juin 24, 2024

Grande Royale – Carry On

Avis :

Il est assez étonnant de constater qu’aujourd’hui, de nombreux groupes s’appuient sur des sonorités rock qui datent des années 70 pour créer une sorte de revival, tout en gardant à l’esprit quelque chose de plutôt contemporain. Des groupes comme Rival Sons, The Vintage Caravan, sont des exemples flagrants de cette vibe qui parcourt tranquillement le monde du rock et du hard rock. Dans ce même style, on peut sans problème évoquer les suédois de chez Grande Royale. Groupe fondé au début des années 2010, la bande sort deux albums de façon autonome avant de faire plusieurs tournées en Suède, mais aussi en Angleterre et dans le sud de l’Europe. Grâce à cela, ils vont pouvoir signer sur le label The Sign Records, leur donnant alors plus de moyens pour faire de nouveaux skeuds. Et c’est en 2021 que sort Carry On, cinquième opus du groupe.

La formation suédoise ne le cache absolument pas, elle s’inspire largement du rock des années 70, ainsi que de la scène grunge des années 90 avec quelques élans Pop. Le résultat est assez homogène, offrant quelque chose de brut, de vif, qui ne mérite qu’une seule chose, la scène. Et Carry On en est l’exemple le plus flagrant, avec ses onze chansons et sa durée qui doit tutoyer la demie heure. Car oui, ici, point de chichi, de fioritures et autres arrangements parasitaires, les suédois font du Rock, du vrai, et ils sont là pour faire danser et chanter les foules. D’ailleurs, le premier morceau est assez équivoque là-dessus. Troublemaker est un concentré d’énergie et de fougue. Ça part de suite, ça ne laisse aucune place au doute et on a qu’une seule envie, bouger son popotin dans tous les sens au rythme des guitares.

Et en plus de cela, on se retrouve avec un super solo qui s’intègre parfaitement dans le flow du titre. Bref, une excellente entrée en matière qui démontre déjà les envies du groupe, ainsi que ses ambitions. One of a Kind pourrait flouter les limites via son introduction, mais très rapidement, les lignes de grattes prennent le dessus, et on aura un morceau pêchu, qui reste vite en tête. Peut-être un peu moins que le précédent, notamment avec une sonorité moins lourde, moins grasse, mais on reste dans quelque chose de vraiment prenant et intéressant. Bang renouera avec un côté plus vif et percutant, notamment grâce à un refrain hyper catchy, et surtout, une super ligne de basse. On pourra un peu reprocher au groupe de se la jouer à la Kadavar, mais c’est globalement très satisfaisant et ça donne une patate d’enfer.

Comme toujours, avec Let It All Go, le groupe nous prouve sa capacité à créer des titres courts et ultra dynamiques qui font mouche à chaque fois. Not the Same sera dans le même moule, même s’il mettra un peu plus de temps à démarrer. Puis Carry On va venir secouer un peu tout ça dans une rythmique plus saccadée, avec quelques aspects un peu plus seventies. C’est relativement léger et cool, et le groupe nous sert cela avec une bonne louche de modernité, notamment dans la production qui est aux petits oignons. Puis Ain’t Got Soul est un vibrant hommage à ce bon vieux Rock n’Roll qui nous fait tous vibrer. Le refrain va rester un long moment en tête, avec comme bon vieux dicton « je n’ai pas d’âme, je joue du rock n’roll ». Bref, un titre court, mais exécuté avec un panache certain.

Staying Dry se fait quant à lui plus léger, avec une sonorité plus aérienne, qui contrebalance un peu la voix relativement granuleuse du chanteur. Puis Headbanger’s Ball nous rejoue le tour du titre vif et rapide mais qui donne une furieuse envie de danser. C’est bien évidemment une réussite, et il n’en faut pas plus pour que cette énergie soit communicatrice. Just as Bad as You va, quant à lui, déchaîner les foules, avec un rythme ultra soutenu et une vitesse d’exécution qui fait plaisir à entendre. Le groupe joue avec cette vélocité pour mieux nous surprendre et nous faire bouger la nuque dans tous les sens. Enfin, les suédois clôturent leur skeud avec Schizoid Lullaby, un titre qui avoisine les quatre minutes, et c’est une superbe réussite, laissant plus de temps pour les solos et la construction du titre, avec en prime un refrain super entêtant.

Au final, Carry On, le cinquième album de Grande Royale, est une superbe réussite sur tous les fronts. Si certains pesteront peut-être sur sa courte durée, ou sur l’absence d’une grosse pièce maîtresse, il faut se dire que ce n’est pas du tout le but des suédois qui visent l’efficacité, la vivacité et le côté frontal du Rock qui se défend sur scène. Bref, il s’agit-là d’un album percutant, dansant, faisant écho à une époque insouciante où la créativité était à son pinacle, et ça fait un bien fou d’entendre cela de nos jours.

  • Troublemake
  • One of a Kind
  • Bang
  • Let it All Go
  • Not the Same
  • Carry On
  • Ain’t Got Soul
  • Staying Dry
  • Headbanger’s Ball
  • Just as Bad as You
  • Schizoid Lullaby

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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