mai 25, 2022

Red Hot Chili Peppers – Unlimited Love – Trop d’Amour?

Avis :

Parmi les albums de rock alternatif qui ont le plus compté ces dernières années, on peut facilement citer Californication des Red Hot Chili Peppers. Il faut dire qu’à l’époque, les américains ont su frapper fort au bon moment, et l’effort est une succession inédite de tubes et de belles réussites techniques. Bien évidemment cela est dû en partie à John Frusciante, guitariste de génie qui a toujours voulu faire partie du groupe, mais qui s’est grandement autodétruit. A un tel point qu’il a dû partir en cure de désintox plusieurs fois, et même avoir des greffes de la peau et de nouvelles dents, suite à sa grosse consommation de drogue. Cela l’a écarté du groupe, qui s’est peu à peu vautré dans la facilité et dans un Pop Rock très décevant. Avec Unlimited Love, le groupe compte bien revenir sur le devant de la scène, avec le retour du guitariste.

Et cet évènement sera marqué par le premier titre, Black Summer, qui surfe sur les réminiscences de Californication. Tout y est, allant même de plusieurs solos et d’un refrain qui fonctionne relativement bien. Cependant, le public semble moins crédule et les américains vont devoir cravacher sévère pour retrouver l’étincelle qui avait peu à peu disparu. En abordant Here Ever After, la formation retrouve un peu de nouveauté, mais ce n’est pas grâce à Frusciante, mais plutôt grâce à Flea et sa basse magique. Avec un sens du groove comme jamais, le type insuffle un véritable rythme en frappant ses cordes, et on se retrouve face à un titre assez groovy et assez plaisant. Mais c’est clairement avec Aquatic Mouth Dance que l’on va réentendre l’essence même des Red Hot. Flea fait des merveilles avec un sens inné de la mélodie et l’ensemble claque bien, donnant une bonne envie de danser.

D’ailleurs, on peut clairement dire que l’album se sauve grâce aux diverses prestations du bassiste, qui assure sur toutes ses partitions. On peut évoquer l’aspect très funky de Poster Child, avec la guitariste de John Frusciante qui se fait lancinante, et la basse qui claque avec délectation. Le refrain fonctionne aussi, et ce malgré le chant fragile d’Anthony Kiedis, qui n’a jamais été un grand vocaliste. En parlant de guitare, il faut noter quelques passages fort appréciables, à l’image de The Great Apes, qui renoue avec un rock langoureux, ou encore The Heavy Wing qui possède un vrai refrain puissant dans lequel on retrouve un Frusciante un peu plus nerveux que d’habitude, ce qui fait du bien à entendre. Sans oublier le côté reggae de Let’Em Cry, qui se révèle efficace à défaut d’être original. Bref, il y a de nombreuses références dans cet album, qui sont parfaitement digérées.

Malgré tout, est-ce que cela suffit à en faire un excellent album ? Bon et sympathique, oui, assurément, mais on va vite se rendre compte que Unlimited Love souffre de plusieurs carences. Et la toute première provient d’un début difficile, avec une propension à la redondance. Le rythme est toujours le même et on sent que les américains ressassent une recette qui commence à sentir mauvais. Not the One se veut une ballade sensuelle, mais il n’en ressortira que de l’ennui. Tandis que It’s Only Natural va utiliser la même rythmique, mais avec Flea qui va taper un peu plus fort sur ses cordes. On restera dans l’expectative que l’ensemble décolle vraiment, ce qui n’arrivera jamais. She’s a Lover tentera de nous réveiller, mais restera un morceau bateau et sans aucune surprise. Tenant même parfois de la comptine pour enfant dans son refrain.

Mais ce n’est pas tout. S’il faut noter quelques morceaux qui ne sont pas terribles (on peut y ajouter les transparents 11 Bastards of Light ou White Braids & Pillow Chair), ou tout du moins qui ne marquent pas, on se retrouve aussi avec un surplus de titres inutiles. Dix-sept morceaux pour un seul album, c’est bien trop, surtout avec des titres qui manquent de personnalité et de verve. On peut comprendre que les américains ont voulu marquer un grand coup, surtout avec le retour de leur guitariste culte, mais ils ont été incapables de faire des choix et des coupes dans la setlist et cela se ressent. Difficile de ne pas sentir un ennui poli via certains morceaux (coucou One Way Traffic).

Au final, Unlimited Love, le dernier effort des Red Hot Chili Peppers, est un album qui possède de très bons atouts, et pour lequel on ressent une profonde sympathie. Certains titres font mouche, on ressent un savant mélange entre l’époque de Californication et le nouveau Red Hot. Néanmoins, entre un surplus de chansons et des titres complètement transparents, il est difficile de trouver complètement son compte avec cet effort, certes plaisant, mais pas aussi percutant que voulu. Mais c’est toujours mieux que les efforts précédents, et rien que pour ça, ça vaut le coup d’oreille.

  • Black Summer
  • Here Ever After
  • Aquatic Mouth Dance
  • Not the One
  • Poster Child
  • The Great Apes
  • It’s Only Natural
  • She’s a Lover
  • These are the Ways
  • Whatcu Thinkin’
  • 11 Bastards of Light
  • White Braids & Pillow Chair
  • One Way Traffic
  • Veronica
  • Let’Em Cry
  • The Heavy Wing
  • Tangelo

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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