juillet 15, 2024

The Devil’s Rejects – Blood Feast

Avis :

On le dit assez souvent, mais trouver un bon nom de groupe n’est jamais évident, et pourtant, c’est primordial pour pouvoir percer et se trouver facilement sur le net. Une chose que n’ont pas dû écouter les norvégiens de chez The Devil’s Rejects. En effet, il est très difficile de les retrouver en dehors de quelques sites spécialisés, la faute au célèbre film de Rob Zombie (son meilleur à ce jour), et on ne parle même pas de Youtube, où il faut vraiment marquer le nom de l’album pour trouver quelques vidéos. Bref, formé en 2015 à Oslo, The Devil’s Rejects embrasse un sous-genre de niche, entre le Thrash et le Black. En gros, si on veut comparer avec un groupe plus connu, on pourrait les affilier avec Midnight, tout en offrant des compos plus longues. Mais cette comparaison est un sacré compliment.

Signant assez rapidement chez Polypus Records, un label norvégien qui ne possède que six groupes, Blood Feast est le tout premier album de The Devil’s Rejects, après une démo en 2016 et un single en 2019. C’est donc en 2020 que sort cette galette, qui propose huit morceaux pour une durée totale d’un peu plus de quarante-et-une minutes. Et dès le premier titre, les doutes sont levés quant au style des norvégiens, qui ne font aucune concession et offre un gros pavé avec Seven Women for Satan. La jaquette laissait sous-entendre un groupe assez violent, et ce premier morceau vient confirmer cela, avec une absence totale de chant clair, et une volonté de rentrer dans le lard. Les riffs sont brutaux, mais restent dans un Thrash assez conventionnel, et le chant percute bien, donnant une belle énergie à l’ensemble, avec un prime un refrain ultra catchy.

L’entame est plutôt bonne, et donne envie de continuer l’écoute, ce qui est plutôt bon signe. Et il est vrai que dans sa globalité, cet album est relativement bon. Certes, il lui manque de la diversité et quelques solos dignes de ce nom, mais ça reste un bel ouvrage, surtout pour un premier essai. Season of the Witch se donnera même un petit côté cinématographique avec son introduction à base de cris de femmes que l’on brûle et sa guitare distordue. Par la suite, un léger solo viendra porter les gros riffs, pour ensuite laisser plus de place au chant et à son aspect bien sombre. Une réussite, car le titre change du précédent tout en restant dans le même genre, ne reniant jamais son style de prédilection. Castle Freak continuera ce délire autour du cinéma mais l’ensemble sera un peu moins probant que le reste.

La faute à une rythmique trop tendre, qui ne va pas forcément au bout des choses. C’est très bien fichu, mais il manque un certain dynamisme pour mieux nous porter et nous faire headbanger. Heureusement, avec Death Walks at Midnight, le groupe retrouve un peu de sa splendeur, notamment grâce à un refrain très efficace, qui rentre immédiatement dans notre tête. Alors certes, ce n’est pas fin pour un sou, et à la longue, ça devient un peu répétitif, mais le titre est plus marquant que la précédent, et rehausse nos attentes. Color me Blood Red se veut, quant à lui, plus vif et plus percutant. Le titre dure moins longtemps, le rythme est très rapide, et on ne lambine pas avec des choses inutiles. Le groupe prouve qu’il est aussi capable d’écrire des titres plus courts, tout en gardant cette verve, cette énergie, intacte.

She Wolf of the SS est une belle référence au cinéma de genre, et le morceau est relativement plaisant grâce à la mélodie, mais aussi grâce au chanteur, qui va jouer avec ses gimmicks vocaux pour donner un refrain percutant et mémorable. The Heretic sera un peu moins intéressant sur l’ensemble de l’album. Certes, c’est bien fichu, mais il lui manque des éléments pour devenir aussi intéressant que les autres morceaux. Surtout que derrière arrive Nude for Satan, une pièce maîtresse de plus de huit minutes, qui se durcit au fil du temps et monte crescendo. Ici, la formation norvégienne montre tout son talent technique, avec une longue introduction, puis par la suite, on renoue avec ce Thrash/Black puissant et sans fioriture. C’est solide du début à la fin, et le seul reproche que l’on pourrait faire provient de l’absence d’un beau break avec un petit solo…

Au final, Blood Feast, le premier album de The Devil’s Rejects, est une jolie surprise. Embrassant le style de Midnight, le groupe arrive à créer des compos plus longues, avec des structures plus complexes, tout en gardant cette fougue dévastatrice. Et en plus de cela, la production, qui est assez minime, arrive à faire amplement le taf, offrant un bel enregistrement, qui manque peut-être de rondeur, mais qui offre un grain qui donne un certain charme à l’ensemble. Bref, une agréable surprise, rouge sang.

  • Seven Women for Satan
  • Season of the Witch
  • Castle Freak
  • Death Walks at Midnight
  • Color me Blood Red
  • She Wolf of the SS
  • The Heretic
  • Nude for Satan

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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