juillet 15, 2024

Carbo – The In-Between

Avis :

Quand on est un jeune groupe, il existe une pléthore de façons de se faire connaître, notamment grâce à divers sites internet qui permettent de mettre en avant ses compositions. Le problème, c’est que la prolifération de ces sites devient rapidement un problème, puisque l’auditeur ne sait plus à quel saint se vouer pour écouter la meilleure musique possible, du moins dans les styles qui l’intéressent. Et de ce fait, certaines formations restent dans un anonymat injuste, et ne peuvent prétendre à faire mieux, faute d’une production solide. C’est notamment le cas pour Carbo. Rien à voir avec une quelconque sauce pour les pâtes, Carbo est un groupe brésilien de Rock Alternatif à tendance Hard. Si on doit trouver des points de comparaison, on pourrait presque dire que ça va d’Alice in Chains à Kyuss, en passant parfois par Rival Sons. Des comparaisons flatteuses.

Cependant, la comparaison s’arrête rapidement, car Carbo n’a ni le talent de ces confrères, ni la même qualité de production. En même temps, The In-Between est le premier album du groupe, et cela s’entend rien qu’à l’enregistrement. Dès le départ, on sent que le groupe n’a aucun budget et que la production est quasi inexistante. La reverb est inexistante, on a l’impression que le skeud est enregistré au fin fond d’un garage, et parfois, il y a de la dissonance entre le chant et les mélodies. Néanmoins, est-ce que cela signifie que l’album est raté ? Pas vraiment. Si on est dans la moyenne acceptable, malgré les nombreux défauts, The In-Between révèle un groupe qui a une patte, de l’envie et une énergie folle. Encore une fois, le groupe souffre d’une bonne prod, qu’il ne peut s’offrir sans plus de mise en avant.

Dans sa construction, l’album suit un peu des exemples éculés. Si on peut croire à une générosité un peu trop gargantuesque avec seize morceaux, la formation brésilienne noie le poisson avec pas moins de quatre interludes et une introduction. Cela fait donc clairement onze titres, et dans un sens, ce n’est pas plus mal. Car si on pourrait croire que ces interludes ont une importance capitale, on reste sur des faux enregistrements de cassettes audio et cela coupe le rythme de l’album. Certes, on notera tout de même des changements entre chaque coupure, mais cela reste assez anecdotique et ne donne pas forcément une ambiance en plus. Si ce n’est Slide and Razorblade qui s’amuse avec un côté bluesy au coin du feu qui est plutôt plaisant. Un aspect Blues un poil trop absent, mais que l’on ressent en début d’album sur quelques insertions bien pensées.

Et clairement, les trois/quatre premiers titres de l’album sont là pour faire étalage d’un héritage Rock très ancré dans les années 70/80. Si on a droit à un son plus moderne, plus électrique, les titres sont relativement courts et vont droit au but tout en rajoutant des nappes de clavier ou des solos de gratte qui font très Blues. Electric Heritage, Teenage Lust et The Boogie en sont des exemples flagrants. Seul Dragonslain sort du lot avec son côté Punk pleinement assumé, voire un peu ringard sur les bords. Comme dit auparavant, on sent qu’entre chaque interlude, il y a un petit changement qui s’opère. Et là, le groupe évolue avec des titres un peu plus techniques, un peu plus longs, mais qui semblent mieux maîtrisés. Mama et Borderline sont très énergiques et filent une bonne patate, avec en prime un côté vintage très sympa.

Mais par la suite, les choses vont se compliquer un peu. Après le troisième interlude, le groupe essaye de faire des titres plus longs, qui dépassent les cinq minutes, et on va sentir toutes les faiblesses du chanteur, qui se la joue un peu trop rock star alcoolisé. Put a Little Fire flirte avec des délires Desert Rock et c’est bien trop long pour ce que ça raconte. Quant à Heavy Rain, c’est tout simplement une catastrophe tant le chanteur chante faux et se donne un genre insupportable. Un ratage dans les grandes règles de l’art. Puis après le quatrième interlude, on retrouve des morceaux longs, mais plus nerveux, plus grandiloquents, et si c’est sympathique, à l’image de Time Devour, on reste tout de même sur des titres trop longs pour le budget du groupe, et trop ambitieux pour une telle prod.

Au final, The In-Between, le seul et unique album de Carbo à ce jour (et pourtant le skeud est sorti en 2017. Le groupe aurait-il splitté ?) souffre d’une production absente et d’un enregistrement qui ne sent vraiment pas bon. Si on entend bien les qualités techniques du groupe et son envie de faire du Rock nerveux et référencé, on reste sur un skeud qui manque d’ampleur et pêche un peu par excès de confiance. C’est dommage, avec plus de moyens et de visibilité, on pourrait avoir un bon groupe en devenir…

  • Tape 01 Run (Intro)
  • Electric Heritage
  • Dragonslain
  • Teenage Lust
  • The Boogie
  • Tape 02 Crossing the Lines (Interlude)
  • Mama
  • Borderline
  • Tape 03 Downfall (Interlude)
  • Put a Little Fire
  • Heavy Rain
  • Tape 04 Below (Interlude)
  • Time Devour
  • Daring Gent or Mindless Foul
  • Slide and Razorblade (Interlude)
  • The Arsonist

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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