juin 24, 2024

Une Affaire de Principe – Scandale Européen

De : Antoine Raimbault

Avec Bouli Lanners, Thomas VDB, Céleste Brunnquell, Lisa Loven Kongsli

Année : 2024

Pays : France, Belgique

Genre : Drame, Thriller

Résumé :

Bruxelles, 2012. Quand le commissaire à la santé est limogé du jour au lendemain, dans la plus grande opacité, le député européen José Bové et ses assistants parlementaires décident de mener l’enquête.

Ils vont alors découvrir un véritable complot menaçant de déstabiliser les instances européennes, jusqu’à leur sommet.

Avis :

Pendant des années, Antoine Raimbault a été monteur, mais avant tout, Antoine Raimbault avait des envies de réalisation, alors dès le début des années 2000, il commence à mettre en scène des courts-métrages. Entre 2001 et 2017, il va réaliser quatre courts, et ce sera « Nos violences« , sorti en 2014, qui mettra les projecteurs sur le réalisateur. En 2019, il sort « Une intime conviction« , film qui revenait sur le second procès de Jacques Viguier. Le film connaît un joli petit succès, ce qui était mérité, car en plus de s’intéresser à une histoire vraie, il se posait aussi comme un bon film de procès.

Antoine Raimbault aime la justice, ou du moins il est intéressé par les questions autour de la justice, et après le film de procès, voici que le metteur en scène français pose sa caméra au parlement européen, pour une affaire politique autour du lobby du tabac. Intéressant, complexe et engagé, ce second film pour Antoine Raimbault se pose comme un bon petit moment de cinéma, mais qui, malgré cela, sera aussi moins fort que son premier long.

« Antoine Raimbault nous entraîne dans les couloirs du parlement européen pour une sombre affaire. »

Bruxelles, 2012, John Dalli est commissaire à la santé, et ce dernier se voit limogé du jour au lendemain, sous prétexte d’un rendez-vous flou n’aurait pas dû avoir lieu. Député européen et farouche opposant à Dalli, José Bové trouve que cette façon de faire n’est pas la bonne et surtout, il soupçonne des arrangements qui ont amené à ce limogeage. Avec ses assistants parlementaires, le député va tirer le fil de l’affaire Dalli, et s’engouffrer dans une lutte pour essayer de faire tomber les arrangements pris autour du tabac…

Il y a cinq ans de cela, « Une intime conviction » était l’un de mes coups de cœur 2019. Dès lors, je ne savais pas où, quand, et sur quoi serait le prochain film d’Antoine Raimbault, mais je l’attendais. Et nous y voilà, cinq ans plus tard, le cinéaste revient avec « Une affaire de principe« , film au sujet ô combien intéressant, puisque Antoine Raimbault nous entraîne dans les couloirs du parlement européen pour une sombre affaire.

Qu’est-ce qui a amené au paquet de cigarette neutre ? Voilà en quelque sorte le fil rouge du nouveau film d’Antoine Raimbault. Tenu par un scénario riche et complexe à la fois, « Une affaire de principe » est un film qui a plusieurs visages, et tous vont être plus ou moins intéressants. Ici, le réalisateur nous invite tout d’abord à entrer au parlement européen, via une jeune stagiaire idéaliste qui, on s’en doute, va découvrir « le monde ». Thriller politique, « Une affaire de principe » va petit à petit tisser une toile, au sein de laquelle marche sur un fil tout un tas de personnages. Le film est complexe, plein de termes et il tient beaucoup de personnages, qui parfois ne viennent que pour une scène, et ces derniers peuvent avoir une grande importance, ainsi cette « … affaire de principe » demande une certaine attention.

« Le film est très riche, et il est intéressant tout du long. »

Au travers de l’enquête menée par José Bové et ses équipes, le film d’Antoine Raimbault soulève beaucoup de questions et passe par tout un tas de sujets. La politique évidemment, l’investissement des politiques, puis derrière ça, il y a les accords, des alliances, des jeux de pouvoirs, puis de la corruption et plus loin encore, le film parle de conviction et de principe, avec notamment le personnage de José Bové qui se lance dans cette enquête afin d’aider un opposant politique, pour le principe et la présomption d’innocence, et le droit. Bref, le film est très riche, et il est intéressant tout du long, même s’il faut bien dire qu’il lui manque un souffle pour être passionnant.

Là où Antoine Raimbault avait réussi à rendre son « … intime conviction » passionnant, ici, cette « … affaire de principe » se laisse suivre, mais on ne peut pas non plus dire qu’en termes de thriller politique, ou même de film politique, le film soit prenant. Non, il se laisse suivre, il se laisse regarder avec intérêt, mais ça s’arrête là, le film n’arrive pas à imprégner totalement.

Et ça, c’est dommage, car cette « … affaire de principe » est très bien tenu notamment par un Bouli Lanners en José Bové totalement investi. Puis avec ça, le film est techniquement ambitieux avec beaucoup de lieux, de déplacements, et comme je le disais, beaucoup de personnages. Puis Antoine Raimbault a le souci du détail pour que tout sonne juste, mais pourtant, il manque vraiment un souffle, un « danger » (si on peut dire ça comme ça) et une obsession, pour totalement nous tenir et nous entraîner dans l’urgence et dans l’importance de son enquête.

Ainsi, ce deuxième film pour Antoine Raimbault se pose comme un petit bout de cinéma intéressant, mais qui n’arrive pas à la hauteur de son premier film. Sans être mauvais ou ennuyant, très loin de ça, « Une affaire de principe » se laisse regarder avec intérêt, peut-être même beaucoup d’intérêt, mais malgré tout, il reste aussi un film peut-être un peu trop plat pour ce qu’il raconte, mais bon après, ça, c’est du chipotage, car ça reste un bon film et l’on passe un bon moment et surtout, un moment intéressant dans les coulisses du pouvoir.

Note : 13/20

Par Cinéted

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