décembre 8, 2022

La Maison de l’Étrange

Titre Original : Inhabited

De : Kelly Sandefur

Avec Megan Gallagher, Eric Lutes, Sofia Vassilieva, Greg Cipes

Année : 2003

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

La famille Russel vient d’emménager dans une maison idéale pour toute la tribu. Au fond du jardin se trouve une petite cabane dans laquelle la jeune Gina va trouver refuge. Mais au fil des jours, des évènements troublants viennent perturber l’équilibre familial. Gina, qui a une imagination débordante, accuse « les créatures », des petits êtres fantastiques qui partagent ses journées dans la cabane, d’être à l’origine de tous ces dérèglements. Iver Hagen, homme de main, les appellent les Huldre et semble en savoir beaucoup sur ces fameuses créatures…

Avis :

Les films de maisons rendues inhabitables à cause de plusieurs phénomènes sont très nombreux. Parmi les plus connus, on peut citer Amityville et sa présence démoniaque qui rend tout le monde fou. Mais parfois, le diable n’est pas à l’œuvre et on retrouve des raisons plus ou moins terre à terre qui rendent les maisons hostiles. On peut citer les humains cachés dans les murs (The Pact, Housebound) ou encore de vilaines créatures, comme pour Don’t Be Afraid of the Dark ou le film qui nous intéresse ici, La Maison de l’Etrange. Porté par un casting d’inconnus épaulés par Malcolm McDowell, le film se traine une vilaine réputation, un peu à la manière de Troll 2, élu nanar de tous les temps. Mais en sommes-nous réellement là avec ce film qui a à peu près le même scénario, à savoir de petites créatures qui font vivre un enfer ?

La petite maison dans le jardin

L’histoire débute avec l’installation des Russel dans une vieille maison en bois qu’ils doivent rénover. Leur petite fille s’éclate dans une maison miniature qui se trouve dans le jardin, tandis que le fils aîné a les hormones en ébullition et fait partie de la chorale pour sortir avec une nana. Tout ce petit monde va basculer lorsque la petite fille va parler avec des êtres invisibles, que le chat va se faire tuer et qu’un homme à tout faire un peu envahissant va mettre en garde la famille contre cette maison. Dès lors, de petits êtres disgracieux vont semer la panique et il va falloir que la mère de famille fasse son investigation pour retrouver l’ancienne propriétaire, alors internée dans un hôpital psychiatrique. Hôpital dirigé d’une main de fer par un médecin qui voit dans la nouvelle famille une formidable expérience à mener, ne croyant pas aux petits êtres vicieux.

C’est dans ce beau bordel qu’il faut trouver du sens au film. Et ce n’est pas évident. Tout d’abord, la réalisatrice nous met trop vite dans le bain, avec des scènes subliminales qui montrent en plein champ les méchants. On n’a donc aucun doute sur leur existence et il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Le démarrage est donc assez lent, avec quelques crasses faites par-ci par-là comme un bocal qui tombe par terre ou encore des poupées qui sont détruites. Petit à petit, le ton monte, le chat se fait buter et les humains se font blesser. Cette montée en tension est assez classique, mais elle revêt quelque chose de presque ridicule dans le sens où tout est téléphoné et tout est très mal mis en scène. De plus, au sein même de l’écriture, les personnages sont mal retranscrits et on rentre dans des clichés pénibles.

La famille casse-bonbon

Ici, on voit vite que la mère est le pilier de la famille. C’est elle qui est confrontée à l’homme de main envahissant, c’est elle qui mène l’enquête et c’est elle qui va chercher l’ancienne propriétaire. Le père est assez absent. Même s’il reste un homme bon et aimant, il ne sert pas à grand-chose dans le film. Tout comme le fils, un ado queutard qui ne sert strictement à rien, si ce n’est à glisser du métal lorsqu’il met ses écouteurs. Enfin, la petite fille fragile est utilisée comme appât, mais globalement, elle n’a pas de traits de caractère. Pour les personnages secondaires, c’est une autre paire de manches. L’homme à tout faire est inquiétant car il fait la grimace, mais ça reste un gentil incompris. L’ancienne propriétaire qui doit être folle ne l’est pas tellement. Et Malcolm McDowell végète en médecin égoïste qui veut mener une expérience.

Tous les clichés sont donc réunis pour que l’on ne ressente aucune empathie envers les personnages. Il est même compliqué de se dire que quelqu’un ait pu croire en une telle galerie de personnages aussi insipides. On avait un léger espoir avec les méchants petits lutins, sorte de mélange entre des orcs du Seigneur des Anneaux et des créatures troglodytes. Si les maquillages sont bien fichus, on ne les voit pas assez à l’écran et ils n’ont aucune caractéristique. Le scénario a beau donner un nom au chef, on le ne différencie pas des autres, si ce n’est par sa taille. Outre les personnages qui sont inconsistants, on ne se réjouira pas non plus des situations. Le film se dépatouille comme il peut avec un budget dérisoire et tout cela manque d’énergie et de sang. Tout se fait en hors-champ et les attaques finales sont ridicules.

Crise d’épilepsie

Bien évidemment, avec un tel film, la mise en scène est tout simplement catastrophique. Si le démarrage laisse à penser à une réalisation soignée (surtout si l’on compare à de nombreuses merdes dans les films d’horreur à tout petit budget édités chez le même éditeur), on ne s’éloigne jamais du carcan téléfilmesque. C’est basique et ça ne prend jamais de risque. Si on ne voit pas les attaques, elles sont toujours précédées par des images subliminales des trolls, et c’est très mal fichu. Seule la fin s’avère sympathique, avec cette course-poursuite neurasthénique dans des galeries souterraines, où les monstres sont plutôt bien incrustés, avec un final explosif, où la mère trouve un bidon plein d’essence dans on jardin. Au moins, ici, ça a le mérite de ne pas se prendre au sérieux et d’assumer un statut nanardesque qui colle à la peau du long-métrage.

Au final, La Maison de l’Etrange mérite bien son statut de mauvais film et de mauvaise blague. Doté d’un scénario aux fraises dont on ne saisit pas les tenants et les aboutissants, porté par une équipe de bras cassés qui n’y croit pas un instant (mention spéciale à Malcolm McDowell d’une rare nullité), ce film (ou plutôt téléfilm) ne vaut pas tripette. Si on n’exclut pas quelques ricanements, ils seront plus de nervosité face à la médiocrité ambiante et à l’agacement de voir un truc comme ça sortir en DVD, alors qu’il devrait être dans les tréfonds de l’oubli…

Note : 03/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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