mars 3, 2024

Haunt – Beautiful Distraction

Avis :

On pourrait croire que le Heavy est un genre un peu désuet et qu’il n’attire pas vraiment les jeunes, préférant aller vers des styles un peu plus violents, ou plus ouverts à des mélanges incongrus (Metalcore, Deathcore, etc…). Pourtant, de nombreux jeunes groupes émergent chaque année et proposent un Heavy à la fois classique, mais qui n’hésite pas à apporter un élan de fraîcheur et de nouveauté. C’est le cas de Haunt, fondé par Trevor William Church, qui peut se voir, depuis 2020, comme un One Man Band. En effet, fils et neveu de musiciens jouant dans divers groupes connus, le jeune homme s’est lancé dans l’aventure de manière frénétique, proposant parfois plusieurs albums en une seule année. Haunt, c’est du Heavy rapide, à l’image des albums sortis, qui dépassent parfois difficilement la demi-heure d’écoute. Beautiful Distraction est le sixième effort studio de l’artiste.

Troisième album où Trevor William Church officie tout seul sur tous les instruments, Beautiful Distraction ne déroge pas vraiment à la règle que s’est fixé le frontman, c’est-à-dire un effort court et concis, qui propose une dizaine de titres Heavy qui sont rapides, mais n’oublient pas pour autant une belle technique, notamment à la guitare. Ceci étant dit, cette sixième galette est la plus longue de toute la discographie du groupe, avoisinant, à deux minutes près, les quarante minutes. Cela est dû à trois titres qui dépassent les quatre minutes, et démontre que le jeune homme peut proposer des pistes plus longues qu’à l’accoutumée, et cela fonctionne. Beautiful Distraction entame de très belle façon l’album, avec un riff addictif et un refrain qui reste un long moment en tête. On retrouve d’ailleurs ses petits chaussons pour qui a déjà écouté du Haunt.

En effet, la production reste assez moyenne, avec une voix qui semble un peu étouffée, laissant alors plus de place aux instruments et aux moments instrumentaux. On retrouve dès lors une sonorité connue, où il semble que deux guitares se répondent dans un joli écho. Le titre est donc plutôt réussi, et il présente une rythmique qui donne rapidement envie de bouger dans tous les sens. Néanmoins, avec le deuxième morceau, In Our Dreams, on va voir apparaître une légère redondance, notamment dans la construction du titre. Si les riffs et la mélodie sont différents, on va retrouver une structure identique, avec un refrain qui répète le titre de la chanson, sans essayer d’apporter quelque chose de plus. On retrouve d’ailleurs un travail quasi similaire à la batterie, et c’est dommage. Rien de bien alarmant non plus, la technique faisant que l’on prend plaisir à l’écoute.

Fortunes Wheel marquera un peu moins les esprits. Le titre est plutôt sympathique, mais il lui manque une mélodie qui reste en tête et qui s’accroche. Il y a trop de nappes pour vraiment marquer, et on se perd un peu dans ce morceau. Heureusement, Face of Danger sera plus remarquable, avec un riff imparable et une volonté de percuter l’auditeur. Les grattes sont plus saturées et on retrouve une verve que l’on avait un peu perdu auparavant. Le bon travail se poursuit d’ailleurs avec Sea of Dreams, qui s’octroie même le petit plaisir d’une introduction au clavier, donnant une aura nouvelle au titre. Là encore, la rythmique est rapide, et on sent que le chanteur veut en mettre plein les oreilles. Puis Keeping Watch va faire redescendre un peu le soufflé. Le titre est plaisant, mais il lui manque le petit truc en plus pour nous emballer.

Imaginary Borders sera un bon moment de Heavy. Outre une nouvelle (trop) courte introduction au clavier, on aura un bon gros riff qui viendra nous cueillir, et le refrain, avec un chant qui se répond, restera un long moment en tête. De plus, les quelques petits solos qui parsèment le morceau sont très appréciables. Il est dommage qu’avec A Fool’s Paradise, les choses retombent un peu, la faute à un titre générique, très sympathique, mais qui manque un peu de moments marquants. Hearts of Fire viendra rehausser la barre, avec un titre Heavy en diable et une rythmique effrénée. Il y aura même un petit côté old school fort plaisant là-dedans. Enfin, l’album se clôture avec It’s in my Hands qui, sans être incroyable, termine de façon honorable l’album, donnant envie d’y retourner pour un nouveau tour.

Au final, Beautiful Distraction, le sixième album de Haunt, est peut-être l’un des meilleurs du groupe. Un peu plus long que d’habitude, l’opus propose des titres nerveux, rapides, et qui prônent une superbe technique à la guitare. Restant dans un Heavy assez classique, tout en y apportant une touche de modernité, on sent que Trevor William Church fait les choses sérieusement, offrant un boulot de stakhanoviste assez incroyable. Bref, un bon album, même s’il lui manque le hit en puissance.

  • Beautiful Distraction
  • In our Dreams
  • Fortunes Wheel
  • Face of Danger
  • Sea of Dreams
  • Keeping Watch
  • Imaginary Borders
  • A Fool’s Paradise
  • Hearts of Fire
  • It’s in my Hands

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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