avril 17, 2024

La Nonne – Un Film qui Prend l’Eau

Titre Original : La Monja

De : Luis de la Madrid

Avec Lola Marceli, Ludovic Tattevin, Alessandra Streignard, Montse Pla

Année : 2006

Pays : Espagne

Genre : Horreur

Résumé :

Elèves dans une école privée, six jeunes femmes subissent les mauvais traitements d’une nonne impitoyable. Quand l’une d’entre elles tombe enceinte, cette dernière décide de la « purifier » par la torture. Ses amies décident de l’aider et d’intervenir. La nonne disparaît et quelques semaines plus tard, l’école ferme ses portes.

17 ans après ces événements, les six amies ont grandi et se sont éloignées, afin d’oublier cette le terrible secret qui les lie. Pourtant quand deux d’entre elles sont retrouvées mortes, elles doivent se rendre à l’évidence : la nonne est de retour. Aidée de la fille de leur amie assassinée, elles retournent à l’école pour faire face à leur passé et affronter cette nonne vengeresse…

Avis :

Durant les années 2000, le cinéma horrifique hispanique battait son plein, notamment grâce à la présence d’une nouvelle de réalisateurs qui ont réussi à faire des films intéressants. On peut évoquer Alejandro Amenabar, Alex de la Iglesia, Paco Plaza ou encore Jaume Balaguero. Ce dernier est d’ailleurs très prolifique, prenant le temps d’être réalisateur et scénariste au sein d’une boîte de production spécialisée dans l’horreur, Filmax. Monteur sur des films importants comme L’Echine du Diable ou The Machinist, Luis de la Madrid rêvait de devenir réalisateur, et c’est d’après un scénario de Jaume Balaguero qu’il va pouvoir réaliser son souhait. La Nonne sera alors son premier film, mais aussi son dernier en tant que metteur en scène, la faute à des retours catastrophiques. Jouant la carte du film de fantôme et de la nunsploitation, tout en gardant les codes du film d’horreur pour ados, La Nonne est un admirable échec.

Le film débute dans un couvent, où une bonne sœur martyrise une bande de jeunes filles. On y retrouve tous les éléments de la rigueur chrétienne, avec une nonne très attachée à sa discipline et qui ne laisse rien passer, allant même jusqu’à frapper ces jeunes filles pour une lettre d’amour. Rapidement, on voit que cette femme est relativement maléfique, et fait même preuve d’une force herculéenne lorsqu’elle porte à bout de bras l’une des nanas. Après cette introduction, on se retrouve quelques années plus tard, et une femme se fait assassiner par le spectre de cette nonne, qui prend forme dans de l’eau. Traumatisée, sa fille décide de mener l’enquête, alors que toutes les copines de sa mère trouvent la mort les unes après les autres. Le pitch est simple, et on est entre le film de fantôme et le slasher, où le boogeyman prend la forme d’une bonne sœur liquide.

« Luis de la Madrid démontre un manque de savoir-faire pour créer de la tension. »

Dès le début du film, on sent que l’on fait face à une purge. La première faute revient à une mise en scène catastrophique, avec des ralentis qui ne servent à rien, notamment quand la bonne sœur porte à but de bras une jeune fille et la plaque contre le mur. On a l’impression d’assister à un démon, alors que dans les faits, c’est juste une bonne sœur lambda. Pour son seul et unique film, Luis de la Madrid démontre un manque de savoir-faire pour créer de la tension, ou même présenter ses personnages. Très rapidement, on fait un bond dans le futur, où l’on va avoir droit à cette même nonne qui va attaquer des bonnes femmes en prenant forme dans de l’eau. Si les effets spéciaux peuvent encore un peu passer, on reste dans quelque chose de totalement factice et qui ne fait absolument pas peur.

Cependant, on se demande bien comment cette bonne sœur a pu passer de vie à trépas, et pourquoi elle se matérialise dans de la flotte. Bien évidemment, les réponses viendront à la fin, avec un retournement de situation ridicule. Mais c’est tellement mal fichu, et grossier dans son storytelling, que finalement, on va vite s’en foutre. Les victimes s’accumulent sans besoin de les présenter, si ce n’est de dire que c’était les jeunes élèves du couvent qui furent martyrisées par la méchante nonne. Pas besoin de sortir de St Cyr pour comprendre qu’elles ont buté la nonne et que cette dernière revient pour se venger. Le scénario n’est absolument pas original, et on va subir les atermoiements d’une jeune fille qui a vu sa mère mourir sous ses yeux, mais personne ne veut croire à la théorie de la nonne liquide. Un classique.

« L’ensemble est évident, et va se reposer su un twist attendu et mauvais. »

De ce fait, le film se transforme alors en une sorte de slasher, où le boogeyman est un fantôme, et une bande de jeunes décident de comprendre le pourquoi du comment. Reste que la narration est une calamité. Les ados se donnent rendez-vous dans l’ancien couvent, et comme par hasard, alors qu’ils tombent en panne de voiture, c’est juste devant ce même couvent. Il y a beaucoup trop de place laissée au hasard, et on va vite se rendre compte que le film ne sait pas comment faire avec son maigre scénario. On va rapidement nous expliquer le pourquoi du fantôme liquide, et pourquoi cette jeune fille, l’héroïne, est dans cet état et se sent si impliquée dans cette histoire (au-delà du fait que la première victime soit sa mère). L’ensemble est évident, et va se reposer su un twist attendu et mauvais.

Quant à l’horreur, elle sera aux abonnées absentes. Les apparitions du fantôme sont téléphonées, et on va vite deviner ses arrivées, la faute à une musique qui change, mais aussi à la présence d’eau. Rien ne fonctionne, et c’est encore pire lorsque la nonne en question va faire des grimaces et surjouer pour essayer de créer la peur. C’est d’un ridicule… Et au-delà de ça, les situations sont assez ubuesques et ne laissent que peu de place à du gore ou à des situations tendues. La seule scène un peu sale concerne un accident d’ascenseur avec une nana qui se fait couper les deux bras, mais ça reste très timide, et surtout sans aucun rapport avec la vengeance de la nonne. Ajoutons à cela un abus de teintes bleutées et des aplats de noir ringards, et la boucle est bouclée.

Au final, La Nonne, le seul et unique film de Luis de la Madrid, est un calvaire de tous les moments. Dès le départ, le réalisateur prouve qu’il n’a aucune idée de ce qu’il va faire, et nous plonge au sein d’un récit que l’on a déjà vu cent fois et qui ne recèle aucune originalité. Mal joué, mal filmé, mal monté, avec un scénario qui n’a aucune profondeur et qui ne raconte rien, on touche vraiment le fond avec ce film d’horreur, qui coche toutes les cases de ce qu’il ne faut pas faire.

Note : 04/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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