avril 17, 2024

Bad Company – Un Duo qui ne Fonctionne Pas

De : Joel Schumacher

Avec Anthony Hopkins, Chris Rock, Peter Stormare, Gabriel Macht

Année : 2002

Pays : Etats-Unis

Genre : Espionnage, Thriller

Résumé :

L’agent de la CIA Kevin Pope est parvenu à gagner la confiance des barons de la mafia russe. En se faisant passer pour un acheteur potentiel, il s’apprêtait à récupérer une arme nucléaire des plus dangereuses.

Mais son assassinat compromet toute l’opération. Le rendez-vous est prévu dans neuf jours, et la seule chance d’éviter le pire repose sur Jake Hayes, le frère jumeau de Kevin, dont il a été séparé à la naissance. Cependant, Jake ignore tout du monde de l’espionnage. Alors que Kevin était astucieux, prévoyant et agile, Jake se montre égoïste, présomptueux et a l’art de s’attirer constamment des ennuis.

Gaylord Oakes, l’ancien partenaire de Kevin, doit transformer cet énergumène tout droit sorti des bas-fonds de New York en espion compétent et raffiné. Le former ne sera pas de tout repos.

Avis :

Commençant sa carrière à la toute fin des années 70, c’est surtout à la fin des années 80 que Joel Schumacher se fait remarquer, notamment avec son film de vampire, Génération Perdue. Par la suite, il va enchaîner les succès avec L’Expérience Interdite, Chute Libre ou encore Le Client. Malheureusement pour lui, il va accepter de prendre la relève de Tim Burton pour adapter Batman, et force est de constater que si le ton est plus « comics », les deux Batman de Schumacher sont kitschs et très mauvais. Cependant, le réalisateur va relever la tête en revenant à des films plus simples, comme 8mm ou Phone Game qui signeront un bon retour. La même année que le film avec Colin Farrell, Joel Schumacher propose Bad Company, un film d’espionnage avec Anthony Hopkins et Chris Rock, mais on ne peut pas dire que le metteur en scène soit inspiré.

Le film débute avec tous les clichés du genre. On assiste à une transaction entre mafieux russes et deux agents américains de la CIA. Forcément, le mafieux est joué par ce pauvre Peter Stormare qui s’enferme dans le même style de rôle. En face, si Anthony Hopkins reste assez mutique, c’est Chris Rock qui tente de s’acheter un nouveau style, essayant d’être sérieux en jouant les antiquaires. La sauce a déjà du mal à prendre. La faute à une mise en scène très kitsch, qui multiplie les scènes aériennes avec quelques accélérations pour dynamiser l’ensemble. On aura droit à l’image d’Epinal de Prague et d’entrée de jeu, on sent que l’osmose entre les deux acteurs principaux ne va pas forcément fonctionner. Cela se confirmera par la suite, avec le virage que va prendre le scénario, où Chris Rock va retrouver ses chaussons.

« Rien ne fonctionne pleinement. « 

En effet, lors de l’échange à Prague, l’acteur va mourir, et les agents de la CIA vont trouver un remplaçant en la présence de son frère jumeau, un raté qui a la tchatche et semble plutôt doué pour endosser des rôles. Le film va alors prendre son temps pour mettre en avant l’apprentissage du type. Là, Chris Rock essaye de faire rire, notamment parce que son frère jumeau était son opposé, que ce soit dans la manière d’être ou dans ses goûts. Le scénario jour constamment sur cette dichotomie, sur ce type qui écoute du rap et doit se mettre à la musique classique, ainsi que charmer les vieilles dames en faisant croire qu’il est un antiquaire. On rentre dans des clichés assez faciles qui, aujourd’hui, on du mal à fonctionner. On pourrait même dire que l’on s’ennuie ferme. Et il en va de même avec l’alchimie du duo.

Ici, Anthony Hopkins joue un vieux grincheux qui ne jure que par le succès de ses missions, et il va se faire un peu dégriser par le jeune qu’il tente d’élever. Si on s’éloigne du buddy movie dans le sens où les deux types ne se rencontrent pas par hasard, on reste dans des balises fortes, avec une dualité qui, malheureusement, ne marche jamais vraiment. Tout semble assez factice, et les deux acteurs jouent sur des registres tellement différents que rien ne fonctionne pleinement. Ce sentiment de platitude, on l’a aussi dans les scènes d’action qui demeurent assez timides. On nous promet des séquences fortes, et finalement, l’ensemble est assez mou du genou. Ce pauvre Anthony Hopkins qui se bagarre dans la voiture est presque pathétique, tant tous les coups sonnent faux. Et il faut ajouter à cela un humour désastreux alors que l’enjeu est énorme.

« Les bad guys sont tellement transparents. »

Car oui, tout le film tourne autour de terroristes qui veulent marchander une bombe nucléaire afin de faire un attentat aux States. On nous rabâche le sempiternel discours des américains qui veulent diriger le monde et étouffe les minorités ethniques du monde. C’est du vu et du revu, même pour son année de sortie, en 2002. Cependant, l’enjeu reste immense, avec potentiellement des milliers de victimes, et le film continue de présenter un jeune type qui fait des blagues, même lorsqu’il échoue dans sa mission et perd la bombe. La crédibilité du truc a clairement foutu le camp ! Jusqu’au final, qui se veut tendu, où le « héros » va être déchiré entre la vie de sa copine et celle de milliers de personne au sein d’une gare. Le film se fout clairement de la gueule du spectateur et rien ne va réellement fonctionner.

En plus de présenter un duo qui n’arrive pas à s’acoquiner (tout le contraire de Bruce Willis et Damon Wayans dans Le Dernier Samaritain, pourtant sorti dix ans plus tôt), le film ne possède pas de personnages secondaires forts. Si Gabriel Macht joue des coudes à plusieurs reprises, on ne mémorisera jamais son nom et il n’aura qu’une faible incidence sur l’histoire. Il en va de même avec les méchants, qui sont des clichés sur pattes, entre un Peter Stormare ridicule avec son accent russe et un autre terroriste aussi charismatique qu’une huître. Les bad guys sont tellement transparents, ils n’ont aucun background, aucun réel intérêt, et ils ne sont jamais vraiment personnalisés, ce qui fait que l’on se fiche pas mal de ce qui peut arriver à qui que ce soit. On ne prend même pas la menace comme quelque chose de prégnant.

Au final, Bad Company se révèle être un film à gros budget étonnement lisse et sans grand intérêt. S’il n’est pas complètement mauvais, il reste un thriller d’espionnage mou du genou, qui ne sait jamais sur quel pied danser quant à sa tonalité à adopter. De ce fait, il se retrouve le cul entre deux chaises, sans vraiment s’affirmer comme une comédie d’action, ou comme un thriller hard boiled. En bref, on fait face à un film innocent, sans relief et qui manque cruellement d’intérêt.

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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