mars 3, 2024

Sous Haute Protection

Titre Original : The Keeper

De : Keoni Waxman

Avec Steven Seagal, Arron Shiver, Luce Rains, Johnnie Hector

Année : 2009

Pays : Etats-Unis

Genre : Action, Thriller

Résumé :

Roland Sallinger est flic à Los Angeles. Pris au piège, il est forcé d’abattre son collègue totalement corrompu. Contraint de quitter la police, il se réfugie au Nouveau Mexique et devient le garde du corps de la fille d’un riche homme d’affaires. Bientôt, la jeune femme est enlevée par des gangsters…

Avis :

On connaît Steven Seagal pour instaurer des conditions de tournage particulièrement difficiles à la production de ses métrages, eu égard à ses caprices, ses élans de violences évoqués par nombre de « collaborateurs ». Cela sans oublier ses ingérences scénaristiques et autres coups bas dont il a le secret. Sa réputation le précède à un point tel qu’elle peut expliquer en grande partie sa progressive déchéance vers des DTV aussi fauchés que ratés. Son travail avec Michael Keusch – ou sabotage, selon le point de vue – est l’exemple le plus probant de ce caractère emporté. Cependant, Steven Seagal s’est distingué par la suite avec de nombreuses productions et réalisations signées Keoni Waxman, dont Sous haute protection constitue l’entrée en matière.

Une fois n’est pas coutume, l’histoire va s’attarder sur le background du protagoniste. À certains égards, l’approche est semblable à la figure de flic incorruptible malmenée dans Échec et mort. Cela vaut pour ce passage par la case hôpital avant d’entamer un processus de rééducation plus ou moins long. Pour autant, ce dernier demeure à peine évoquer et n’esquisse même pas les traumas psychologiques. On se focalise alors sur le flegme habituel de la tête d’affiche. Comme bon nombre d’itérations d’un acabit similaire, le scénario est un prétexte facile et attendu qui n’a d’autres objectifs que d’amorcer la suite des évènements.

« Sorte de Bodyguard du pauvre. »

On s’éloigne sensiblement du propos initial pour se lancer dans un trip de protection rapprochée qui va cahin-caha. Sorte de Bodyguard du pauvre, Sous haute protection multiplie les séquences douteuses où l’on souhaite instaurer une complicité moins paternelle que romantique entre la belle et son protecteur. Cela passe par différentes allusions, des regards langoureux et des silences aussi pesants que gênants. S’ils ne sont pas prédominants au sein de l’intrigue, ces moments ne fonctionnent pas et font clairement tache. En cause, une première rencontre survenue au cours de l’enfance de la principale concernée…

Affublé d’une réalisation digne d’un téléfilm policier du dimanche, Sous haute protection ne possède aucun sens du rythme. On songe à ces échanges sans intérêt, à ces séances de filature ridicules ou à l’évocation du « bon vieux temps » entre vieux baroudeurs. En guise de remplissage, il faut se contenter de sorties noctambules où le premier décérébré venu sert de punching-ball à notre fidèle garde du corps. Même si l’on occulte l’aspect répétitif ou déjà-vu de l’exercice, le résultat est caricatural au possible. Cela sans compter cette fâcheuse propension à multiplier les prétextes fallacieux pour mettre en avant les capacités physiques déclinantes de Steven Seagal.

« Il convient également d’évoquer des fusillades brouillonnes. »

Ce dernier enchaîne quelques coups percutants pour taire les velléités des seconds couteaux avec peu de conviction. Les têtes à claques en question semblent en effet ne pas assimiler le rapport de force en leur défaveur ou leur incompétence à renverser la situation malgré leur surnombre. Il convient également d’évoquer des fusillades brouillonnes et mal amenées où l’on tire dans tous les sens, sans vraiment distinguer qui est la cible ou le camp auquel elle appartient. Mention spéciale au dernier règlement de compte au cœur de l’hacienda où la gestion des espaces est contradictoire par rapport à la perspective des lieux.

Au final, Sous haute protection se situe dans la moyenne des DTV d’action de Steven Seagal. Autrement dit, une production laborieuse, attendue au possible et sans grand intérêt, y compris pour les amateurs de l’acteur ou du genre lui-même. Keoni Waxman exploite à fond l’image du héros indestructible et incorruptible avec un ton assumé. Toutefois, il en ressort une caricature grossière qui multiplie les péripéties et les confrontations sans craindre un quelconque danger. Alourdi par de nombreuses longueurs et invraisemblances, on assiste une pénible itération qui ne retient guère l’attention, pas même en tant que divertissement de troisième zone.

Note : 07/20

Par Dante

Une réflexion sur « Sous Haute Protection »

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