juin 23, 2024

Barbie

De : Greta Gerwig

Avec Margot Robbie, Ryan Gosling, America Ferrara, Ariana Greenblatt

Année : 2023

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Aventure

Résumé :

A Barbie Land, vous êtes un être parfait dans un monde parfait. Sauf si vous êtes en crise existentielle, ou si vous êtes Ken.

Avis :

Réalisatrice américaine, Greta Gerwig est tout d’abord une danseuse de formation, qui est venue petit à petit au cinéma par la voie de l’acting. Très jeune, elle va jouer dans des comédies musicales et c’est en 2007 qu’on voit pour la première fois Greta Gerwig dans un film, l’actrice ayant rencontré le réalisateur Joe Swanberg, celui-ci lui confie le premier rôle de son film « Hannah Takes the Stairs« . S’ensuit alors une bien belle filmographie où l’on croise des noms tels que Ti West, Ivan Reitman, Whit Stillman, Woody Allen, Barry Levinson ou encore Noah Baumbach. En parallèle de cette carrière, très vite, Greta Gerwig a des envies de réalisation, et si son premier film, « Nights and Weekends« , réalisé en 2008, passe sous les radars, c’est bien son deuxième film, « Lady Bird« , réalisé en 2018, qui l’a fait grandement remarquer.

Pour ma part, je n’avais pas plus aimé que ça « Lady Bird« , qui était le seul film pour l’instant que j’avais vu de la cinéaste. Après s’être arrêté sur « Les filles du Docteur March« , voici que la réalisatrice la plus en vogue de Hollywood nous revient cette année avec un projet des plus curieux, « Barbie« . Un projet qui attise même encore plus la curiosité puisqu’il se trouve que « Barbie » est ce que l’on pourrait appeler le succès de l’été, le film dépassant le milliard, et avec ça, il est emporté par un bon bouche-à-oreille.

«  »Barbie » se pose comme une très bonne surprise. »

Comédie, parodie, comédie musicale, drame touchant, film critique qui s’aventure même sur les sentiers du film méta, pamphlet féministe réussi, ce « Barbie » est bel et bien la bonne surprise de l’année, osant se faire plus profond qu’il n’en avait l’air, même si toutefois, il demeure derrière tout ceci un côté cynique, notamment autour de Mattel, dont le film se moque mais il sait que même en se moquant de la marque, ça va lui rapporter beaucoup d’argent. Mais face à cela, le film nous offre un casting en or et une réalisation inspirée de la part de sa réalisatrice, ce qui fait qu’on passe un très bon moment en compagnie de ces Barbie et leurs Ken.

À Barbieland, pays qui existe dans une réalité assez proche de la nôtre, tout, absolument tout, est parfait. Parmi toutes les Barbie qui vivent ici, il y a la Barbie des Barbies, la Barbie Stéréotypée. Ici, elle est la plus belle, la plus parfaite. Mais un jour comme les autres, ne sachant pourquoi, cette Barbie-là commence à penser à la mort, et d’un coup, elle a les pieds plats… Pire encore, elle a de la cellulite. Que se passe-t-il ? Pour avoir des réponses à ses questions, elle a recours à Barbie Bizarre, et cette dernière lui apprend qu’elle doit aller dans le vrai monde afin de retrouver la petite fille qui jouait avec elle… Cette aventure va alors se révéler être plein de surprises très très inattendues…

L’idée de faire un film sur Barbie remonte à 2009, et avant que le film ne soit donné à Greta Gerwig, il en a connu des rebondissements, et je pense que personne ne s’attendait à ce que le film soit une telle réussite, surtout au box-office. Beaucoup diront que derrière le bon bouche-à-oreille, le film jouit surtout d’un effet de curiosité, mais le résultat est là, et « Barbie » se pose comme une très bonne surprise.

«  »Barbie » surprend de par sa richesse. »

Pour aborder Barbie, Greta Gerwig aurait très bien pu faire un biopic classique qui raconterait la naissance de l’iconique poupée, mais avec son complice de toujours, Noah Baumbach, qu’on retrouve au scénario, Greta Gerwig a eu une autre idée pour parler et raconter Barbie, et cette idée est la très bienvenue.

Ici, ce « Barbie » se pose comme une aventure, avec un parcours initiatique pour prendre son indépendance. Avec cette idée de Barbieland et de faire quitter ce pays à Barbie (et Ken) pour le vrai monde, Greta Gerwig s’aventure dans une histoire qui regorge d’idées et de sujets intéressants. Doté d’un scénario riche et construit, « Barbie » surprend de par sa richesse, car le film se pose aussi bien comme un divertissement loufoque et coloré, qu’un drame plus profond que ça, qui aborde le combat entre le féminisme et le patriarcat. Gerwig et Baumbach abordent bien ce sujet, et ils le font de manière intelligente, sans véhémence aucune, même si le film sait se faire très critique envers la société de consommation et le capitalisme.

D’ailleurs, même si ça reste bien fait, que c’est souvent drôle et que ça pousse à la réflexion, il y a quand même un côté cynique qui dérange quelque peu, avec cette idée de ridiculiser et pointer du doigt les méthodes de management de Mattel, tout en offrant un produit, avec ce film, qui va rapporter énormément. À plusieurs reprises, au gré du film, cette idée est mentionnée. Exemple, la Barbie Normale, ou encore les Barbies qui ont été créées par le passé… Bref, ce côté-là navigue sur une drôle de frontière. Puis avec ça, sur ses dernières minutes, le film s’en va encore ailleurs, avec une dernière idée qui pousse la frontière entre le personnage, le jouet, la poupée et sa création encore plus loin, cette dernière idée imprévue amène quelque chose de franchement intéressant.

«  »Barbie » est un film qui a compris ce qu’il est ,et sa metteuse en scène s’amuse avec son concept. »

Avec tout cela, « Barbie » a encore beaucoup d’autres éléments qui séduisent, amusent et touchent, à commencer par la réalisation de Greta Gerwig qui est pleine d’idées, et qui offre un film sacrément coloré, en plus d’être une bonne comédie, qui tient très bien son univers. Si les scènes où Barbie se trouve dans le vrai monde demeurent sympathiques, le film de Greta Gerwig en devient génial lorsque l’on est à Barbieland. Décors, costumes, idées, déplacements, hiérarchie, conception de la ville, de sa plage, de ses maisons, « Barbie » est un film qui a compris ce qu’il est ,et sa metteuse en scène s’amuse avec son concept, avec cette idée de jouet. Ici, à plus d’une reprise, il y a quelque chose de l’enfance qui émane de l’ensemble, Barbieland aurait très bien pu être dessiné par un enfant par exemple.

Toujours du côté de sa réalisation, Greta Gerwig essaie plein de choses, approchant plusieurs genres, mélangeant la comédie, l’absurde, le loufoque, la comédie dramatique, ou encore plus étonnant, la comédie musicale, avec plusieurs séquences aussi amusantes qu’elles sont bien mises en scène. On notera aussi les petites références et clins d’œil à la pop culture, qui sont savoureusement parsemés.

Enfin, « Barbie« , c’est un très bon casting, avec une Margot Robbie excellente et surprenante dans la peau de cette poupée qui petit à petit change, et prend conscience de tout un tas de choses. Avec elle, pour la soutenir, ou la contrarier, ou encore faire les deux à la fois, on trouve un Ryan Gosling hilarant en Ken qui a besoin de s’exprimer. Après, reste une petite déception, car face à la myriade d’acteurs et d’actrices qu’on croise, hormis le personnage incarné par America Ferrera, peu sont développés et bien souvent, ce ne sont que de petits, tout petits, rôles, voire même que des caméos.

Ainsi, avec tout ça, « Barbie » de Greta Gerwig se pose comme la surprise de cet été 2023. Sorte de bonbon acidulé dont on a adoré le goût, même si parfois, il pique un peu, « Barbie » nous sort de ce que l’on a l’habitude de voir, et tout en étant une bonne comédie divertissante, pop, colorée et délirante, « Barbie » sait soulever ses sujets et les traite de manière intelligente, avec profondeur et émotions.

Note : 16/20

Par Cinéted

Une réflexion sur « Barbie »

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