juillet 15, 2024

Jackie Chan dans le Bronx

Titre Original : Rumble in the Bronx

De : Stanley Tong

Avec Jackie Chan, Anita Mui, Bill Tung, Francoise Yip

Année : 1995

Pays : Hong-Kong, Canada

Genre : Action, Comédie

Résumé :

Keung arrive de Hongkong pour assister au mariage de son oncle à New York et participer à l’affaire familiale. Quelle n’est pas sa surprise quand il découvre que les bureaux de la famille sont situés dans le Bronx! Il se retrouve aux prises avec une redoutable bande de motards et, pris au milieu d’une guerre de gangs, il va démontrer aux habitants du quartier qu’il est un maitre absolu en arts martiaux.

Avis :

Si la carrière de Jackie Chan débute pleinement dans les années 70, il lui faudra beaucoup plus de temps pour conquérir le marché américain. Alors en plein essor dans les années 80, l va enchainer les projets zinzins, peaufinant alors son art martial, et jouant avec des cascades dangereuses qu’il réalise lui-même. Et entre deux épisodes de la saga Police Story, il va être le héros d’un film qui portera son nom dans le titre français, à savoir Jackie Chan dans le Bronx. Réalisé par Stanley Tong avec qui il a déjà fait des collaborations, notamment pour Police Story 3 et Supercop 2, Jackie Chan va se faire plaisir dans cette comédie d’action se déroulant à New York. Et au-delà de la simple comédie potache avec de rudes combats, c’est aussi grâce à ce film que les portes d’Hollywood vont s’ouvrir pour lui.

Pourtant, ce n’est pas grâce à son scénario que le film brille. Ici, on va suivre Keung, un jeune chinois qui arrive dans le Bronx, chez son oncle, car ce dernier se marie. Sur place, il va aider au bon fonctionnement du magasin alimentaire de son tonton, puis il va faire quelques connaissances. Il va aussi s’embrouiller avec un gang de voyous, qui vont alors saccager le magasin et le laisser pour mort dans une impasse. Réglant ses comptes, Keung se retrouve impliqué, bien malgré lui, dans un conflit qui oppose le gang de voyous à une mafia plus violente, qui va prendre en otage les amis de Keung. Avec l’aide de la police, le jeune chinois va alors faire parler la justice, et les poings. Le scénario est donc relativement simple à suivre, avec un récit d’accumulation, jusqu’à un affrontement final assez dantesque.

« Jackie Chan s’en donne à cœur joie. »

Car s’il y a bien une chose sur laquelle on ne peut rouspéter, c’est la générosité du film en matière d’action. C’est bien simple, dès le démarrage, c’est nerveux, il y a de la baston à tous les coins de rue, et Jackie Chan s’en donne à cœur joie. Que ce soit en s’entrainant sur un mannequin, ou en affrontant directement une bande de loubards dans un magasin, on va en avoir pour notre argent. De plus, chaque affrontement est bien chorégraphié, l’acteur jouant sans cesse avec les éléments du décor. Il y a une vraie envie de fournir un film qui castagne, qui ne s’arrête jamais, et qui va même trouver des moments impressionnants. La longue bagarre dans le quartier général des voyous est vraiment bien foutue, et la séquence finale, avec l’immense hovercraft dans les rues de New York montre une certaine ambition.

Une ambition que l’on peut retrouver dans la mise en scène de Stanley Tong. Jackie Chan dans le Bronx est loin d’être un petit film d’action mineur, comme on pourrait le supputer avec un tel titre. Ici, la réalisation fait le pari de ne pas trop être surcutée, afin de laisser plus d’envergure aux cascades, et de montrer les talents innés de Jackie Chan. Et chaque combat est millimétré afin de donner un aspect visuel propre et impressionnant. La scène dans le parking est aussi bien fichue, avec un côté dramatique fort. On ressent la peur du héros, qui est en danger de mort face à une horde de balourds qui agissent par jalousie et esprit de vengeance. Et la dernière grande séquence, celle avec le bateau, démontre cette envie de montrer aux américains que même les chinois savent faire de gros films qui dépotent.

« Il y a tout de même un peu de fond dans cette comédie d’action. »

Le seul défaut que l’on pourrait reprocher au film, c’est d’être maladroit sur sa partie comédie. Car oui, Jackie Chan dans le Bronx contient quelques passages humoristiques qui ne sont pas toujours réussis. On peut penser à la romance entre le héros et la favorite du chef de gang, ou encore au tout dernier plan, qui signe l’arrestation du chef mafieux de façon presque gagesque, et cela manque d’impact. Surtout lorsqu’on fait face à un vrai tueur de sang-froid. Et cela sans parler de la destruction du magasin, qui se termine sur un caprice de la propriétaire, alors assise sur ses toilettes. Il y a une vraie dichotomie au sein du film, qui se fait sérieux dans son sujet et son action, mais qui sombre ensuite dans un humour pataud et naïf, qui semble écrit par un enfant de huit ans.

Cependant, pour en revenir à l’écriture (et si l’on excepte le côté comédie burlesque), il y a tout de même un peu de fond dans cette comédie d’action. Car si les voyous du début sont complètement cons et irresponsables, le film va montrer que parfois, il y a toujours pire, et qu’il faut se méfier des apparences. Les plus grands méchants sont ceux en costume, ceux qui ont déjà de l’argent, et qui veulent profiter de la bêtise des petits gangs, qui ne veulent finalement qu’exister et vivre la belle vie. Le film essaye de mettre une petite réflexion là-dessus, et ce n’est pas désagréable, tout comme il prouve que l’union fait la force dans le dernier quart du film. On regrettera alors seulement quelques ellipses temporelles qui permettent au long-métrage de ne pas trop durer longtemps, mais qui manquent parfois de subtilité.

Au final, Jackie Chan dans le Bronx est un très bon film qui va permettre à son acteur principal d’entrer dans le cinéma américain et de faire ses premiers pas trois ans plus tard dans Rush Hour. Film d’action rondement mené qui n’ennuie pas une seule seconde, bourré de cascades et bagarres en tout genre démontrant le talent de son comédien, on regrettera seulement un humour parfois mal dosé, et quelques ellipses qui gâchent un peu la fête. Mais globalement, on fait face à un divertissement de qualité, qui passe trop vite.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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