mai 26, 2024

Iron Angel – Emerald Eyes

Avis :

Au rayon des groupes de Power/Speed/Thrash/Heavy, l’Allemagne tire clairement son épingle du jeu, avec des groupes cultes, et de petits nouveaux qui cassent la baraque. Mais il existe aussi d’autres formations qui galèrent un peu plus, à l’image d’Iron Angel. Fondé en 1980 sous le nom de Metal Gods, C’est en 1983 que les teutons décident de prendre le nom actuel. Cela durera trois ans et deux albums avant un premier hiatus. Ce n’est que neuf ans plus tard que le groupe se reforme, avec de nouveaux membres (hormis le chanteur et frontman) pour tenir une dizaine sans jamais sortir un seul album. D’ailleurs, la séparation ne donnera pas lieu à une reformation, le leader, Dirk Schröder, n’arrivant pas à recruter de nouveaux musiciens. Ce n’est qu’entre 2015 et 2016 qu’il arrive à trouver de nouveaux membres, et Iron Angel renait de ses cendres.

Et on peut dire que ce fut une période plus ou moins faste avec deux nouveaux albums, Hellbound en 2018 et Emerald Eyes en 2020, parus chez Mighty Music, un label danois. Mais la belle histoire va rapidement tourner au vinaigre (une nouvelle fois) avec une séparation en 2022 et un dernier concert donné au Bavarian Battle Open Air. Mais qu’importe l’avenir du groupe, ce qui nous intéresse ici, c’est de savoir si c’est un beau gâchis, ou si finalement, cette rupture n’est pas une bonne chose. Et on sera plutôt sur le premier avis, car dans les faits, Iron Angel fournit un très bon travail, opérant dans un Speed/Thrash classique, mais bien nerveux et qui donne une belle patate. On regrettera cependant une certaine redondance dans les rythmiques qui fait que l’on se lasse un peu de l’album au bout de plusieurs écoutes.

Le skeud débute fort avec Sacred Slaughter, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe se donne les moyens de frapper vite et fort. Les riffs sont rapides et agressifs, la rythmique est dingue, et globalement, cette entrée en matière fait très bonne impression. De plus, la voix du chanteur, bien qu’un peu vieillissante, colle parfaitement au style voulu. Descend sera aussi un très bon morceau, avec une ambiance un peu moins épaisse, donnant des riffs plus clairs. Cependant, on sent déjà les prémices d’une recette qui va être répétée jusqu’à la lie. On suit le même chemin structurel, et même au niveau de la rythmique, on retrouve un peu le même tempo. Seul le refrain changera un peu la donne, avec quelque chose de plus fédérateur. Puis Sands of Time va tenter de prendre plus son temps pour afficher sa technique.

Et effectivement, on aura plus de moments qui appelleront à une meilleure maîtrise de la gratte, avec un peu plus de solos, mais là aussi, on va ressentir des gimmicks qui reviennent de façon intempestive. Par exemple, les solos sera souvent descendant sur les cordes, ou ascendant, mais il n’y aura pas quelque chose de dingue et de vraiment appuyé. Demons va allumer un peu plus le feu dans un élan plus Thrash, mais on restera tout de même dans un registre similaire. What We’re Living For tire son épingle du jeu, de par sa durée, un peu plus longue que d’habitude, mais aussi par son aspect massif et fédérateur. On se surprendra à chanter le refrain au bout de deux écoutes, ce qui prouve son efficacité. Il est dommage qu’il n’y ait pas plus de titres de cet acabit.

Emerald Eyes va laisser un peu plus de place à la batterie sur son démarrage, mais le naturel va vite revenir au galop, malgré un aspect plus virulent qu’à l’accoutumée. Puis Fiery Winds of Death va aller droit au but, dans un registre Speed’n’Heavy plutôt plaisant qui permet quelques petits changements. Par la suite, les choses s’enchainent assez vite, sans pour autant marquer, la faute à, comme dit auparavant, une certaine redite. Sacrified, Bridges are Burning, ou même Heaven in Red (qui clôture la version simple de l’album) sont de bons titres, mais ils manquent tous d’une originalité plus marquée, ou d’un schéma qui sort du carcan que le groupe s’impose. Enfin, Dark Sorcery s’impose comme un excellent titre de Speed, percutant et nerveux, qui ne donne aucun répit. Une belle façon de conclure cet album, même si le titre n’apparait que sur la version de luxe.

Au final, Emerald Eyes, le dernier album d’Iron Angel, est un bon album, même si on peut y voir des faiblesses. C’est souvent répétitif et redondant au bout d’un moment, mais les musiciens sont doués et l’ensemble est cohérent, donnant une belle envie de headbanger dans tous les sens. De ce fait, il est évident que voir un tel groupe se séparer fait mal au cœur, d’autant qu’il semble avoir encore des choses à dire. Mais est-on à l’abri d’une nouvelle reformation ?

  • Sacred Slaughter
  • Descend
  • Sands of Time
  • Demons
  • What We’re Living For
  • Emerald Eyes
  • Fiery Winds of Death
  • Sacrified
  • Bridges are Burning
  • Heaven in Red
  • Dark Sorcery

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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