avril 20, 2024

The Marine

De : John Bonito

Avec John Cena, Robert Patrick, Kelly Clarkson, Abigail Bianca

Année : 2006

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Après avoir combattu courageusement pour son pays, John Triton, un Marine, est démobilisé contre son gré. Alors qu’il rentre chez lui, sa femme, Kate, est enlevée par le gang du redoutable Rome… Cette fois, John ne va pas se battre pour son pays, mais pour sauver celle qui compte le plus dans sa vie.

Avis :

Par des concours de circonstances plus ou moins étranges (et opportuns), le monde du catch est étroitement lié à celui du cinéma. Sans doute est-ce dû à cette propension indéfectible pour le spectacle ou la mise en scène des affrontements. Toujours est-il qu’on a eu droit à bon nombre d’exemples de combattants qui ont entamé une reconversion plus ou moins réussie. En ce sens, les années 2000 ont marqué le pas dans ce domaine. Si l’on songe au succès de Dwayne Johnson, les productions WWE Studios ont donné également leur chance à d’autres figures incontournables. On peut évoquer Adam Copeland, Steve Austin, Dave Bautista ou, en l’occurrence, John Cena qui est la tête d’affiche de The Marine. Un titre ô combien significatif !

À l’issue d’un générique qui fleure bon le patriotisme exacerbé et expose de manière ostensible l’amour pour la bannière étoilée, le métrage ne s’embarrasse guère de préambule. Pour paraphraser le protagoniste : « On fonce dans le tas ». Par la suite, ce leitmotiv ne se démentira guère. La brève incursion en Irak a pour vocation de susciter la fibre guerrière du spectateur, de véhiculer des clichés faciles entre deux massacres d’un bataillon par un seul homme. Soit dit en passant, ce dernier ferait passer l’Übermensch pour un gringalet qui n’a pas encore fait ses classes. Ici, on se trouve en présence d’une représentation fantasmée, voire idéalisée, du soldat d’élite à qui rien ne résiste.

« The Marine, c’est avant tout un florilège d’imbroglios scénaristiques dont l’enchaînement des séquences ne possède aucune cohérence. »

Certes, un blockbuster d’action n’est guère connu pour faire dans la dentelle. Seulement, la surenchère inhérente à pareil exercice cinématographique évolue vers des situations invraisemblables, voire cocasses. On songe à cette course-poursuite où la voiture de police se démantibule progressivement, mais dont le moteur souffre en dernier lieu des balles. Mention spéciale à ce vol plané dans la rivière. On peut aussi évoquer l’explosion de la station-service qui aurait suffi à occire dix fois n’importe quel quidam à l’intérieur. Bref, The Marine, c’est avant tout un florilège d’imbroglios scénaristiques dont l’enchaînement des séquences ne possède aucune cohérence.

L’ensemble minimise les échanges. À décharge, il est aisé d’en comprendre la raison quand on constate la platitude des réparties ou de ces lignes de dialogue dont l’indigence suggère la prise de substances illégales lors de l’écriture. De répliques binaires, on assiste à une progression linéaire. Cela ne concerne pas l’action qui ne faiblit à aucun instant, mais plutôt au parcours de John Triton. Au sens propre, celui-ci se contente de courir de long en large. On ne sait guère où il se rend, comment il se repère ; a fortiori dans un environnement sauvage. La notion de survivalisme n’est pas même esquissée. L’homme ne boit pas. Son endurance ne décroît jamais. Les coups n’ont aucun impact sur ses capacités physiques.

« Les fusillades sont exposées avec maladresse, tout comme les combats au corps-à-corps. »

Au vu d’une action ininterrompue, on pourrait se consoler avec le divertissement de base, se satisfaire d’un règlement de compte en bonne et due forme. Seulement, les fusillades sont exposées avec maladresse, tout comme les combats au corps-à-corps. On a beau apprécier quelques prises de catch bien senties ou des coups portés pour le moins percutants, la réalisation se charge de nous les saccager avec un montage épileptique et des plans rapprochés ineptes. À cela s’ajoutent des explosions surannées. De ce point de vue, les effets pyrotechniques vieillissent mal. La faute à des images de synthèse mal dégrossies, des animations douteuses et des incrustations maladroites.

Au final, The Marine est un film d’action décérébré qui ne se préoccupe guère de la moindre considération scénaristique. Invraisemblable au possible, l’histoire joue sur de grosses ficelles éculées dont les relents patriotiques ne sont jamais très éloignés des ambitions amorcées. Preuve en est avec ce salut militaire en guise d’entame. Dans tous les sens de l’expression, la course effrénée de l’acteur principal ne souffre d’aucun obstacle ; qu’il s’agisse de balles, d’explosions ou de coups d’extincteur en pleine tête. Si l’on n’a pas le temps de s’ennuyer, le film de John Bonito frôle le non-sens, l’incursion absurde dont l’unique prétexte est d’engager la carrière cinématographique de John Cena. De bien piètre manière, cela dit…

Note : 07/20

Par Dante

Une réflexion sur « The Marine »

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