avril 15, 2021

Le Triangle du Diable

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Titre Original : Satan’s Triangle

De : Sutton Roley

Avec Kim Novak, Doug McClure, Ed Lauter, Alejandro Rey

Année : 1974

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un hélicoptère et ses deux sauveteurs partent secourir un bateau en perdition. À son bord, des cadavres et une seule survivante… Au beau milieu de l’océan, la tempête se lève. Leurs coordonnées semblent indiquer qu’ils se trouvent au centre d’un endroit mystérieux surnommé le Triangle du Diable…

Avis :

Il y a des films qui demeurent cultes de par ce qu’il raconte, de par leur propension à être avant-gardiste ou encore par leur mise en scène virtuose, et puis il y a d’autres films qui restent gravés dans les mémoires suite à un choc ou alors à un buzz médiatique incontournable. Et il faut croire que le buzz ne date pas d’hier, puisque ce Triangle du Diable fait partie des films qui ont choqué une partie de la population à cause d’une erreur de diffusion de la part de TF1. Téléfilm de commande par NBC à l’époque où les chaines pouvaient se permettre de faire des films de qualité, Le Triangle du Diable passe une première fois en 1975 sur la première chaine, à 20h50. Ce n’est que quatre ans plus tard que la chaine décide de faire une diffusion à 18h10, alors que les familles sont devant leur poste. Il n’en fallait pas plus pour que le film rentre dans la légende et devienne un incontournable du genre.

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Mais on pourrait croire à une simple esbroufe comme l’on était Le Projet Blair Witch, Paranormal Activity ou encore The Green Inferno, qui sont des films de qualité plus ou moins moyennes et qui n’ont connu le succès qu’à travers un buzz éprouvant et souvent pénible. Le Triangle du Diable raconte donc un fait divers en plein milieu du triangle des Bermudes, alors que le fantasme autour de ce lieu battait son plein. Un secouriste trouve une jeune femme au milieu de cadavres sur un rafiot à la dérive. Elle lui raconte alors ce qu’il s’est passé et tout laisse à penser qu’il y a une présence diabolique en ce lieu. Véritable film d’épouvante, le métrage de Sutton Roley réussit son office, à savoir distiller une ambiance particulière, assez malsaine au sein d’un huis-clos malfaisant qui s’amuse avec les vices de toutes les personnes. En effet, au fur et à mesure que le film défile, on se rend compte que tous les personnages, absolument tous les personnages ont des défauts majeurs et font état d’un égoïsme détestable. Alcoolisme, prostitution, égoïsme exacerbé, vanité et orgueil, bref, les péchés sont bien présents chez tout ce petit monde. Et c’est là-dessus que le film se repose sans jamais trop le mettre en avant, à tel point que c’est quand on repense au film que certaines petites séquences reviennent en tête.

Et si au niveau de l’ambiance, ce téléfilm n’a pas trop vieilli, la réalisation demeure très satisfaisante pour ce genre de métrage. S’appuyant sur des coupures en fondu au noir (sûrement à cause des pubs de l’époque), le film arrive à rendre crédible cette histoire de diable au milieu de l’océan. Le seul petit reproche que l’on peut lui faire, c’est que par moments, les effets visuels ont mal vieilli, surtout lors des orages et des éclairs frappant le ciel, où l’on voit clairement le trucage. Tout comme cet homme en mousse qui chute d’un hélicoptère. Cependant, encore une fois, le film accuse plus de quarante ans et il marche toujours autant, que ce soit dans l’ambiance ou en dans la mise en scène qui, sans être faramineuse, demeure sympathique et acceptable. Le film tient donc surtout sur son histoire mais aussi sur ses acteurs.

Si Kim Novak fut l’égérie d’Alfred Hitchcock, elle s’est vite mise au téléfilm, dont le rythme de tournage plus court lui convenait mieux. Elle campe ici une jeune femme mystérieuse, qui semble perdue et qui va brouiller les pistes. Elle est accompagnée par Doug McClure, qui joue en quelque sorte le héros, prouvant alors les raisons de ce carnage sur le bateau. Les deux acteurs se complètent parfaitement, mais ils se font surpasser par Alejandro Rey, qui joue un prêtre vraiment étrange, souvent inquiétant et qui va souffler le chaud et le froid dans ce métrage pour devenir une figure immuable du bateau et quelqu’un de réellement apeurant. Jouant beaucoup sur le twist final et sur la figure de cet acteur au faciès si particulier, le film remplit pleinement son cahier des charges en fournissant un retournement inattendu et qui plonge pleinement le film dans le surnaturel. C’est d’ailleurs cette fin qui reste la plus traumatisante (surtout à l’époque), car elle montre quelque chose en rapport avec les vices de chacun et tisse donc un lien mystique entre la nature humaine et son ennemi juré, le diable et sa mauvaise conscience.

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Au final, Le Triangle du Diable est un téléfilm qui a très bien vieilli et qui reste toujours aussi efficace aujourd’hui, malgré sa faible durée, un poil plus d’une heure. Avec une présentation sommaire mais efficace des personnages, une mise en scène agréable et surtout une angoisse omniprésente, le film s’en tire avec les honneurs et on peut comprendre aisément pourquoi il a tant traumatisé lors de sa diffusion en prime time en 1979. Bref, un film d’épouvante efficace, qui maintenant a pris un petit coup dans l’aile du fait des avancées des mœurs et des effets spéciaux, mais qui reste malgré intéressant et surtout très intelligent dans sa façon d’amener un twist finalement inattendu et qui plonge le film dans l’horreur la plus totale.

Note : 15/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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