
De : Johannes Roberts
Avec Johnny Sequoyah, Jessica Alexander, Victoria Wyant, Troy Kotsur
Année : 2026
Pays : Etats-Unis
Genre : Horreur
Résumé :
PRIMATE suit un groupe d’amis dont le séjour idyllique sur une île lointaine dégénère en un affrontement bestial.
Avis :
Johannes Roberts est un artisan du cinéma de genre. C’est un réalisateur britannique qui aime jouer avec des concepts simples et tenir une tension tout du long. Il débute dans les années 2000 et, même si ses films sont loin d’être remarquables, il s’installe petit à petit dans le paysage du cinéma d’horreur international. Pour ma part, je n’ai pas vu grand-chose de Johannes Roberts. En fait, ma connaissance de son cinéma se résume à « Strangers: Prey at Night » et « Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City« , et je ne peux pas dire que ces deux expériences aient été très concluantes.

Mais bon, optimiste invétéré, j’ai toujours envie de croire qu’un réalisateur va finir par m’entraîner dans son délire, et encore plus avec ce nouveau film, car « Primate » arrive avec une idée simple, mais qui pourrait s’avérer diablement efficace. « Primate« , c’est donc l’histoire d’une bande de jeunes coincés dans une piscine pour échapper à un chimpanzé domestique qui, malheureusement, a chopé la rage. Comme ça, l’idée est franchement intéressante et très différente de ce qu’on a l’habitude de voir dans les survivals, mais malheureusement, « Primate » se pose comme une belle déception, car il est peuplé de personnages aussi insupportables qu’ils sont cons au possible.
« »Primate » ne sera ensuite qu’une suite de déceptions »
Lucy, la vingtaine, habite sur le continent américain. Pour l’été, elle revient dans la maison familiale sur son île d’Hawaï avec des copines. Au programme : rien de fou, détente au bord de la piscine et discussions entre filles. Sur place, Lucy a un chimpanzé domestique. Sa mère lui a appris à communiquer avec eux et Ben, (c’est comme ça qu’il s’appelle) fait partie intégrante de la famille. Alors que le père de Lucy s’en va pour une conférence, laissant ses filles seules, un drame se produit. Ben est attaqué par une mangouste et chope la rage. Dès lors, le chimpanzé n’a qu’une envie : tuer tout le monde dans la maison. Lucy et ses amies n’ont d’autre choix que de se réfugier au milieu de la piscine.
Alors oui… mais non. Clairement non, merci. C’est sympa d’y avoir pensé, mais non merci vraiment. « Primate« , c’est le genre de film qui a une idée qui a tout pour être fun. Un groupe de jeunes doit survivre à un singe infecté par la rage, coincé dans une maison, obligé de rester dans une piscine. Franchement, sur le papier, c’est une super bonne idée. Et mieux encore, certaines séquences fonctionnent plutôt bien. Les quelques sorties pour essayer de trouver de l’aide offrent de petits moments de tension bien fichus. La scène de l’armoire, la scène de la voiture, l’idée de pousser le singe dans le vide… Bref, sur quelques idées isolées, le film est plutôt malin.
Mais malheureusement, ça va s’arrêter là. Et « Primate » ne sera ensuite qu’une suite de déceptions, voire même un festival de trucs agaçants. La première chose qui frappe avec ce film, et ça dès les premières minutes, c’est le fait que les personnages soient pénibles. Franchement, ils sont tous aussi épuisants qu’agaçants. Aucun n’est attachant, aucun n’est crédible, et du coup il est très difficile de s’accrocher à une bande de jeunes aussi cons. Le scénario essaiera bien de faire quelque chose avec eux, mais tout sonne factice et surtout ultra facile.
« poussant le curseur du gore au point d’en devenir presque clownesque »
Puis au fur et à mesure que l’intrigue se déroule de manière totalement prévisible, on finit par se ficher royalement de ce qui peut leur arriver. Pire encore, on finit par avoir envie qu’ils y passent tous le plus vite possible, histoire d’arriver enfin au générique de fin. C’est dire à quel point l’expérience devient pénible.
Et comme si ça ne suffisait pas, le film ajoute encore deux mecs rencontrés dans l’avion qui débarquent en plein milieu de l’histoire. Si l’expérience était déjà difficile, là elle bascule dans le n’importe quoi absolu. Deux personnages têtes à claques, tellement horripilants que leur mort devient un non-événement, malgré l’envie du film de faire dans la générosité gore. D’ailleurs, de ce côté-là, le film est en roue libre, poussant le curseur du gore au point d’en devenir presque clownesque.
Par contre, là où on peut quand même saluer « Primate« , c’est sur son singe. Beaucoup auraient choisi le full numérique, Johannes Roberts a préféré mettre un comédien dans un costume animatronique, et même si c’est voyant, ça a un certain charme. C’est old school, ça donne un côté un peu série B assumée qui n’est pas désagréable.

Mais bon, dans son ensemble, « Primate » se pose comme une belle déception, et même comme un film franchement agaçant. Lourdingue, peuplé de personnages au-delà de l’horreur tant ils sont des clichés ambulants, avec des comportements que personne, mais absolument personne, n’a dans la vraie vie. J’avais très envie d’y croire parce que j’aimais bien le concept de départ, mais ce n’est clairement pas encore avec ce film que je vais apprécier le cinéma de Johannes Roberts.
Note : 05/20
Par Cinéted
