juin 24, 2024

Jusqu’au Bout du Monde – L’Amour au Grand Ouest

Titre Original : The Dead Don’t Hurt

De : Viggo Mortensen

Avec Vicky Krieps, Viggo Mortensen, Solly McLeod, Garret Dillahunt

Année : 2024

Pays : Mexique, Canada, Danemark

Genre : Drame, Western, Romance

Résumé :

L’Ouest américain, dans les années 1860. Après avoir fait la rencontre de Holger Olsen, immigré d’origine danoise, Vivienne Le Coudy, jeune femme résolument indépendante, accepte de le suivre dans le Nevada, pour vivre avec lui. Mais lorsque la guerre de Sécession éclate, Olsen décide de s’engager et Vivienne se retrouve seule. Elle doit désormais affronter Rudolph Schiller, le maire corrompu de la ville, et Alfred Jeffries, important propriétaire terrien. Il lui faut surtout résister aux avances plus qu’insistantes de Weston, le fils brutal et imprévisible d’Alfred. Quand Olsen rentre du front, Vivienne et lui ne sont plus les mêmes. Ils doivent réapprendre à se connaître pour s’accepter tels qu’ils sont devenus…

Avis :

À la sortie du deuxième confinement, Viggo Mortensen, acteur que l’on connaît tous, est passé derrière la caméra et il nous a offert un très beau film, « Falling« . Ce premier film faisait une promesse, celle d’un jeune réalisateur qui tient un bel univers, et surtout, qui a des choses à raconter. Comme tout le monde, ou presque, Viggo Mortensen s’est retrouvé confiné chez lui, et il en a profité pour écrire, beaucoup écrire, et de cette période de Covid vont naître plusieurs scénarios.

« Jusqu’au bout du monde » est le premier de ces scénarios qui nous arrive donc en film. Après un drame autour d’un père et d’un fils, Viggo Mortensen nous entraîne au XIXe siècle pour nous raconter une belle histoire d’amour, mais pas que. Très humain, plein de délicatesse, silencieux, temporel, féministe et totalement immersif, « Jusqu’au bout du temps » est un western comme on en voit très peu. D’ailleurs, on pourra même dire que Viggo Mortensen ose filmer un western autrement, et ce morceau de cinéma, même s’il peut être un peu longuet vers sa fin, se pose comme un très beau moment, et une séance de laquelle on ressort conquis et touché.

« Plus qu’un beau western, « Jusqu’au bout du monde » est un très beau film. »

Autour de 1860, Holger Olsen, un immigré danois, fait la rencontre de Vivienne, une immigrée canadienne d’origine française. Entre eux, c’est un coup d’amour, et tout sonne comme une évidence. Olsen emmène alors Vivienne au fin fond de l’Ouest Américain, dans une petite ville perdue qui la fait rêver. C’est là que le couple va vivre un bel amour, mais cet amour va aussi connaître des séparations, notamment lorsque Olsen s’engage pour partir à la guerre, et ce départ va changer beaucoup de choses.

Le western est un genre qui ne court pas les écrans de cinéma ces dernières années. Alors lorsqu’un cinéaste se décide à en faire un, on est toujours curieux de s’y engager, et encore plus lorsque ce cinéaste, c’est Viggo Mortensen, car après son premier film, le désir de le revoir passer derrière la caméra était plus que présent. Avec ce deuxième long-métrage, Viggo Mortensen confirme magnifiquement son essai, en livrant, comme je le disais en préambule, un très beau film. Car oui, plus qu’un beau western, « Jusqu’au bout du monde » est un très beau film, qui malgré sa longueur, ou plutôt sa façon de s’étirer en longueur vers sa fin, n’en demeure pas moins une belle séance de cinéma, qui nous sort de l’ordinaire et des films prémâchés.

Pourtant, si l’on regarde le scénario qu’a écrit Viggo Mortensen, dans son fil rouge, le réalisateur nous raconte une simple histoire d’amour avec sa rencontre, son désir, et sa fin (Ce n’est pas un spoil, puisque le film s’ouvre (et de manière incroyable) sur la mort du personnage incarné par Vicky Krieps). Mais voilà, derrière la simplicité de cette histoire, le talent d’écriture et de mise en scène de Viggo Mortensen va faire toute la différence. « Jusqu’au bout du monde« , en un sens, est un film assez audacieux, car tout en reprenant les codes du western qu’on connaît et que l’on attend, Viggo Mortensen livre un western qui ne sonne pas comme les autres.

« On ajoutera à cela un très beau couple de cinéma, Viggo Mortensen/Vicky Krieps. »

La première chose qui marque, c’est le fait que même si c’est bel et bien l’histoire du personnage tenu par Viggo Mortensen que l’on suit, le réalisateur arrive presque à faire du personnage de Vivienne le personnage principal, et un western tenu par une femme, et une femme de caractère, forte et têtue, on ne voit pas ça tous les jours. Puis derrière ça, Viggo Mortensen va faire des choix très intéressants pour raconter cette histoire, notamment au niveau de la temporalité. « Jusqu’au bout du monde » est un film qui mélange habilement le passé et le présent, afin de conjuguer les deux, et raconter que le présent est fait du passé et des choix que l’on fait. Et la manière de faire du cinéaste est très belle.

Autre choix qui fait beaucoup de bien, c’est le silence. Ici, Viggo Mortensen n’éprouve pas le besoin de sur-raconter son film pour que l’on comprenne ce qui s’y passe, ou ce qui se dit. Non, le réalisateur fait le choix du silence, et si parfois sur le temps de son film, sur la fin, il peut y avoir des longueurs, ça fait aussi du bien de voir un film comme celui-là. Un film qui ne prend pas son spectateur pour un imbécile et sachant que le spectateur en question est capable de comprendre ce qui ne va pas être dit.

On ajoutera à cela un très beau couple de cinéma, Viggo Mortensen/Vicky Krieps, des performances d’acteurs, et surtout d’actrice, qui touchent énormément. Puis, plus loin encore, entre la divine lumière naturelle, la BO superbe orchestrée en partie par Viggo Mortensen lui-même, ou encore son final prenant, franchement, ce deuxième film est une très belle réussite, qui au bout du compte, malgré ses petites longueurs, se regarde avec beauté, désir et émotions.

En deux films donc, Viggo Mortensen s’affirme comme un excellent metteur en scène, doublé d’un scénariste de choix. Western singulier, western délicat et humain, « Jusqu’au bout du monde » est un moment de cinéma à part, et voir un film pareil, ça fait franchement du bien. Vivement le prochain Viggo Mortensen !

Note : 17/20

Par Cinéted

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