avril 17, 2024

Sleep – Somnambulisme ou Démon?

Titre Original : Jam

De : Jason Yu

Avec Yu-Mi Jeong, Sun-Kyun Lee

Année : 2024

Pays : Corée du Sud

Genre : Horreur

Résumé :

La vie d’un jeune couple est bouleversée quand le mari devient somnambule et se transforme en quelqu’un d’autre la nuit tombée. Sa femme, submergée par la peur qu’il fasse du mal à leur nouveau-né, ne trouve alors plus le sommeil….

Avis :

Jason Yu est un jeune réalisateur sud-coréen, dont « Sleep » est le premier long-métrage. Jason Yu commence à s’intéresser à l’écriture alors qu’il est à l’université. Pendant son service militaire, il en profite pour regarder de nombreux films, ce qui développe encore plus son amour pour le cinéma, et c’est après ce dernier que le réalisateur entreprend de travailler dans le septième art. Pendant plusieurs années, tout en travaillant sur des tournages, il commence à mettre en scène. Il réalise alors de nombreux courts-métrages et il se fait petit à petit remarquer.

L’histoire de « Sleep » commence lorsque Jason Yu envoie son film à la sélection de la quinzaine des réalisateurs pour le festival de Cannes 2023. Parmi tous les films envoyés, le film de Jason Yu sera l’un des coups de cœur des sélectionneurs. Par la suite, il va être emmené par un joli bouche-à-oreille, jusqu’à ce Grand Prix au Festival de Gérardmer. Il faut dire que le jeune réalisateur fait fort avec ce premier film, qui réussit à se faire de plus en plus surprenant au fur et à mesure que son histoire avance. Partant sur les sentiers du film d’horreur, « Sleep » va être bien plus que cela, se posant aussi bien comme un film de terreur qu’un drame familial, qu’un film sur le mariage, ou encore quelque chose d’autre, dont je vais volontairement taire l’idée pour encore plus de surprise. Tendu, intelligent et maîtrisé, « Sleep » sera assurément l’un des meilleurs films de ce mois de Février 2024.

«  »Sleep » sera assurément l’un des meilleurs films de ce mois de Février 2024. »

Un couple qui va bientôt avoir un enfant voit sa vie bousculée lorsque du jour au lendemain, le mari devient somnambule. Dès qu’il a les yeux fermés, la nuit, Hyun-su devient quelqu’un d’autre, et si au départ, c’est inquiétant, très vite, ça tourne au cauchemar et il devient très menaçant, au point que sa femme, persuadée qu’il va finir par s’en prendre à leur nouveau-né, n’arrive plus à trouver le sommeil.

Le film d’horreur est un genre qui devient difficile à réinventer. Pour ma part, je ne sais pas vraiment depuis combien de temps un film dit d’horreur ne m’avait pas autant accroché. Pour ici, l’idée de départ est loin d’être incroyable, puisque Jason Yu nous raconte l’histoire d’un couple qui voit sa vie bouleversée par le somnambulisme du mari. En soit, comme ça, il n’y a rien d’incroyable, et pourtant, Jason Yu va réussir la prouesse de livrer un film accrocheur et totalement imprévisible. Un film qui est construit en trois chapitres, et chacun d’eux va en quelque sorte réinventer le film, et le faire passer par tout un tas de genres.

Comme je le disais, « Sleep » est aussi bien un film d’horreur qu’un drame familial, qu’un film paranoïaque, ou encore un film d’amour, car ce couple, en proie à de terribles expériences, va être mis à rude épreuve, et la façon dont Jason Yu parlera du mariage et l’idée d’affronter les épreuves à deux, notamment dans le dernier chapitre, est vraiment touchant.

« Jason Yu ne laisse rien au hasard. »

Ce qui est excellent avec « Sleep« , c’est l’idée qu’on arrive au départ en terrain connu. Jason Yu, en l’espace de quelques scènes, nous entraîne dans un film qui semblait cliché et déjà-vu, et très vite, une fois qu’il a fait cela, il va démontrer le contraire, et comme je le disais, nous entraîner dans un film que l’on n’a pas encore vu. Pour faire naître l’horreur, l’angoisse et la pression, le réalisateur va prendre des éléments du quotidien, des éléments presque simples, et il va jouer avec eux, pour rendre ce somnambulisme de plus en plus effrayant, jusqu’à l’emmener autre part, au sein d’un dernier chapitre excellent de maîtrise, et qui sait exactement ce qu’il a envie de raconter.

De plus, le film nous laisse aussi le libre choix de ce que l’on peut avoir envie d’en conclure, avec deux histoires qui peuvent totalement tenir la route. Deux histoires dingues certes, mais qui vont chacune raconter finalement quelque chose de très touchant.

S’ajoute à cette très belle idée de scénario, une mise en scène qui sait parfaitement comment raconter cette histoire, mélanger ses genres, et faire ressortir toutes les failles de ses personnages. Jason Yu ne laisse rien au hasard et chaque élément va avoir sa place pour servir ce récit. Très peu de personnages, une photographie sombre, même lors des scènes en journée, et il y en a pas mal. Puis le réalisateur accentue son rythme et son ambiance, pour aller jusqu’à ce final qui, pour le coup, m’a totalement bluffé de par ses idées et surtout de par ce qu’il laisse flotter, car il y a vraiment plusieurs possibilités pour conclure cette histoire.

Une histoire qui est d’ailleurs parfaitement tenu par les deux acteurs principaux. « Sleep« , c’est un film où il y a peu de personnages, et tout comme les éléments du film, ici chacun trouve sa place et son utilité, même si on retient surtout le couple formé par Yu-mi Jeong et Sun-Kyun Lee.

Si le début de « Sleep » pouvait annoncer quelque chose de déjà-vu, très vite, Jason Yu s’aventure sur d’autres sentiers et il décide de faire se rencontrer les allées de ces derniers pour mieux les entrechoquer, avec trois chapitres qui en plus d’être tous plus intéressants les uns que les autres, ne vont faire que monter la tension, l’horreur et le mystère, vers ce final, qui est un petit bijou qui raconte tellement de chose sur les croyances, la folie, la paranoïa, le couple et l’amour. Bref, la surprise est totale et le film se pose comme une bombe à voir absolument.

Note : 18/20

Par Cinéted

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