mars 3, 2024

Lionheart – The Reality of Miracles

Avis :

Il arrive que parfois, on passe à côté de certains super-groupes sans vraiment le savoir. Et quand on parle de super-groupes, ce n’est pas forcément un groupe qui fait de la bonne musique, mais un regroupement de musiciens de diverses autres formations, qui décident de jouer ensemble. Les exemples sont nombreux, à l’instar de Chickenfoot et Them Crooked Vultures. C’est par exemple le cas de Lionheart, un groupe britannique qui s’est formé dans les années 80, ne sortant qu’un album avant de se séparer. Pourtant, il y avait du beau monde dedans, à commencer par Dennis Stratton, ancien guitariste d’Iron Maiden, ou encore Steve Mann qui joue pour Michael Schenker. Et allez savoir pourquoi, le groupe décide de se reformer trente ans après leur séparation, changeant un tantinet le line-up, pour nous servir de nouvelles galettes, dont The Reality of Miracles est le dernier né.

Alors autant le dire de suite, le style de Lionheart n’est pas vraiment notre came. Le groupe a beau avoir des membres de formations Heavy, voire Métal, ce ne sera pas la même musique ici. En effet, les anglais proposent un AOR typique, ou un Hard Rock mélodique comme on peut aussi l’appeler. Autrement dit, un genre qui a le cul entre deux chaises, qui ne va jamais vraiment à fond dans le gros riff, et qui s’acclimate bien trop avec un clavier omniprésent quia doucit l’ensemble. Bref, un genre sirupeux qui a ses fans, mais qui nous laisse souvent circonspect. Une sorte de rock à papy, où de sexagénaires évoquent leurs histoires de coucherie, ou se remémorent le bon temps avec de jolies nanas. Difficile de faire plus ringard, et Lionheart n’échappe pas à cette règle, offrant avec cette galette un truc gentiment désuet.

Après une introduction qui ne sert à rien avec Salvation, le groupe nous gratifie d’un titre mou du genou, qui ne donne pas vraiment envie de continuer l’écoute. Thine is the Kingdom se contente d’un vieux mid-tempo timide et d’un refrain d’une rare ringardise, qui donne juste envie de passer à outre chose. Et que dire de ce clavier typique des années 80 qui enrobe le tout d’une sonorité vieillotte et sans intérêt. High Plains Drifter nous réveillera un peu, mais on restera tout de même dans l’attente d’un truc plus pêchu. Ici, la ligne de basse rythme un peu le titre, qui ressemble à un morceau des années 80, mais avec un côté jovial et dansant qui n’est pas désagréable. Sauf que bon, on est en 2020 quand l’album sort et si l’on laisse de côté l’aspect revival, ça n’apporte strictement rien.

Et là, le groupe de nous balancer The Reality of Miracles, certainement le plus mauvais titre de l’album. C’est long, c’est mou, c’est cliché au possible, et on ne ressentira strictement rien. Dur pour un morceau qui voulait pourtant se faire doucereux et attendrissant. Heureusement que Five Tribes vient sauver l’ensemble d’un désastre annoncé. Ici, le titre est nerveux, on entend enfin les guitares s’exprimer, ainsi que le batteur qui s’amuse un peu plus. On entend tout le potentiel des musiciens qui jusqu’à présent était en mode veille. Cette joie sera de courte durée, puisque Lionheart décide de balancer une ballade par la suite avec Behind the Wall. Encore une fois, l’ennui s’invite et on va rapidement se rendre compte que le groupe ne propose rien de vraiment engageant. On a cette sensation que le groupe a mal vieilli et est resté coincé dans les années 80.

Et par la suite, les choses ne vont pas s’arranger avec All I Want is You (et non pas for Christmas, au secours !) et Widows, deux morceaux d’une platitude crasse, qui n’offrent rien de bien mirobolant. Néanmoins, la suite sera un peu plus réjouissante, notamment parce que la formation va offrir quelques élans plus nerveux, servis avec des inclusions malines. Kingdom of the East prendra presque des airs orientaux, ce qui sera intéressant, puis Outlaws of the Western World possédera un côté Rock assumé, qui fera plaisir à entendre. Comme quoi, quand les anglais veulent se bouger le cul, ils arrivent à faire de bonnes choses. Overdrive prendra des airs de The Who dans sa mélodie, ce qui est une belle comparaison. Alors que The First Man aura des riffs plus incisifs, et donc plus plaisant. Seul le dernier morceau sera en dessous de cette dernière partie.

Au final, The Reality of Miracles, le dernier album de Lionheart, ne fait pas vraiment de miracles. On végète dans un AOR sirupeux et pénible, qui ne réserve que trop de peu de surprises. Si la seconde moitié de l’album se révèle plus agréable à l’écoute que le début, on reste tout de même dans un Hard Rock mélodique pour papy, vivant dans un souvenir coquin, à l’époque où ça baisait dans le moindre recoin. Bref, un truc vieux avant l’heure, et qui ne propose aucune nouveauté, ou si peu…

  • Salvation
  • Thine is the Kingdom
  • High Plains Drifter
  • The Reality of Miracles
  • Five Tribes
  • Behind the Wall
  • All I Want is You
  • Widows
  • Kingdom of the East
  • Outlaws of the Western World
  • Overdrive
  • The First Man
  • Still it Rains Planet Earth (Lacrimosa)

Note : 10/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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