juillet 15, 2024

The Suicide Squad – Gunn Fight

De : James Gunn

Avec Idris Elba, Margot Robbie, Joel Kinnaman, John Cena

Année : 2021

Pays : Etats-Unis

Genre : Super-Héros

Résumé :

Bienvenue en enfer – aka Belle Reve, la prison dotée du taux de mortalité le plus élevé des États-Unis d’Amérique. Là où sont détenus les pires super-vilains, qui feront tout pour en sortir – y compris rejoindre la super secrète et la super louche Task Force X. La mission mortelle du jour ? Assemblez une belle collection d’escrocs, et notamment Bloodsport, Peacemaker, Captain Boomerang, Ratcatcher 2, Savant, King Shark, Blackguard, Javelin et la psychopathe préférée de tous : Harley Quinn. Armez-les lourdement et jetez-les (littéralement) sur l’île lointaine et bourrée d’ennemis de Corto Maltese. Traversant une jungle qui grouille d’adversaires et de guerilleros à chaque tournant, l’Escouade est lancée dans une mission de recherche et de destruction, avec le seul Colonel Rick Flag pour les encadrer sur le terrain… et la technologie du gouvernement dans leurs oreilles, afin qu’Amanda Waller puisse suivre le moindre de leurs mouvements. Comme toujours, un faux pas est synonyme de mort (que ce soit des mains de leurs opposants, d’un coéquipier ou de Waller elle-même). Si quelqu’un veut parier, mieux vaut miser contre eux – et contre eux tous.

Avis :

On ne présente plus James Gunn. Réalisateur qui a le vent en poupe depuis un bon moment, il a commencé sa carrière entant qu’acteur chez Troma, mais aussi dans des films que l’on préfère oublier, comme Urban Cannibals par exemple. Ce côté punk, un peu trash et gentiment mauvais garçon, il a su le garder, même au sein d’entreprise aussi lisse que chez Marvel, où il a su imposer sa patte, notamment avec Les Gardiens de la Galaxie. Forcément, quand il passe chez la concurrence, ça fait jaser, surtout lorsqu’il tombe sur un projet aussi zinzin que Suicide Squad, où le précédent film, réalisé par David Ayer, fut une très mauvaise expérience. Mais James Gunn a les coudées franches, il peut faire à peu près ce qu’il veut, et il va donc se lâcher, redorant un peu le blason de la maison DC, qui en avait bien besoin à l’époque.

Au niveau du scénario, on ne va pas se mentir, c’est très enfantin, voire carrément débile. Comme à son habitude, Amanda Waller forme une équipe de super-vilains pour réaliser une mission suicide, ici renverser un dictateur anti-américain qui a comme projet une arme secrète de destruction massive. Avec tous ces bras cassés, la mission est en perpétuel échec, mais si les vilains disparaissent pendant leur mission, cela ne chagrinera personne. Bref, c’est le pitch de départ, et le metteur en scène nous place directement au sein de l’action. On se retrouve avec quelques méchants peu connus qui atterrissent sur une île et qui vont se faire défoncer. Après un court générique, on s’aperçoit qu’une deuxième équipe est dépêchée sur place et doit profiter du raffut pour s’infiltrer dans l’île et parfaire la mission. Et rien ne se passe réellement comme prévu.

« James Gunn a réussi à intégrer un fond pas si bête. »

Le scénario est simple, et il joue de temps à autre sur les humeurs des méchants, ainsi que leurs égos. Des types comme Bloodsport, Peacemaker ou encore Rick Flagg se ressemblent un peu, malgré des idées bien différentes. Cela va donner des scènes assez drôles de combats de coqs, ou encore des moments plus dramatiques qui vont interroger sur les idéaux de certains. C’est assez intéressant de voir comment James Gunn a réussi à intégrer un fond pas si bête à un scénario qui, globalement, a tous les atours d’un divertissement pop-corn et crétin. Car oui, malgré la lourdeur de King Shark, la flemme de Ratcatcher 2 ou le trauma de Polka-dot man, il y a quelques réflexions plaisantes, comme la recherche de paix en tuant tout ceux qui l’entravent, ou encore des relations père/fille qui se détendent ou se projettent sur d’autres protagonistes.

Malheureusement, il faut aussi composer avec certaines tares scénaristiques qui sont redondantes dans ce genre de long-métrage. Outre un humour qui n’est pas toujours juste, on se retrouve avec des personnages qui n’ont pas le même traitement et qui pêchent par leur manque d’aura. Polk-Dot Man est bien drôle dans son traumatisme maternel, mais il ne sert pas à grand-chose. Tout comme Ratcatcher 2 qui expose le vide qu’elle a depuis la mort de son père. Les deux personnages sont moins mis en avant que Bloodsport et son leadership, ou encore Peacemaker et sa vision étriquée de la paix et de la liberté. Même Harley Quinn subit un traitement basique, où elle n’est là que pour frapper de temps à autre, et n’a pas véritablement de background intéressant. Jusqu’à la toute fin où elle ne sert à rien, si ce n’est d’éviter de se faire tuer.

« On retrouve l’esprit sale gosse de James Gunn. »

De plus, le film nous promet un casting assez incroyable, mais certains acteurs n’ont que quelques secondes à l’écran, parfois même, leurs personnages n’utilisent pas leurs pouvoirs. Javelin par exemple, ne sert strictement à rien, tout comme Weasel ou encore Blackguard et Savant. Des super-vilains peu communs, connus des aficionados des comics, mais qui ne tiennent pas leurs promesses. Pourquoi mettre Nathan Fillion en TDK si ce n’est pour l’exploiter qu’un quart de seconde en présentant son pouvoir tout pourri ? Et que vient faire Michael Rooker en Savant si c’est pour mourir aussi vite. Le problème, c’est que James Gunn a réuni un casting de potes, mais que la farce boit un peu le bouillon au démarrage, trompant le spectateur de façon éhontée. Idem, les rebelles sont à peine esquissés, et on ne les verra pas reprendre le contrôle de l’île, alors que c’est un des enjeux du film.

Néanmoins, il est difficile de faire la fine bouche avec un tel spectacle, car oui, James Gunn a le sens de la mise en scène, et il dynamise son récit pour mieux nous éclater. On fait face à un long-métrage qui ne se prend jamais la tête et qui frôle parfois l’hystérie. Si l’on peut pester contre des personnages pas forcément bien traités, ou un humour qui devient vite agaçant, force est de constater que le réalisateur délivre un film fou, à l’action débridée et avec un gore omniprésent qui peut surprendre. En effet, tout film de super-héros (super-vilains) qu’il est, on aura droit à des séquences bien crades, et ce dès le début. C’est à cela que l’on retrouve l’esprit sale gosse de James Gunn, renouant souvent avec ses premiers amours, à savoir le film d’horreur et le film gore (comme Horribilis).

Au final, The Suicide Squad redonne un peu des couleurs à l’univers DC qui a bien du mal à trouver une direction artistique. Gore, souvent irrévérencieux, doté d’un humour douteux avec des personnages qui n’hésitent pas à aller dans le trash, ce long-métrage est à part dans le monde étrange du DCU, mais il lui fait aussi un bien fou, démontrant que l’on peut faire un bon film, avec des ingrédients simples et un metteur en scène qui a les coudées franches. Bref, même s’il demeure imparfait dans son écriture, The Suicide Squad se révèle être un film pop-corn sanglant qui fait amplement le taf un soir de fatigue.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.