mai 26, 2024

Batman/Spawn

Auteurs : Todd McFarlane et Greg Capullo

Editeur : Urban Comics

Genre : Super-Héros

Résumé :

Deux héros, maudits par de sombres tragédies, voient leurs chemins se croiser à nouveau… mais pas par choix ! Quel sinistre ennemi est à l’œuvre, opposant le Chevalier Noir aux Hellspawn ? Des ombres de Gotham City à New York, cet événement épique est la superproduction que vous attendiez depuis plus de vingt ans !

Avis :

En 1992, c’est un vent de colère qui souffle chez Marvel. En effet, sept dessinateurs sont très mécontents et décident alors de partir vers d’autres horizons en fondant leur propre maison d’édition, Image Comics. Cela va leur permettre d’être propriétaire de leur création et d’avoir les coudées franches pour créer de nouveaux personnages. On retrouve alors Todd McFarlane qui va créer le désormais culte Spawn. Avec ce personnage, le scénariste/dessinateur offre une sorte de chevalier noir maléfique, qui n’hésite pas à tuer pour parvenir à ses fins, et tenter de sauver l’âme de sa défunte épouse. Il y a une corrélation forte avec Batman, et il ne faudra pas attendre longtemps pour voir les deux personnages ensemble. En 2022, Todd McFarlane et Greg Capullo décident d’écrire un run avec les deux personnages, en mettant au milieu la cour des hiboux. Mais était-ce une bonne idée ?

Le démarrage est assez poussif. On y trouve une voix off qui nous raconte qui sont Spawn et Batman et quels sont les liens qui peuvent les relier. Ainsi, on retrouve deux justiciers ténébreux, avec un passé tumultueux, et qui se retrouvent dans leur devoir de justice, malgré des méthodes différentes. La cour des hiboux fait alors son apparition pour forcer la rencontre entre les deux héros, et on va apprendre qu’il existe des zones neutres où la réalité pourrait se réécrire et ainsi placer la cour des hiboux comme les maîtres du monde. C’est très nébuleux, et on sent bien que cette histoire a été écrite pour faire vendre des comics, et non pas pour une histoire avec un quelconque intérêt. C’est dommage, car finalement, on ne retrouve pas des thèmes forcément intéressants, ou tout du moins des leviers qui encourageraient à faire d’autres tomes.

D’ailleurs, on pourra voir des similitudes entre Batman V Superman et Batman/Spawn, notamment sur la rencontre et le fait que les deux types se mettent sur la gueule avant de discuter et de découvrir qu’ils se sont fait manipuler. Déjà que le film de Zack Snyder était d’une débilité sans nom, Todd McFarlane tombe dans le piège de la redite, et on a l’impression que cela a été fait pour remplir des pages et atteindre un nombre particulier de planches. Alors oui, c’est très bien dessiné par Greg Capullo qui a un talent de dingue, les scènes d’action sont dynamiques et le rythme est soutenu, mais au final, pour raconter quoi ? Il en va de même avec les quelques planches mettant en scène un Joker défiguré, et qui a sous sa coupe des démons de l’univers de Spawn, mais tout cela ne sert strictement à rien.

Alors oui, on retrouve une dissension entre les deux personnages, notamment quand il faut chercher des indices pour retrouver les méchants, avec un Spawn qui tue et un Batman qui est moins expéditif, mais rien de tout cela n’a d’importance, même lors du combat final, où l’on va avoir un petit retournement de situation, où Spawn espère rendre service à Batman pour son futur. Il y est question de créer la peur pour limiter le banditisme, et que faire pour arriver à ses fins. C’est du déjà-vu, et heureusement que Greg Capullo est derrière les crayons, créant alors une ambiance un peu glauque, car sinon, ce serait la bérézina. Et globalement, il n’y a pas grand-chose à dire de plus autour de cette histoire. C’est maigre, on reste accroché à la lecture grâce à un rythme effréné, mais personne ne prend le temps de poser une vraie intrigue.

Mais le pire dans tout cela reste l’ouvrage en lui-même, et là, la faute n’incombe pas aux auteurs, mais plutôt à l’éditeur, qui y a sans doute vu une poule aux œufs d’or en surfant sur deux licences juteuses. Je n’ai pas pour habitude de critiquer Urban Comics, qui font beaucoup de choix intéressants et propose une gamme variée avec plein de bonus, mais là, on flirte avec l’arnaque. Ce que l’on nous vend est beaucoup trop cher pour le contenu. On se retrouve avec un simple run de 48 planches, puis avec la même histoire, mais en noir et blanc et en anglais, puis une troisième fois en version unplugged crayonnée, avant d’arriver à quelques couvertures originales. C’est très maigre, et on peut ressentir un sentiment de foutage de gueule quant à l’édition proposée. Et quand on sait que la couverture alternative vaut trois euros de plus que la version de base…

Au final, Batman/Spawn 2022 peut s’avancer comme une petite déception. Si la lecture est fluide et rapide, elle nous laisse cependant un arrière-goût d’inachevé, ou tout du moins d’opportunisme pour plaire à un double lectorat. Les enjeux sont minimes, les raisons de la réconciliation aussi stupides que le film de Zack Snyder, et on se demande bien ce qui a pu motiver un tel run, si ce n’est un aspect pécunier. Bref, une histoire bien maigre qui jouit d’un enrobage tape-à-l’œil afin d’attirer le chaland, et à quelque part, ça contribue à rabaisser l’estime que l’on avait pour cette rencontre…

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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