juillet 15, 2024

Marlowe

De : Neil Jordan

Avec Liam Neeson, Diane Kruger, Jessica Lange, Adewale Akinnuoye-Agbaje

Année : 2023

Pays : Irlande, Etats-Unis

Genre : Thriller, Policier

Résumé :

En 1939, à Bay City en Californie, alors que la carrière du détective privé Philip Marlowe bat de l’aile, Clare Cavendish vient lui demander son aide pour retrouver son ancien amant, Nico Peterson, mystérieusement disparu. L’enquête de Marlowe va le mener au Club Corbata, repaire des habitants les plus influents et fortunés de Los Angeles. Mais rapidement, il se heurte à ses anciens collègues de la police alors qu’il fouine dans les coulisses de l’industrie hollywoodienne et dans les affaires de l’une des familles les plus puissantes de la cité des anges.

Avis :

Aujourd’hui, c’est en Irlande qu’on pose nos valises de cinéphile pour s’intéresser à Neil Jordan, un cinéaste précieux qui a une petite tendance à se faire rare. Débutant dans les années 80, en plus de quarante ans de carrière, Neil Jordan nous a offert de sacrés bons morceaux de cinéma. Au sein de sa filmographie, on trouvera « Entretien avec un vampire« , « Prémonition« , « Michael Collins« , « A vif« , ou encore « Breakfast on Pluto« . Depuis les années 2010, Neil Jordan a freiné sa cadence de réalisation et il faut bien dire qu’il a une petite tendance à décevoir, n’arrivant pas à convoquer les merveilles de son cinéma d’antan.

Pour son premier film des années 2020, cinq ans après son « Greta« , c’est dans le Hollywood de la fin des années 30 que Neil Jordan nous entraîne pour une sombre enquête. Déterrant un immense personnage, le détective Philip Marlowe, Neil Jordan livre un film inégal. Un film qui tient de bonnes idées, et derrière ça, qui offre un certain cachet, mais face à cela, « Marlowe » est un film qui n’a pas réussi à me tenir, car son intrigue a tendance à traîner de la patte, et malheureusement, plus elle se dévoile, et moins elle se fait intéressante. Aucune tension et aucune vitalité ne viendront secouer le film qui apparaît comme figé. Dommage, vraiment dommage.

«  »Marlowe » est un film qui d’emblée impose une belle ambiance. »

Los Angeles, 1939, Clare Cavendish entre dans le bureau du détective Philip Marlowe. La jeune femme veut engager le détective pour qu’il enquête sur la disparition de son amant, un accessoiriste de cinéma. Très vite, le privé va faire de terribles découvertes et son enquête va le mener dans les tréfonds de l’industrie cinématographique de l’époque. Une industrie où se mélange, grandes familles, mafia, politique et corruption…

Je ressors donc déçu avec ce nouveau film de Neil Jordan. « Marlowe » est un film qui d’emblée impose une belle ambiance. Neil Jordan nous plonge dans le Los Angeles des années 30 et de ce côté-là, son film est impeccable. J’irais même jusqu’à dire qu’esthétiquement, il est très beau, et plus loin encore, il offre des idées intéressantes de mise en scène, même si cette dernière demeure aussi très classique. Neil Jordan se teste à l’atmosphère du film noir, au film de soupçons et de chantages, de trahisons et de manipulations, et dans un sens, le réalisateur coche toutes les cases du cahier des charges du genre. « Marlowe » est comme on se l’imagine, un privé qui mène une enquête qui va l’entraîner de plus en plus dans les bas-fonds de la société.

« Neil Jordan nous entraîne dans une enquête qui a bien du mal à prendre son envol. »

Puis comme on se l’imagine aussi, le film nous offre un enquêteur chapeau vissé sur la tête, qui pose beaucoup de questions, et qui a la fâcheuse tendance de répondre à une question avec une autre. Bref, « Marlowe » est en quelque sorte comme on l’imaginait, mais pourtant, force est de constater que la déception est bien là, car face à tout cela, Neil Jordan nous entraîne dans une enquête qui a bien du mal à prendre son envol et arriver à se faire intéressante. Film très lent et très long, « Marlowe » donne la sensation de ne pas avoir de rythme, et malgré des ficelles scénaristiques intéressantes, plus le film avance, et plus l’ennuie gagne très vite du terrain. Que ce soit dans les dialogues, dans la mise en scène ou encore l’interprétation de ses acteurs, il y a quelque chose qui sonne comme éteint qui s’échappe de l’ensemble.

De plus, avec cette histoire qui n’est que manipulation, on a bien du mal à voir où l’intrigue veut nous emmener, et lorsqu’elle se dévoile, ou plutôt lorsqu’elle trouve sa résolution, on ne peut s’empêcher de laisser échapper un « tout ça pour ça »…

« Tout est éteint, ce qui fait qu’on a bien du mal à s’intéresser à ces personnages. »

On aurait alors pu se raccrocher à ses acteurs et à leurs personnages, mais comme je le disais plus tôt, tout est éteint, ce qui fait qu’on a bien du mal à s’intéresser à ces personnages. D’ailleurs, à bien y penser, hormis Liam Neeson (et encore, l’acteur et le personnage sont très mous du genou) le film n’offre pas de personnages marquants et ça malgré le casting très alléchant qu’a réuni Neil Jordan. Il y aura bien le final très sombre avec Diane Kruger, mais il aura fallu attendre presque tout le film pour arriver à tirer quelque chose d’intéressant à ce personnage qui se veut énigmatique, mais qui est surtout sans surprise.

Ainsi, ce nouveau Neil Jordan se pose comme une déception. Une déception qui offre toutefois des éléments intéressants, mais qui sur son ensemble a franchement du mal à nous captiver. Film classique à l’enquête très longue, ce qui fait que petit à petit, loin de toute tension et surprise, on finit par décrocher assez vite et l’on s’ennuie devant, et ça, c’est vraiment dommage.

Note : 08/20

Par Cinéted

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