juillet 20, 2024

Connectés

De : Romuald Boulanger

Avec Nadia Farès, François-Xavier Demaison, Pascal Demolon, Audrey Fleurot

Année : 2020

Pays : France

Genre : Thriller

Résumé :

Un samedi soir pendant le confinement, un groupe de très bons amis se connecte en ligne pour partager un apéritif virtuel. Soudain, l’un d’entre eux est agressé et séquestré en direct par un inconnu sous les yeux de ses amis qui assistent à la scène, impuissants derrière leurs écrans. Ils ne vont pas tarder à découvrir que ce mystérieux inconnu connaît parfaitement tous leurs pires secrets, qu’il compte faire éclater au grand jour les uns après les autres.

Avis :

Avec la pandémie de Covid 19, le monde du cinéma s’est arrêté de tourner en même temps que la planète, et forcément, certaines personnes ont eu du temps pour écrire des scénarios, avec en tête une manière d’exploiter ce phénomène et le confinement. C’est durant cette période que le producteur, acteur, réalisateur Romuald Boulanger s’est mis à écrire Connectés, qui sera alors le premier film français à parler du Covid et du confinement. Pour évoquer cela, le cinéaste choisit d’enfermer ses personnages chez eux, et de suivre l’intrigue à travers un écran d’ordinateur, ou tout un chacun se retrouve pour faire un apéro virtuel. Sorte de thriller teinté de traits comiques, Connectés se voulait imaginatif et original. Malheureusement, Searching et Unfriended sont passés avant, avec une écriture bien plus fine, et une meilleure exploitation de cette technique qui consiste à regarder un écran d’ordinateur.

Le problème avec Connectés provient surtout de son scénario, qui est bancal. Des amis se retrouvent devant leur ordinateur pour un apéro virtuel, et évoquer divers sujets. Le principal est la séparation d’un couple pourtant soudé, avec la « disparition » de l’ex-mari qui n’a laissé de nouvelles à personne. Or, le type en question est invité à cet apéro et se retrouve pris à partie par un inconnu dans un appartement qui n’évoque rien à personne. L’inconnu en question prend alors la caméra et va forcer les invités à dire des vérités inavouables, pour briser cette amitié qui semble bien fragile. Connectés va alors ressembler au film Le Jeu de Fred Cavayé, mais en moins bien, avec des ressorts forcés et des sujets qui sont moins impactants. En fait, on se retrouve face à un film qui n’exploite jamais vraiment sa mise en scène particulière et son écriture.

« l’un des gros points faibles de ce film, c’est qu’il n’exploite jamais sa mise en scène. »

On retrouvera, en premier lieu, le mystère autour de la séparation du couple, qui évoque des non-dits, jusqu’à suspecter une tromperie avec une amie, qui fait partie de la conversation. Romuald Boulanger essaye, vainement, de traiter du couple et de la fidélité, mais il délivre rapidement des pistes pour que l’on comprenne qu’il y a autre chose derrière cela. On n’évitera pas le cas des jeunes parents qui doivent s’occuper des gosses en plein confinement et qui se rendent compte que leurs enfants ne sont pas faciles. Et on retrouvera aussi la compétition au travail, avec une amie qui en trahit une autre pour prendre sa place. Ou encore les moqueries entre copains, qui peuvent mener à une détestation profonde. Bref, des sujets banals qui ne trouvent qu’un faible ressort dans la mise en scène, dont le concept ne sera qu’à peine esquissé.

C’est l’un des gros points faibles de ce film, qui n’exploite jamais sa mise en scène. On aurait pu croire à des recherches d’archives, des passages sur internet, ou encore des moments de piratage, mais il n’en sera rien. Si ça clique sur deux onglets pour retrouver des photos, c’est le bout du monde. Pour le reste, on aura droit à des conversations entre fenêtres, sans aucun mouvement, ou alors avec des incohérences, à l’image de Nadia Farès qui va prendre sa voiture pour aller chercher son ex-mari. De ce fait, l’ennui va rapidement s’installer, faute de suspens et d’une mise en scène qui nous tient en haleine. Le côté thriller, avec ce kidnappeur mystérieux (dont on crame rapidement l’identité) ne tient pas la route, tout comme la fin qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Quelle tristesse…

« Il ne faudra pas compter non plus sur le casting qui s’en bat les noix puissance mille. »

Et il ne faudra pas compter non plus sur le casting qui s’en bat les noix puissance mille. Nadia Farès peine à convaincre dans ce rôle de femme qui a perdu son mari et son job, car elle semble peu atteinte par la situation. François-Xavier Demaison reste égal à lui-même dans un rôle lambda qui se dévoile à la fin, mais qui reste inintéressant. Stéphane de Groodt, d’habitude excellent, se fait littéralement chier dans ce film, avec des répliques fadasses. Pascal Demolon ne sert à rien et son histoire ne tient pas debout. Audrey Fleurot se contente du minimum et arrive à être mauvaise pour jouer la peur et la tension. On n’oublie que Claudia Tagbo joue dans ce film, tant elle est à côté de la plaque. Et Michael Youn viendra nous rappeler à quel point il peut être mauvais acteur quand il est en roue libre, même masqué.

Au final, Connectés est un très mauvais film. Romuald Boulanger n’utilise jamais son concept et délivre un film bavard qui ne possède aucun suspens et tente vainement d’aborder des sujets de société qui n’auront aucun impact. Mou, mal joué par une troupe de comédiens qui sont complètement paumés dans leur rôle, c’est bien beau d’être le premier film français à parler du confinement, mais faut-il faire les choses correctement. Il en résulte alors un ennui du début à la fin, et la maladresse de montrer que parfois encore, pour utiliser de nouveaux concepts, la France est à la traine, surtout quand on voit la qualité d’un Searching

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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