septembre 27, 2022

Rampant

Titre Original : Chang-Gwol

De : Seong-Hoon Kim

Avec Hyun Bin, Jang Dong-Gun, Woo-Jin Jo, Man-Sik Jeong

Année : 2018

Pays : Corée du Sud

Genre : Horreur

Résumé :

Le prince Ganglim, du royaume coréen de Joseon, revient après dix ans passés en captivité dans les geôles des Mandchous. Mais, suite à la mort de son frère, prince héritier, le palais royal va être ravagé par les luttes de pouvoir pendant qu’un abominable danger guette la capitale. Une épidémie transforme les humains en zombies rampant à la nuit tombée. Alors que les démons nocturnes se rapprochent, Ganglim va devoir employer sa maîtrise des arts martiaux pour tenter de sauver le royaume.

Avis :

Les zombies et la Corée du Sud sont la base d’un cocktail détonnant qui depuis quelques années maintenant a le vent en poupe. Il faut dire que le pays a su redynamiter un genre qui commençait à sentir la chair putride à tous les étages. L’avènement du film de zombies coréen trouve sa source dans Dernier Train Pour Busan de Sang-Ho Yeon, qui aura un succès largement mérité, arrivant à manier les émotions d’un père de famille et la peur primaire d’une attaque massive de morts-vivants. Depuis, le pays du matin calme nous livre à tour de bras des films et des séries de zombies à toutes les sauces. Rampant essaye de se démarquer de la concurrence en prenant place dans une Corée féodale. Sorti dans son pays trois mois avant la série Kingdom, les parallèles seront vite faits et la comparaison inévitable. Mais qui gagne donc ce duel ?

Un début compliqué

Comme dit juste au-dessus, Rampant est un film qui prend place dans la Corée féodale. On va y suivre une invasion zombie qui prend place sur un bateau, et qui va envahir le continent. Cela va mettre en avant des relations politiques houleuses entre diverses régions, et un prince es envoyé en délégation pour retrouver son père et son frère. Manque de bol, non seulement il va devoir faire face à des hordes de zombies, mais il va aussi découvrir que son frère s’est sacrifié pour une paix inexistante et que son père est mort des suites de l’infection zombie et que le premier ministre a pris sa place. Le démarrage du film risque fort d’en dérouter plus d’un. Il faut dire que l’intrigue politique prend le pas sur les zombies et qu’il va être très compliqué de tout comprendre.

Les personnages ne sont pas forcément bien identifiés et on aura du mal à retrouver qui est qui. De plus, il y a un name dropping incessant. On se retrouve noyé, non par la vague de morts-vivants affamés, mais bel et bien par un déluge de nom coréen dont on ne comprend goutte. Le film évoque diverses régions et dirigeants, à un tel point que l’on finit par s’ennuyer face à cette mise en place fastidieuse. A titre comparatif, la série Kingdom va plus prendre son temps pour offrir la même intrigue. Cela est bien entendu plus facile sur un format sériel qui a plus de temps de narration que sur un film. Ici, en deux heures, il est compliqué de tout rentrer dans les détails et de s’adresser à un public mondial. Bref, le démarrage est un peu difficile, mais la récompense sera à la clé.

Une seconde partie réussie

Si l’on outrepasse les indigences du début, qui peuvent en rebuter plus d’un, le film offrira une seconde partie grisante et très intéressante. L’intrigue politique se dévoile assez rapidement (et se révèle finalement assez simpliste) et on aura droit à des attaques de zombies à répétition. Le film devient très nerveux, et les personnages sont de plus en plus en danger. Le héros doit alors assumer son statut de prince héritier et il prend se responsabilités en formant une équipe de choc qui pourrait ressembler à un jeu vidéo. On retrouvera la jeune femme qui manie l’arc, celui qui utilise une lance, l’autre la hache et le dernier, le « chef » de ces mercenaires, qui utilise une épée. Pour autant, le film ne sombre pas dans la gaudriole et arrive à garder un certain sérieux jusqu’au bout du bout. Le seul bémol viendra de l’émotion.

En effet, le film va tenter de jouer sur la tristesse de perdre des êtres chers qui vont se sacrifier pour la bonne cause. Bien évidemment, certains personnages gentils trouveront la mort de façon héroïque, mais le film s’apitoie trop longtemps que les réactions des vivants, qui semblent dévastés. Le problème est que l’empathie n’est pas de la partie en ce qui nous concerne. De ce fait, on ne ressentira pas d’émotions lors des sacrifices de certains personnages et c’est dommage. Le format film empêche de bien travailler tous les protagonistes et cela se ressent sur quelques aspects. Mais cela n’empêche pas pour autant le film d’être spectaculaire et de proposer un final grandiose et percutant. Le méchant devient alors iconique et porte le film à bras le corps, permettant un dernier duel épique et d’une grande classe.

Une grande technique

Le point fort de ce dernier segment, et du film en règle générale, c’est la technique. On sent qu’il y a du budget dans le projet. La mise en scène est classieuse et nerveuse, ne sombrant jamais dans le bis dégueulasse. Les effets spéciaux sont superbes, avec là aussi une large place aux effets physiques, délaissant le numérique pour les plans larges. Les zombies sont bien foutus, les attaques impressionnantes et les combats sont vraiment bien chorégraphiés. Très clairement, on voit de l’ambition à travers le film et un essai de mettre de la nouveauté, avec des zombies qui craignent la lumière du soleil, chose que l’on retrouvera dans la série Kingdom. Pour faire bref, Rampant est beau, et il devient même impressionnant dans son final, avec des plans superbes, notamment ce combat sur le toit d’un palais qui est d’une rare intensité. Bref, il y a de l’envie.

Au final, Rampant est un film de zombie plutôt réussi, pour peu que l’on passe la première moitié du métrage. Installant son intrigue politique de façon trop hasardeuse et perdant de manière inutile son spectateur, le film se rattrape dans sa seconde partie, où les zombies prennent tout l’espace et envahissent alors le scénario. Impressionnant dans sa mise en scène, d’une beauté inattendue dans son combat final, Rampant peut se targuer d’être une grosse production avec une belle envie de cinéma. Si on préfèrera son homologue Kingdom, car le format sériel s’adapte mieux à ce genre d’histoire, Rampant n’a pas à rougir de la comparaison et s’avère être une belle surprise. Une peu longue, mais belle.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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