juin 24, 2024

Nicky Larson – Que Vaut la Version Netflix?

Titre Original : Shiti Hanta

De : Yûichi Satô

Avec Ryohei Suzuki, Misato Morita, Masanobu Ando, Fumino Kimura

Année : 2024

Pays : Japon

Genre : Policier, Comédie, Action

Résumé :

Tireur d’élite et éternel séducteur, le détective privé Nicky Larson fait équipe à contrecœur avec la sœur de son ancien partenaire pour enquêter sur la mort de ce dernier.

Avis :

Et si on allait faire un petit tour du côté du Japon, pour s’arrêter sur la carrière de Yûichi Satô. Metteur en scène d’une soixantaine d’années, Yûichi Satô est de ces cinéastes qui ont une belle carrière dans leur pays, mais qui n’ont pas vraiment réussi à franchir leurs frontières. Commençant au début des années 90, Yûichi Satô a à son actif une carrière longue comme un bras. Oscillant entre le petit et le grand écran, lorsque l’on jette un coup d’œil sur sa carrière, on découvre un cinéaste touche à tout. Yûichi Satô a ainsi aussi bien fait du drame que de la comédie, ou encore du policier.

Pour son nouveau film, le réalisateur japonais se lance dans un sacré défi, puisqu’il adapte en live le manga de notre enfance « Nicky Larson« , et autant dire que le défi est de taille, car pour ma génération, il est toujours compliqué de toucher à des souvenirs que l’on affectionne. Le dernier exemple en date qui me vient en tête, c’est l’horreur que fut « Les chevalier du Zodiaque » sorti l’année passée.

« Sympa. Voilà le premier mot qui vient en tête. »

Fidèle au manga et aux personnages, partant du départ de l’histoire (si l’on peut dire ça comme ça), ce « Nicky Larson » made in 2024 est un petit film amusant, qui nous offre ce que l’on est venu chercher. Et s’il rate le coche de l’extra et du fun, il se pose comme un bon divertissement devant lequel on prend plaisir à se laisser entraîner.

Nicky et Tony, partenaires et amis, ont été engagés par une jeune femme pour retrouver la sœur de cette dernière. Mais quand Nicky et Tony la retrouvent, rien ne va se passer comme ils l’avaient imaginé, et bientôt Tony est assassiné, et son meurtre a tout à voir avec la jeune femme, mais aussi avec la série de violence gratuite que Tokyo affronte…

Sympa. Voilà le premier mot qui vient en tête à la découverte de cette nouvelle adaptation de « Nicky Larson » en live. Cinq ans après l’étonnante réussite de Philippe Lacheau, avec « Nicky Larson et le parfum de Cupidon« , voici que le détective le plus obsédé de Tokyo fait son retour en prise de vues réelles. Cette fois-ci, c’est Yûichi Satô qui est aux commandes, pour un film sombre de série B qui se fait tout à fait acceptable, malgré ses défauts.

« le film oscille bien entre la comédie potache et le film d’action. »

La principale chose qu’on a envie de retenir de cette nouvelle enquête, c’est le respect des personnages et du manga. En un sens, Nicky est exactement comme on avait envie de le trouver, c’est-à-dire terriblement décalé, obsédé à souhait et tireur hors normes qui ne rate jamais sa cible. Avec ça, le film nous offre tout un tas de personnages qui vont être tout aussi sympathiques et intéressants, à commencer par Laura, dont le film propose pratiquement la rencontre entre Nicky et cette dernière.

Derrière ça, l’enquête, qui prend ses racines dans la disparition d’une jeune femme, est intéressante. Certes, on en connaît beaucoup des éléments, mais elle reste intéressante et pique notre intérêt jusqu’au bout. Pour raconter cette histoire, le film oscille bien entre la comédie potache, le film d’action, capable d’offrir des scènes de baston bien foutues, et avec ça, une ambiance qui est bien tenue. « Nicky Larson » tient beaucoup d’éléments du film d’enquête noir, tout en arrivant aussi à ne pas trop se prendre au sérieux, et c’est cela qui était le plus complexe à réussir ici.

« L’image tient plus de la série télé que du vrai film de cinéma. »

Mais voilà, si ce « Nicky Larson » a de bons, voire même très bons, éléments, il a aussi ses défauts avec lesquels il faut composer. Souvent, le film tient un côté cheap qui se fait trop remarquer sur certaines scènes. Puis derrière ça, en termes de réalisation, l’ensemble est amusant et divertissant, mais on ne peut pas dire non plus que le film de Yûichi Satô soit incroyable. Assez quelconque, l’image tient plus de la série télé que du vrai film de cinéma, et ça, malgré des scènes de baston bien foutues, et quelques délires amusants, comme la descente d’escalier avec Nicky sur un matelas gonflable. Puis, plus loin encore, et c’est peut-être le plus gros souci, c’est la musique, qui bascule dans une électro remixée, et bien souvent, c’est cette dernière qui accentue encore un peu plus le côté cheap du film.

Après, du côté des réussites du film, ce « Nicky Larson » tient aussi ses promesses grâce à Ryohei Suzuki, qui est assez terrible dans la peau de Nicky. L’acteur est capable d’être on ne peut plus sérieux, puis l’instant suivant, comme Nicky le laisse présager, de régresser lamentablement, pour notre plus grand plaisir. Avec lui, on pourra aussi compter sur Misato Morita qui incarne Laura. Très étonnamment, le film tient quelques émotions qui sont dues à son personnage et son actrice.

Cette énième adaptation de « Nicky Larson » se pose donc comme un petit divertissement somme toute sympathique. Certes, le film a ses défauts, mais il a aussi ses qualités et finalement, les uns dans les autres, sur l’ensemble, « Nicky Larson » par Yûichi Satô, ça se laisse regarder avec un certain plaisir. C’est vrai que ça ne bousculera pas notre année de cinéma, mais on reste content de s’y être arrêté l’espace d’une soirée. Et mieux encore, si suite il devait y avoir, on ne sera pas contre.

Note : 13/20

Par Cinéted

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