mai 26, 2024

Allegaeon – Apoptosis

Avis :

On le sait, dans le monde de la musique, les membres de groupe vont et viennent à leur guise, à un tel point que parfois, certaines formations ne possèdent plus un seul membre d’origine. Allegaeon n’est pas très loin de cet état de fait. Fondé en 2006 sous le nom d’Allegiance, c’est en 2008 que les américains prennent leur nom définitif. Dès cette première année, le chanteur se barre. En 2009, c’est le bassiste qui prend la tangente. 2011, le batteur dit au revoir, alors que l’un des guitaristes se barre deux ans plus tard. Ensuite, c’est un peu le défilé, à un tel point que seul Greg Burgess, guitariste, fait partie de la formation de base depuis 2006. Et visiblement, cela n’est pas près de finir, puisque le chanteur a claqué la porte du groupe en 2022. Bref, Allegaeon possède une histoire compliquée.

Pour autant, cela n’empêche pas le groupe de sortir des albums de façon régulière, tous les deux/trois ans. Des efforts qui sont constamment salués par la critique spécialisée, alors même que la formation officie dans un genre complexe et ardu, le Technical Death Metal. Un sous-genre du Death où les musiciens sont à l’honneur dans des compositions complexes et longues, avec des thèmes plus ou moins élaborés. Avec Apoptosis, le groupe montre son attirance vers la biologie, mais aussi pour les morceaux dantesques, épiques et bien lourds. Ce cinquième album possède tous les atours pour être un moment tortueux à appréhender, et pourtant, malgré sa longue durée et certains titres inhabituels, on est dans quelque chose de très accessible et de profondément technique, montrant que l’un peut aller avec l’autre sans pour autant se prendre la tête.

C’est Parthenogenesis qui ouvre le bal, et il s’agit d’une introduction qui pourrait être la parfaite synthèse de la musique du groupe, si l’on avait rajouté du chant. D’entrée de jeu, la technique est impressionnante, avec une basse qui claque un solo d’enfer, et des grattes qui vont venir se rajouter pour ajouter des touches de complexité et d’énergie. C’est vivant, c’est vif, c’est technique, mais c’est aussi très addictif, avec des passages plus virulents qui donnent mal à la nuque. Cela s’enchaine parfaitement avec Interphase//Meiosis, un long titre de plus de cinq minutes qui ne fait qu’ajouter des nappes de mélodies pour un ensemble complexe, mais très efficace. Point de chant clair ici, on est dans du Technical Death pure souche, qui est là pour frapper fort. On ne ressent donc aucun ennui, et mieux, on en redemande malgré la violence de l’ensemble.

Bien évidemment, certains titres semblent plus exigeants que d’autres. Par exemple Extremophiles (B) est très rude dans son style. Entre les riffs très lourds et techniques et les blasts de la batterie, on se retrouve face à quelque chose de très violent et de très percutant. Pour autant, on reste surpris par un couplet accessible et prenant. Ici, c’est le refrain avec les petits cris de cochon qui seront un peu en deçà du reste. The Secular Age viendra remettre les pendules à l’heure, avec son petit riff qui dégouline au départ, avant de nous mettre une grosse tarte dans la gueule. La puissance est là, mais elle est maîtrisée jusqu’au moindre détail. Exothermic Chemical Combustion continuera de nous balader à droite et à gauche dans un Death précis et qui, malgré sa violence et son côté extrême, reste très abordable.

C’est avec Extremophiles (A) que le groupe va aussi montrer qu’il est un peu capable de douceur (tout est relatif). Même si la rythmique est moins rapide, on reste sur des guitaristes qui doivent posséder une centaine de doigts et qui arrivent à jouer avec nos émotions. Car malgré la colère et la violence, on ressent aussi une pointe de mélancolie qui va se faire de plus en plus prégnante sur la fin de l’album. Alors certes, pas sur Metaphobia est ses élans un peu Black, mais qui recèle des solos dantesques. Mais Tsunami et Submergence vont venir nous taquiner un peu les tympans. L’introduction est tout simplement dingue, avec en prime une guitare sèche qui viendra apportera une certaine tendresse à l’ensemble. Le titre monte crescendo, pour aller ensuite vers un solo de guitare qui est tout simplement une dinguerie.

Non content de surprendre encore et toujours, Allegaeon va venir nous cueillir avec un titre très calme à la guitare sèche. Colors of the Currents peut se voir comme un interlude avant les deux derniers morceaux, et il possède une double facette sublime. En effet, on aura une mélodie toute douce, qui sera ponctuée par des moments plus vifs et plus graves. Il en ressort un moment touché par la grâce, montrant que derrière ces brutes se cache une belle lumière. Stellar Tidal Disruption viendra bien évidemment nous remettre un gros coup de massue derrière la nuque. Et le groupe de nous terminer avec Apoptosis et ses dix minutes complètes, avec ses moments calmes et ses tempêtes qui viennent nous frapper de plein fouet. Un morceau magistral qui nous tient du début à la fin.

Au final, Apoptosis, le cinquième album de Allegaeon, est une réussite sur quasiment tous les plans. A la fois violent et accessible, technique sans jamais sombrer dans la démonstration, les américains ont su gérer leur style pour l’offrir au plus grand nombre. Néanmoins, si l’on peut trouver un léger bémol à l’ensemble, il manque un morceau qui reste en tête, un petit hit en puissance que l’on n’oublierait pas. C’est du chipotage, mais c’est qu’un titre plus direct et plus court aurait été appréciable au milieu de tous ces titres-fleuves, tous réussis avec maestria.

  • Parthenogenesis
  • Interphase//Meiosis
  • Extremophiles (B)
  • The Secular Age
  • Exothermic Chemical Combustion
  • Extremophiles (A)
  • Metaphobia
  • Tsunami and Submergence
  • Colors of the Currents
  • Stellar Tidal Disruption
  • Apoptosis

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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