avril 17, 2024

Joe Perry – Sweetzerland Manifesto

Avis :

Le cas de Joe Perry n’est pas un cas isolé. De nombreux guitaristes solistes issus de groupes ultra connus ont eu, à un moment ou un autre, envie de faire une carrière solo afin d’être plus libre artistiquement parlant. Membre fondateur de Aerosmith avec Steven Tyler, les groupe va connaître une ascension fulgurante à la fin des années 70, avant de quasiment tomber dans l’oubli. Il faut dire que la consommation de drogues entame partiellement les relations entre Perry et Tyler, et le guitariste décide de fonder, dans les années 80, son propre groupe, Joe Perry Project. Cependant, Aerosmith va renouer avec le succès dans les années 90, puis Joe Perry va avoir du temps pour faire une réelle carrière solo à partir de 2005. Sweetzerland Manifesto est le quatrième album du guitariste et il rentre pleinement dans la case Rock et Blues.

D’un côté, il n’y a rien d’étonnant à cela. C’est le genre de prédilection de l’artiste, et c’est bien souvent dans ce style que l’on retrouve les Guitar Heroes. D’ailleurs, Joe Perry a toujours été dans les cent meilleurs guitaristes du monde, d’après le magazine Rolling Stones. Cependant, ce n’est pas vraiment dans cet album que l’on va ressentir tout son talent. Sans être un mauvais album, Sweetzerland Manifesto est ce que l’on pourrait appeler un album transparent, assez facile, et qui ne recèle pas vraiment de pépites. A vrai dire, si c’est loin d’être mauvais, on reste sur un effort qui ne force jamais l’aspect technique. Rumble in the Jungle est un démarrage assez doux, dans lequel Joe Perry joue bien de son instrument. Il n’y a pas de paroles, et de ce fait, il est obligé de faire la narration avec son instrument.

Si cette entrée en matière est plutôt plaisante, elle ressemble tout de même à une longue introduction de près de quatre minutes. C’est avec I’ll Do Happiness que l’ouvrage commence pleinement. On navigue dans un Blues Rock très facile, qui ne se démarque pas de la masse. Les habitués du genre ne trouveront pas vraiment de quoi se rassasier, car même si ça reste sympathique, on est dans quelque chose qui manque d’innovation et de percussion. Aye, Aye, Aye ira un peu plus loin, avec une rythmique plus enjouée et une vitesse d’exécution qui est plus plaisante. Joe Perry se sort un peu les doigts du cul, et délaisse son côté dragueur langoureux pour embrasser quelque chose de plus nerveux. On prend vraiment du plaisir à l’écoute, et même si ce n’est pas original pour un sou, ça reste assez dynamique pour donner envie de se bouger le popotin.

Néanmoins, par la suite, le soufflé va retomber. I Wanna Roll sombre dans un tempo très lent et un aspect Folk/Blues qui manque de mordant et d’allant. On ressentira la même chose avec Sick & Tired, qui annonce un début un peu plus festif, avant de se laisser aller à quelque chose de simpliste et qui manque cruellement de vitamines. Alors certes, c’est loin d’être mauvais, mais ça reste assez quelconque, et c’est dommage. Heureusement, Haberdasher Blues va relancer un peu la machine en embrassant pleinement un Blues typique des années 50/60. C’est chaud, ça démontre un gros savoir-faire à la gratte et ça permet de sortir un peu d’une certaine torpeur de vieux rock poussiéreux. Il est dommage que l’album ne possède pas plus de titre de cet acabit. Car par la suite, on retombe un peu sur des trucs assez quelconques.

Par exemple, Spanish Sushi s’appuie uniquement sur un riff rigolo qu’il va rejouer jusqu’à la lie. Il ne suffit pas de mettre une grosse orchestration derrière pour que ça fonctionne, surtout lorsque le titre est uniquement instrumental. Eve of Destruction laisse entendre un début un peu Folk, mais le chant ne va pas coller à la musique, et le refrain sera quasiment une catastrophe. Heureusement, d’un point de vue musical, c’est plutôt sympathique. Puis I’m Going Crazy revient à quelque chose de plus dansant, de plus nerveux, avec un bel harmonica. Enfin, Won’t Let Me Go clôture l’album de façon assez attendu, mais c’est bien fichu, et cela donne envie de redonner une chance à l’album, ce qui est plutôt bon signe. Il est juste dommage que Joe Perry ne prenne pas plus de risque dans ses compos et se repose sur son image de dragueur invétéré.

Au final, Sweetzerland Manifesto, le quatrième album de Joe Perry, est un effort qui se révèle assez satisfaisant dans son ensemble, mais auquel il manque tout de même une aura plus technique pour nous emporter. Le guitariste se repose un peu sur ses lauriers et ne propose pas vraiment de prouesses techniques, se laissant aller à du Classic Rock en passant par du Blues sans jamais vraiment réinventer le genre. C’est dommage, on en attendait davantage.

  • Rumble in the Jungle
  • I’ll Do Happiness
  • Aye, Aye, Aye
  • I Wanna Roll
  • Sick & Tired
  • Haberdasher Blues
  • Spanish Sushi
  • Eve of Destruction
  • I’m Going Crazy
  • Won’t Let Me Go

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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