décembre 9, 2021

Light of my Life – Casey se Traine

De : Casey Affleck

Avec Casey Affleck, Anna Pniowsky, Elisabeth Moss, Tom Bower

Année: 2020

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame, Science-Fiction

Résumé :

Dans un futur proche où la population féminine a été éradiquée, un père tâche de protéger Rag, sa fille unique, miraculeusement épargnée. Dans ce monde brutal dominé par les instincts primaires, la survie passe par une stricte discipline, faite de fuite permanente et de subterfuges. Mais il le sait, son plus grand défi est ailleurs: alors que tout s’effondre, comment maintenir l’illusion d’un quotidien insouciant et préserver la complicité fusionnelle avec sa fille ?

Avis :

Dans la famille Affleck, aujourd’hui on tire la carte du benjamin de la fratrie, Casey. Casey Affleck est moins connue que son frère Ben, mais pourtant, il est tout aussi talentueux, voire même plus. Acteur magnétique au regard incroyable, Casey Affleck a su très bien choisir ses rôles, et il peut se vanter d’avoir une belle filmographie où se côtoient des noms comme Michael Winterbottom, Gus Van Sant, Scott Cooper ou encore Andrew Dominik, pour ne citer qu’eux. Tout comme Ben Affleck, Casey Affleck se diversifie, producteur, monteur, scénariste et même réalisateur, car si aujourd’hui nous allons aborder « Light of my life« , il faut savoir que Casey Affleck avait déjà fait parler de lui en tant que réalisateur il y a pratiquement dix ans de cela, quand il a réalisé le faux documentaire « I’m Still Here » qui abordait l’abandon de la carrière d’acteur de Joaquin Phoenix pour se lancer dans le rap.

Après des années sans toucher à une caméra, Casey Affleck nous revient donc en tant que cinéaste et acteur pour nous entraîner dans un film qui, sur le papier, avait bien des arguments pour lui. Malheureusement, ce ne sera simplement que sur le papier, car si l’idée est belle et bonne, à l’image, « Light of my life » est loin de se faire passionnant ou captivant. Avec ce deuxième film en tant que réalisateur, malgré de belles images et au-delà de ça, de bonnes interprétations, Casey Affleck nous laisse de marbre et l’on reste dans l’attente que son récit nous raconte quelque chose qui trouve un but, et surtout qu’il nous embarque auprès de ses personnages.

Il y a une dizaine d’années de cela, le monde a fait face à une maladie étrange qui n’infectait que les femmes. Petit à petit, la civilisation telle que nous la connaissions s’est effondrée et la quasi-totalité de la population féminine a été éradiquée. Dans ce monde-là, un père essaie tant bien que mal de protéger sa fille de douze ans qui par miracle est immunisée. Fuyant ce qui reste de ce monde civilisé, cet homme dérive avec son enfant…

Imaginez une peste ayant tué presque toutes les femmes de la planète. Imaginez alors que dans ce monde-là, un homme, un mari ayant fait une promesse et surtout un père aimant, a une fille de douze ans en pleine santé. Comment la protéger et que peut-il faire face à ce monde sans femme qui a basculé peu à peu ? Voilà la très alléchante idée que Casey Affleck tient pour son deuxième long-métrage dont il est aussi le scénario.

Si l’idée que tient là Casey Affleck est belle et pouvait donner naissance à une très belle œuvre, émotionnelle et puissante, malheureusement, on va très vite déchanter, car finalement, Casey Affleck, hormis le fait d’avoir une bonne idée, ne fera rien avec, ou du moins pas grand-chose. « Light of my life« , c’est « La route » de Hillcoat, mais en soporifique. Le vrai souci, et la grande frustration qu’on a avec le film de Casey Affleck, est que finalement, il ne fait rien avec son idée et son scénario. Certes le film n’en pas totalement raté, on peut même dire que l’intrigue, notamment dans ses flashbacks, réussit sans mal à se faire touchante. Puis Casey Affleck aborde de bonnes questions, comme l’éducation et la relation père/fille dans ce monde si particulier.

Mais une fois qu’on a dépassé ceci, une fois qu’on est allé gratter plus loin, plus haut, il n’y a rien et « Light of my life » est un film qui ne raconte pas grand-chose, si ce n’est la dérive d’un père et sa fille, dans l’espoir d’échapper à ce monde ou du moins de s’en protéger. Casey Affleck n’arrive jamais à faire décoller son film qui finit par enchaîner les scènes et les discussions qui se ressemblent. Puis Affleck ne va jamais plus loin, il ne transcende jamais son sujet, et résume simplement son intrigue à « il faut fuir », « il faut faire attention », « il faut être méfiant ». Dans un style, d’une intrigue à peu près similaire, John Hillcoat avec « La route » nous avait offert bien mieux, bien plus intense, bien plus prenant. Hillcoat savait où il allait, alors que Casey Affleck nous plonge dedans presque comme ça, et il nous laisse de la même manière, ce qui donne l’impression d’une tranche de vie, mais pourquoi ?

Du côté de la mise en scène d’Affleck, s’il faut bien lui laisser que visuellement parlant, son film est magnifique, on lui reprochera de nous offrir un moment de cinéma assez pauvre en émotion. « Light of my life » aborde parfois assez bien la relation entre ce père et sa fille, mais on ne peut pas dire non plus que Casey Affleck ait rendu son film passionnant, bouleversant ou tendu. Il y aura bien quelques instants plus prenants, mais dans l’ensemble, « Light of my life » demeure plat et routinier, et c’est terriblement dommage.

Si les personnages manquent de profondeur, il faut laisser à « Light of my life » d’être très bien tenu par ses deux comédiens principaux. Si on peut noter un petit rôle pour Elisabeth Moss, il est vrai que l’intérêt du film (même s’il mérite d’être plus intense et développé) reste Casey Affleck qui tient le rôle du père, et Anna Pniowsky dans la peau de Rag. Les deux comédiens fonctionnent très bien ensemble, et même si parfois on s’ennuie, dans le fond, on apprécie les suivre.

Il y avait beaucoup d’idées et d’éléments qui auraient pu faire du second film de Casey Affleck un petit bijou. Malheureusement, si l’idée était belle, Casey Affleck n’en fait pas grand-chose et en plus de se faire longuet, « Light of my life » finit par se faire frustrant, car il lui manque un but et une évolution… Bref, « Light of my life » se pose comme une belle déception…

Note : 08/20

Par Cinéted

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