

Du côté de la réalisation de Roger Michell, « The Duke » a tout de la petite comédie sympathique, qui allie bien l’humour et les sujets plus graves. Le réalisateur livre une jolie et très propre reconstitution de l’époque, avec un joli travail sur les costumes, l’ambiance et la lumière, mais voilà, comme je le disais, l’ensemble, si bon et bien soit-il, demeure très classique. Roger Michell livre une comédie britannique comme il se doit, et le film ne réserve pas vraiment d’originalité, ou de surprises. Ici tout se passe comme cela doit se passer et ce manque de punch, ce manque d’originalité en quelque sorte, fait que « The Duke« , alors qu’il tient une histoire incroyable mais vraie, n’arrive pas vraiment à s’échapper du lot. On passe donc un bon moment devant ce film, mais à la longue, il n’est pas sûr non plus que ce dernier Michell reste en mémoire.

Ainsi, « The Duke » est un chouette petit film, qui certes ne marquera pas notre année de cinéma, mais sur l’instant, on passe un bon moment, partagé entre sourires et émotions. Roger Michell fut un bel artisan du cinéma et ce dernier film le démontre encore une fois, et même si on peut être en un sens déçu de voir la carrière du cinéaste se finir sur un petit cru, on ne regrette certainement pas de s’être arrêté sur ce « The Duke« , car même un petit Roger Michell demeure un sympathique moment de cinéma.

Note : 14/20

Par Cinéted

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