
Titre Original : Greenland 2 : Migration
De : Ric Roman Waugh
Avec Gerard Butler, Morena Baccarin, Roman Griffin Davis, William Abadie
Année : 2026
Pays : Etats-Unis
Genre : Catastrophe
Résumé :
Après l’impact dévastateur d’une comète qui a réduit la Terre en ruines, la famille Garrity doit quitter la sécurité de son bunker au Groenland. Commence alors un périple pour leur survie et l’avenir de l’Humanité à travers un monde dévasté à la recherche d’un nouveau foyer.
Avis :
Ric Roman Waugh est un réalisateur et scénariste américain, spécialisé dans le cinéma d’action réaliste et les thrillers musclés. Il se fait remarquer en 2013 avec « Infiltré« , film d’action et drame porté par Dwayne Johnson. Il réalise quelques films par la suite, mais le vrai tournant de sa carrière arrive en 2019 lorsque Gerard Butler cherchait un autre angle pour le troisième film où il incarne Mike Banning. Ce film, c’est « La Chute du Président« , et c’est surtout la première collaboration entre Gerard Butler et Ric Roman Waugh, un duo qui ne se quittera plus depuis.

Ainsi, après « La Chute du Président« , « Greenland » et « Kandahar« , le réalisateur et l’acteur se retrouvent pour donner une suite à « Greenland« . En 2020, « Greenland » s’était posé comme l’une des bonnes surprises de l’année. Film sur la fin du monde filmé à hauteur d’humain, « Greenland » avait su surprendre en offrant un film anti-spectaculaire, plus tendu que bourrin, et surtout assez touchant dans sa manière de suivre une famille ordinaire. Très vite, face au succès, le studio veut une suite et tout le monde est d’accord pour reprendre les rôles. Mais la production traîne, au point qu’on aurait cru qu’elle ne verrait jamais le jour. Pourtant, un peu plus de cinq ans après, voici « Greenland Migration« , et je dois dire que j’en ressors franchement déçu.
« »… Migration » pousse le curseur beaucoup trop loin et se vautre littéralement »
Si le premier film était un bon divertissement qui se faisait parfois facile dans ce qu’il racontait, « … Migration » pousse le curseur beaucoup trop loin et se vautre littéralement. Franchement, j’ai rarement vu un scénario offrir autant de chances à ses personnages. Ça en devient même risible, voire franchement agaçant.
Voilà cinq ans que la comète Clark a frappé la Terre et détruit une très grande partie de la vie sur celle-ci. Au Groenland, les survivants du bunker survivent comme ils le peuvent en attendant de pouvoir vraiment sortir un jour. La vie sur Terre a changé depuis Clark. La surface est régulièrement balayée par des tempêtes radioactives, le sol bouge énormément, les plaques tectoniques n’étant plus stables. D’ailleurs, un tremblement de terre plus violent que les autres pousse alors les survivants du Groenland à quitter le bunker. La famille Garrity décide de se rendre dans le Sud de la France, car une rumeur court : une nouvelle vie serait possible à l’intérieur du cratère, là où Clark a frappé la Terre…
Mais quelle déception que ce deuxième « Greenland« . Le premier film sorti en 2020 se posait comme un divertissement honnête, qui souffrait déjà d’une certaine facilité pour ses personnages, lesquels avaient beaucoup de chance. Ici, comme je le disais, le curseur de la chance est poussé bien plus loin encore. On ne peut même plus appeler ça de la chance tant le scénario refuse obstinément de mettre de vrais obstacles sur la route de ses personnages. Ils vont de rencontre en rencontre avec toujours cette bonne étoile absurde qui les fait avancer plus loin, pendant que tout le monde autour d’eux y passent.
« le petit road trip pépère d’une famille américaine »
Dans un monde apocalyptique, ravagé par la peur, la survie, la folie humaine, le désordre total, le chaos, les guerres et autres joyeusetés, « Greenland Migration » nous propose le petit road trip pépère d’une famille américaine qui décide de traverser une partie du monde avec trois fois rien, en espérant grâce aux scénaristes que leur bonne étoile les mènera à bon port. Du Groenland à l’Angleterre, puis de la Manche au sud de la France, ce petit trip sera plein de belles rencontres. Des rencontres pleines de bons sentiments et de nostalgie, essayant de recréer le monde d’avant. À la rigueur, pourquoi pas : tenter de vivre normalement après un tel drame, c’est intéressant sur le papier.
D’ailleurs, dans les arrière-plans du film, « … Migration » a des sujets intéressants. Le chaos des civilisations, l’adaptation de l’être humain à rebondir, les guerres, pourquoi pas… On sent que les idées sont là, et qu’il y avait matière à faire un film plein de réflexions. Puis de manière générale, l’idée même de vivre après l’extinction est intéressante. Mais au lieu de creuser ça, le film nous raconte ce petit road trip vers une sorte de nouvel eldorado au cœur d’un cratère. Là comme ça, l’idée est déjà limite, mais après tout, pourquoi pas, c’est une idée…
« Restera alors une bonne restitution d’un monde à l’abandon »
Sauf que l’exécution de cette idée et l’histoire qui s’ensuit sont presque risibles tant, et j’y reviens encore, le scénario ne tient pas la route une seule seconde. Pire encore, à force de coïncidences miraculeuses, on finit même par sourire devant l’absurdité de la situation. Et avec ça, on oubliera toute forme de suspense, car là encore on comprend très vite que la petite famille Garrity est totalement en sécurité face à l’écriture de ce scénario, qui a décidé de tuer tout le monde autour d’eux pour sauver cette famille de manière totalement improbable. À aucun moment on ne craint réellement pour eux, ce qui est quand même un comble pour un film censé parler de fin du monde, de survie et de danger permanent.
Restera alors une bonne restitution d’un monde à l’abandon. Des décors apocalyptiques qui ont de la tronche. Des idées visuelles parfois très bonnes, comme la Manche qui n’existe plus. Quelques scènes d’action bien menées, comme les chutes de morceaux de comète, ou encore une scène de guerre qui n’a rien à faire là mais qui reste plutôt bien foutue. Bref, techniquement, le film tient encore la route, mais ça ne suffit clairement pas à sauver le naufrage.

Ce deuxième « Greenland » est donc une belle déception qui en devient même risible à plus d’un moment. Il y a des personnages qui ont une chance insolente, il y a des personnages qui vivent clairement dans un autre film que celui dans lequel ils sont censés évoluer, et les Garrity font totalement partie de ceux-là. La route en direction de ce cratère est une petite promenade de santé qui ne fait de mal à personne, hormis ceux qui gravitent autour de notre belle famille… Bref, tout le monde meurt sauf eux, parce que le scénario l’a décidé, point.
Note : 08/20
Par Cinéted
