avril 17, 2024

Sans Jamais Nous Connaître – Claque Émotionnelle

Titre Original : All of Us Strangers

De : Andrew Haigh

Avec Andrew Scott, Paul Mescal, Jamie Bell, Claire Foy

Année : 2024

Pays : Angleterre, Etats-Unis

Genre : Drame, Romance

Résumé :

A Londres, Adam vit dans une tour où la plupart des appartements sont inoccupés. Une nuit, la monotonie de son quotidien est interrompue par sa rencontre avec un mystérieux voisin, Harry. Alors que les deux hommes se rapprochent, Adam est assailli par des souvenirs de son passé et retourne dans la ville de banlieue où il a grandi. Arrivé devant sa maison d’enfance, il découvre que ses parents occupent les lieux, et semblent avoir le même âge que le jour de leur mort, il y a plus de 30 ans.

Avis :

D’abord assistant réalisateur notamment pour Ridley Scott, c’est à la fin des années 2000 qu’Andrew Haigh réalise ses premiers longs. Très vite, il se fait remarquer et certains de ses films deviennent cultes, notamment le superbe « Week-end« , dont on a encore du mal à se remettre, treize ans après sa sortie. Notons « 45 ans » qui avait fait sensation au moment de sa sortie. Pour trouver un film réalisé par Andrew Haigh, il faut remonter à 2018, avec « La route sauvage« .


Adapté de « Présence d’un été » de Taichi Yamada, pour son cinquième long-métrage, Andrew Haigh nous entraîne dans ce qui est sûrement l’un des plus beaux films de ce début d’année 2024. Un film on ne peut plus surprenant, car grâce à son marketing, il a su garder tout son mystère, et ça, à notre époque, c’est génial. Voyage émotionnel fort, très fort, porté par des comédiens incroyables, doux, délicat, et en même temps, très dur, très fort, voire même injuste, avec ce film, le réalisateur anglais brosse un portrait ô combien superbe, dans un film que l’on emmène avec nous une fois que le générique défile, c’est dire !

«  »Sans jamais nous connaître » est une quête, celle d’un amour perdu, et de l’acceptation de ce dernier. »


Adam, la quarantaine, est un scénariste solitaire. Une nuit, sa solitude est coupée par l’un de ses voisins, Harry. Alors que les deux hommes se rapprochent, et commencent ce qui s’annonce comme une belle histoire, Adam est assailli par des souvenirs, ceux d’un passé heureux et triste à la fois. Un passé qui a quelque chose comme un goût de présent, alors même que le temps a tout l’air de s’être arrêté, il y a trois ans de cela.

Magnifique, c’est le mot qui n’a cessé d’être présent au fur et à mesure que le film faisait son chemin et se dévoilait. Avec ce film, Andrew Haigh réalise ce qui se pose comme son meilleur film, et il risque fort bien de le rester un bon bout de temps, le metteur en scène frappant un grand coup.

Nostalgie, solitude, sentiment, injustice, amour, beaucoup d’amour, le deuil, l’acceptation de la mort, la douleur qui ne s’en va jamais vraiment, voici une partie des thèmes qui sont abordés dans ce film, qui sera en permanence sur le fil de la délicatesse. Magnifiquement écrit, singulier et très étonnant dans ce qu’il raconte, « Sans jamais nous connaître » est une quête, celle d’un amour perdu, et de l’acceptation de ce dernier. En brossant le portrait de son personnage, Andrew Haigh livre un film on ne peut plus riche.

« La délicatesse de la mise en scène convoque des rires, des émotions, des larmes. »

Ce qui est sublime avec ce film, c’est la façon assez incroyable avec laquelle Andrew Haigh filme les émotions et le voyage émotionnel de son personnage. Oscillant entre présent et passé rêvé, ou non, « Sans jamais nous connaître » bouleverse de scène en scène, et lorsque l’on pourrait croire que le film a atteint le sommet de son émotion, la scène d’après se fait toujours plus belle que la précédente, et cette direction, le cinéaste la tient jusqu’au bout de son film, avec une dernière image qui termine d’imposer son film comme son chef-d’œuvre.

En plus d’avoir une histoire sublime, comme je le disais plus haut, « Sans jamais nous connaître » est un film qui ne cesse de surprendre, et sa mise en scène y est pour beaucoup, car on est à mille lieues d’imager se retrouver devant un film comme celui-là. Comme je le disais, le film d’Andrew Haigh est un voyage au cœur de souvenirs, et pour cela, le présent et le passé s’entremêlent, pour dessiner quelque chose de nouveau. C’est comme si on avait affaire à un récit fantomatique, bourré de regrets, de remords et d’amours, et son réalisateur a trouvé la parfaite ligne pour offrir ce voyage.

La délicatesse de la mise en scène convoque des rires, des émotions, des larmes, et surtout une passion dévorante qui fait que l’on suit cette histoire avec beaucoup d’intérêt, et ça, même si au départ, l’entrée dans cette dernière peut être un peu floue, et même longuette. Mais bon, une fois que le film nous tient, jamais il ne nous lâche, et mieux encore, on l’emmène avec nous, car ce final sème quelque chose et ouvre à la discussion, ce qui fait beaucoup de bien.

« un film est avant tout porté par un immense Andrew Scott. »


Ces émotions, on les doit aussi à ce casting magnifique (oui, ce mot revient souvent, je sais). Si « Sans jamais nous connaître » est un film qui est avant tout porté par un immense Andrew Scott, qui tient là sûrement son plus beau rôle, et son plus compliqué aussi, ce film doit aussi énormément à ceux qui l’entourent. Ici, il y a très peu de personnages, et même s’ils n’ont pas le même temps de présence à l’écran, Andrew Haigh nous donne presque l’impression d’un film choral, tant tous sont à leur place et tous sont importants, pour que l’on puisse vivre ce voyage au plus juste. Ainsi, que ce soit Paul Mescal, Claire Foy ou Jamie Bell, tous sont magnifiques, aussi bien dans l’écriture de leur personnage, que dans leur jeu, ce qu’ils racontent et ce qu’ils font passer.


Ainsi, « Sans jamais nous connaître » se pose comme une claque émotionnelle que l’on emporte avec nous à la sortie de la salle. Très surprenant dans ce qu’il raconte, Andrew Haigh livre un film à la force universelle, qui saura toucher en plein cœur tous ceux qui s’arrêtent dessus. Faisant de plus en plus beau à chaque film, il se pourrait bien qu’Andrew Haigh nous ait livrés ici son chef-d’œuvre !

Note : 20/20

Par Cinéted

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