mai 28, 2024

Sadus – The Shadow Inside

Avis :

Lorsque certains groupes ont des accointances avec d’autres formations plus connues, cela peut donner deux cas de figure. En premier, la réputation de l’un va faire la réputation de l’autre, les deux groupes travaillant dans une sorte d’osmose idéale. En second, le premier groupe fait de l’ombre à l’autre, qui reste une formation pour les amoureux du genre. C’est un peu le cas de Sadus, groupe américain formé dans les années 80 avec des membres de Testament. Cependant, ce dernier a pris beaucoup plus d’ampleur, scellant presque le sort de Sadus, qui se séparera en 2015, avant de renaître de ses cendres deux ans plus tard sous la forme d’un duo. The Shadow Inside est donc le premier album de Sadus nouvelle génération, mais il s’agit en fait du sixième effort studio du groupe. Un effort relativement réussi, qui officie dans un sous-genre très particulier.

Car oui, si Sadus (ce nom provient d’un peuple dans le roman Dune de Franck Herbert) a commencé en faisant du Death avec quelques élans Thrash, aujourd’hui, les américains se revendiquent dans la mouvance Technical Thrash Metal. Il faut entendre par là des rythmiques qui tabassent vite et fort, mais avec des riffs de gratte complexes, jouant alors des solos de fou furieux. Et The Shadow Inside est exactement dans ce sous-genre. Le premier titre, First Blood, est relativement long et il s’abroge de certaines règles comme des breaks qui font croire que le morceau est fini, alors que le groupe part dans un autre délire, avant de revenir à une mélodie entendue au départ. C’est malin et démontre les idées novatrices que peut avoir la formation qui essaye de changer un peu les codes. Même si on reste dans du métal tout ce qu’il y a de plus pur.

Point de chant clair ici, on est dans une partition aigue qui s’allie parfaitement avec le style. Le groupe ne fait pas dans la dentelle, et même si la plupart des morceaux sont longs, c’est pour mieux nous asséner des coups de massue dans le crâne. Scorched and Burnt n’est pas là pour nous caresser dans le sens du poil, et après une introduction qui semble provenir de chez Megadeth, on va avoir un excellent riffing et une envie d’en découdre. Le refrain est marqué par une violence exaltante, et globalement, on prend un pied monstre face à ce titre. Comme sur It’s the Sickness, morceau plus court, plus concis, mais qui balance la sauce à tout va. Il y a un vrai choix de faire des riffs décousus, mais l’ensemble se rattrape toujours sur les moments sans parole. C’est un vrai plaisir d’écoute, et il y a une intelligence dans la compo qui fait toute la différence.

Puis Ride the Knife ne va pas commencer à faire dans la dentelle. On se prend cinq minutes de gros pavés dans la tronche, avec une accélération progressive qui va nous cueillir petit à petit. Encore une fois, le groupe fait preuve d’un gros savoir-faire, et les élans un peu punks de la batterie font tout le travail. Et même Anarchy, qui peut presque se voir comme un interlude, envoie salement le pâté sans une once de douceur ou de calme. The Devil in Me sera dans le même moule que les autres titres, balançant une grande violence dans les riffs, mais trouvant toujours des passages techniques fortiches qui viennent nous cueillir. Et que dire de la fin qui est tout simplement dantesque, avec un passage technique qui est magistral, emportant tout sur son passage. En abordant Pain, ce ne sera pas la même tambouille.

Si le titre est toujours aussi réussi, il est aussi plus « calme » que le reste. On est toujours sur du Thrash qui défouraille, mais c’est un peu moins dense, notamment au niveau de la densité des grattes. Mais cela reste toujours du très haut niveau technique. No Peace va aller beaucoup plus vite, et même si on n’égale toujours pas l’aspect mastodonte de The Devil in Me, on reste dans un ouvrage solide et qui nous emport facilement. Puis New Beginnings va être l’introduction de The Shadow Inside, long morceau qui viendra nous mettre une grosse calotte derrière la nuque. La maîtrise est parfaite, le groupe ne baisse jamais de régime, et on en redemande. Très clairement, ce titre est un exemple de Technical Thrash, et il donne tout simplement envie de reprendre une bonne lampée de cet album.

Au final, The Shadow Inside, le dernier album en date de Sadus (qui signe ici sa résurrection) est une excellente galette qui force le respect. Les américains, sous la forme d’un duo, reviennent plus en forme que jamais, et avec en prime des idées novatrices pour un genre qui parfois s’enlise dans la facilité et la violence. Ici, il y a toujours un bon break, un gros solo ou encore des arrangements qui font toute la différence, et on prend un plaisir monstre à écouter cela.

  • First Blood
  • Scorched and Burnt
  • It’s the Sickness
  • Ride the Knife
  • Anarchy
  • The Devil in Me
  • Pain
  • No Peace
  • New Beginnings
  • The Shadow Inside

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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