novembre 29, 2021

Blackwater Conspiracy – Two Tails & the Dirty Truth of Love & Revolution

Avis :

Quand on lit un nom tel que Blackwater Conspiracy, on se doute un petit peu de ce que l’on va se coller dans les oreilles. Affichant en plus une jaquette assez équivoque avec une belle Mustang qui file à travers un décor qui rappelle le Colorado, on sent bien la formation venue d’Amérique qui va délivrer un Hard Rock rugueux, proche d’un Desert avec quelques sonorités 70’s. Et si on ne se trompe pas trop sur le contenu, c’est plus sur les origines que l’on va être étonné, puisque Blackwater Conspiracy est un groupe irlandais. Fondé au début des années 2010, la bande sort un premier album en 2017, Shootin’ the Breeze, et il faudra attendre trois ans pour voir débouler un nouvel opus avec Two Tails & The Dirty Truth of Love & Revolution. Un titre à rallonge pour un album somme toute sympathique, mais sans originalité.

L’album s’ouvre sur Goodbye to Yesterday, qui est un morceau classique. Les riffs de grattes sont bons, le clavier ajoute une touche intéressante et la voix du chanteur s’inscrit clairement dans un registre rock. Le morceau est une bonne entame et donne envie de se plonger dans la suite. Le seul problème vient de son refrain qui reste trop simple et pas assez marquant. Mais qu’importe, l’énergie est là, ainsi que les références. Avec All Wired Wrong, le groupe vise un autre registre du groupe. C’est plus léger, plus doux, et on sent toutes les influences d’un rock des années 80. Si le plaisir est toujours présent, on ressent tout de même une certaine facilité dans les compos. Certes, tout cela reste bien fichu et même addictif, mais c’est aussi trop calibré. La structure même du titre, par exemple, est stéréotypée et ne sort pas d’une certaine zone de confort.

Quand déboule Soul Revolutionaries, on va établir deux constats. Le premier, c’est que le groupe est bon, mais qu’il manque d’identité, et donc d’originalité. Ici, le démarrage fleure bon le Hard Rock eighties. Le second, c’est que ce morceau manque cruellement de niaque. Les promesses du début ne sont pas tenues et on va vite s’ennuyer face à un titre qui manque de punch et qui ne tient pas ses promesses. Tout ira mieux avec Tattooed & Blonde. Lorgnant vers un Rock bluesy en diable, le morceau est plus langoureux et s’avère particulièrement réussi, malgré son classicisme. Mais encore une fois, le groupe propose un autre style, qui colle à la peau des States, et que l’on sent fait avec amour. Quant à In Another Lifetime, on plonge en plein dans la ballade sirupeuse. Et difficile de ne pas penser à Aerosmith, par exemple.

Oui, la comparaison peut paraître flatteuse, mais on sent que Blackwater Conspiracy s’inspire de tout un pan du Rock ricain, dont faire partie le groupe de Steven Tyler. Surtout lors du refrain, qui évoquera les ballades les plus connues dudit groupe. Enfin de briser l’aspect doucereux de la chose, les irlandais vont partir vers un Hard’n’Blues efficace avec Take it on the Chin. Sans être un immanquable de l’album, il reste celui qui fait le plus « Folk » dans ses slides de gratte et sur son ensemble, l’énergie l’emporte sur le reste. Alors que The Healing (You & I) flirte avec le mauvais goût et sera l’un des plus mauvais morceaux de l’album. Entre la ballade et le mid-tempo, le groupe ne se décide jamais et offre un titre dispensable et sans réelle saveur. C’est dommage, car la suite tient rudement bien la route.

Bird in a Coalmine est une autre ballade d’une rare douceur. C’est beau, c’est tendre, ça fait un peu cliché, mais ça fonctionne du feu de Dieu. On pourra même y trouver des relents de Country, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Alors certes, les irlandais délaissent volontairement leur culture au profit des States, mais c’est vraiment bien fichu. Just Like a Silhouette renoue avec du hard nerveux et quelques élans Blues grâce au clavier, très présent, mais aussi avec des passages de cuivres qui font mouche. She Gets me High revient sur une ballade, même intéressante que les autres, mais qui fonctionne tout de même. Enfin, Atlanta Smile clôture l’album sur du Rock pur et dur et donne un bon goût de reviens-y. Il est dommage que le groupe n’arrive pas à plus se démarquer que cela, avec un Rock qui  fait un peu plus référence à l’Irlande.

Au final, Two Tails & The Dirty Truth of Love & Revolution, le second album de Blackwater Conspiracy, est un effort sympathique et relativement agréable. On pourrait pester contre leur manque de personnalité et leurs références à gogo, mais sur l’ensemble, l’album tient la route, les influences se sentent mais restent acceptables et on passe un joli moment sur cet album. Pas indispensable donc, mais les amoureux de rock seront comblés. Surtout avec leur aspect old school plutôt bien travaillé.

  • Goodbye to Yesterday
  • All Wired Wrong
  • Soul Revolutionaries
  • Tattooed & Blonde
  • In Another Lifetime
  • Take it on the Chin
  • The Healing (You & I)
  • Bird in a Coalmine
  • Just Like a Silhouette
  • She Gets me High
  • Atlanta Smile

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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