mai 16, 2021

Le Dîner des vampires – Marché de Crocs

Titre Original : Eat Locals

De: Jason Flemyng

Avec Charlie Cox, Mackenzie Cook, Tony Curran, Dexter Fletcher, Vincent Regan

Année : 2017

Pays : Royaume-Uni

Genre : Comédie, Horreur

Résumé :

La nuit de passion promise par une ravissante cougar se transforme en lutte pour sa survie, quand Sebastian découvre les amis de sa conquête, des vampires affamés, dans une ferme isolée. Pour ne rien arranger, un groupe de chasseurs de vampires vient aussi se joindre à la fête.

Avis :

Au fil des décennies, nombreux sont les acteurs de premier plan à être passé derrière la caméra, avec des velléités de réalisateur plus ou moins prononcées, et des résultats plus ou moins probants. Certains finissent même par jouer officiellement sur les deux tableaux, et on attend régulièrement le nouveau film de Clint Eastwood, Sean Penn, Ben Affleck, Angelina Jolie (qui revient d’ailleurs prochainement avec First they killed my father) ou encore James Franco pour les amateurs de cinéma indépendant arty.

Le phénomène arrive également, bien que plus rarement, avec des acteurs plus confidentiels, habitués aux second rôles ou aux série B.

Paddy Considine a réalisé Tyrannosaur avec Peter Mullan, Sarah Polley a fait Take this Waltz, C. Thomas Howell a commis l’horrible War of the Worlds 2 et Emilio Estevez est responsable, entre autres, du très intéressant Classé X sur l’odyssée des frères Mitchell, pornographes passionnés et réalisateurs de Derrière la porte verte.

 

C’est donc également le cas avec Le Dîner des vampires, puisqu’il est l’œuvre de Jason Flemyng.

Oui, celui de Snatch, Atomik Circus et la Ligue des gentlemen extraordinaires. Il change de casquette pour raconter comment la réunion d’un conseil de vampires dans une ferme de l’Angleterre profonde se transforme en remake d’Alamo lorsque des bidasses débarquent, bien décidées à limer les canines des hématophages en goguette. Ou plutôt en Nuit en enfer inversée puisque des vampires se retrouvent harcelés par des humains belliqueux au lieu du contraire.

Un postulat de départ qui fleure bon la comédie bourrine décomplexée pour ce film inattendu, la preuve avec le titre original (hé oui, comme d’habitude, la malédiction des stagiaires français a encore frappée), qui à Eat Local (mangez local) rajoute un S discret qui transforme le conseil écologique en Eat Locals (mangez les gens du coin). On essaiera par là même de pardonner l’immonde affiche française, qui oublie totalement le visuel original très sympathique et s’enorgueillit en tagline d’un avis donné sur senscritique…

Bref, si on s’intéresse un peu à la comm’ originelle plutôt qu’au travail désastreux des distributeurs français, celle-ci fait figure de gage de qualité qui donne clairement envie d’apprécier le film comme l’inoffensive mais énergique boutade qu’étaient Deathgasm, Manuel de survie à l’apocalypse zombie ou encore Bloodsucking bastards.

Malheureusement on se rend très vite compte que le manque de budget va tirer les velléités de Flemyng vers le bas, le visuel du film se rapprochant plus du téléfilm fauché que d’une version comique d’Assaut sur le Central 13. D’autant que les touches d’humour tombent souvent à l’eau, la faute à un tempo comique pas très maitrisé et un personnage principal qui se vautre dans le slapstick le moins subtil depuis la disparition de Benny Hill.

 

En y réfléchissant, Le Dîner des vampires est le prototype même du projet difficile à monter, et donc difficile à doter d’une production conséquente qui pourrait aider à transcender le matériau de départ. À moins de vouloir se vautrer dans le plus pur kitsch dégueulasse comme seul Asylum est encore fier d’en produire, il nécessite un minimum de fonds et de visibilité, et le sujet comme l’inexpérience du réalisateur sont des facteurs qui n’aident pas forcément à voir le potentiel commercial du film.

Selon le propre aveu de Jason Flemyng, le projet n’aurait pu voir le jour sans l’investissement d’une paire d’agréables têtes connues, à savoir Mackenzie « Pirates des Caraïbes » Crook et surtout Charlie « Daredevil » Cox, qui prennent le métrage à bras le corps, en plus d’apporter au film un capital sympathie non négligeable.

Capital sympathie étendu également, pour les connaisseurs, par la présence de quelques seconds couteaux comme Tony Curran (déjà vampire dans Blade 2 et Underworld 2, et homme invisible aux côtés de son réalisateur dans La Ligue des gentlemen extraordinaires), Vincent Regan (qu’on a plus l’habitude de voir en jupette dans des blockbusters d’époque puisqu’il a été Eudorus dans Troie, spartiate dans 300 et Kepheus dans Le Choc des Titans) ou Dexter Fletcher, que Flemyng a du connaître sur le tournage d’Arnaques, Crimes et Botanique, et qui trimballe sa trogne bonhomme un peu partout, de Band of Brothers à Stardust en passant par Doom ou Layer Cake.

Capital sympathie enfin, qui devient plus présent à mesure que le film avance, et que certains gags ou dialogues finissent par faire mouche. Là, Le Dîner des vampires finit par capter notre attention, avec ses idées branques (mention spéciale au lancer de poules en feu), ses références plutôt originales, qui préfèrent citer Zoulou plutôt que le trop évident Alamo, ses quelques surprises, et une petite séquence d’action qui montre que le réalisateur en a sous le coude et pourrait nous offrir mieux avec un budget plus conséquent.

 

Bref, un film anecdotique mais pas désagréable, qui a du mal à démarrer tant sa facture visuelle assez pauvre et son manque de moyens se font sentir, qui ne révolutionnera pas la comédie d’horreur, mais qui reste plein de bonne volonté, recèle quelques personnages attachants, et permettra à l’amateur de passer une bonne soirée entre deux gorgées de bière et quelques bols de chips.

Note : 13/20

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par Corvis.

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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