octobre 2, 2022

Volbeat – Servant of the Mind

Avis :

Il est toujours très compliqué pour un groupe de trouver une identité propre. Déjà parce que nous sommes tous influencés par quelqu’un ou quelque chose. Et puis parce qu’aujourd’hui, c’est de plus en plus complexe de faire dans l’originalité, sans pour autant passer pour un marginal et ne pas se faire connaître. En seize ans d’existence, Volbeat a trouvé sa voie et peut être fier d’avoir inventé ce que le groupe nomme le Elvis Rock. Sorte de mélange génial entre rock, métal, heavy et rockabilly, Volbeat mixe tout ça pour en sortir des sonorités qui lui est propre. Servant of the Mind est le huitième album des danois et il ne marque pas de rupture particulière. Restant dans un style qu’il maîtrise à la perfection, le groupe poursuit son ascension avec des rythmes effrénés et des morceaux catchy en diable. Oui, ce dernier album est une réussite.

Des références égyptiennes ?

Le premier titre que nous assène le groupe est Temple of Ekur. Armé d’une batterie au cordeau et d’une ligne de basse dingue, le groupe délivre un riff ardent qui donne immédiatement envie de danser. Cherchant à surprendre via des références presque babyloniennes, Volbeat n’étonne guère, restant fidèle à son crédo, avec notamment un refrain clair et efficace. On pourrait presque reprocher au groupe de faire ce qu’il sait faire. Mais ce ne sera pas le seul titre qui lorgnera du côté de l’Egypte antique. The Sacred Stones ira dans le même sens, peaufinant un peu plus une ambiance presque lugubre et pesante. Les danois semblent inspirés et offrent un riff puissant au sein d’un titre complet et complexe. Seul Michael Poulsen tire un peu sur la corde avec sa voix et ses délires rockabilly.

Cet état d’esprit un peu antique, on le retrouvera bien plus loin dans l’album, avec notamment Step Into Light ou encore Mindlock, deux morceaux totalement différents. Le premier sera plus éthéré, plus aérien, tandis que le deuxième sera clairement dans l’énergie, avec un aspect Heavy poussé. Toutes ces références seront assez plaisantes et noieront même le poisson, démontrant que Volbeat essaye de sortir de sa zone de confort, même si c’est totalement faux. En effet, chassez le naturel, il revient au galop et même au sein de ces titres, on se retrouve avec des aspects propres au groupe qui ne vont pas au bout des choses. On retrouvera aussi quelques références au sein des paroles de certains morceaux, à l’image de The Devil Rages On qui parle de Babylone, mais qui sera dans un registre plus rockabilly. Chose que l’on retrouve pleinement dans Wait a Minute my Girl.

Vers la même recette, en mieux

L’identité même de Volbeat se trouve toujours dans un équilibre entre rock, métal et quelques notions un peu rockabilly. On retrouve tout cela dans tout l’album, mais Servant of the Mind renoue avec un Volbeat de la bonne époque, plus âpre et plus tendu. A titre d’exemple, on peut citer le hit en puissance Shotgun Blues et son riff rugueux qui donne envie de se péter la nuque. Le groupe nous accroche immédiatement avec cette guitare puissante et rythmée. On retrouvera cela avec Say no More et ses incisions précises qui donnent un pep’s incroyable. On peut aussi évoquer Becoming, qui dérouille comme il faut dans son introduction, lorgnant même du côté d’un Death des familles. Oui, Volbeat alterne les riffs et la rapidité d’exécution pour fournir un véritable délice de tous les instants. Et cela sans jamais se perdre, renouant avec le chant si particulier de Michael Poulsen.

Preuve, s’il en est besoin, que le groupe est en pleine forme, Lasse’s Birgitta apportera son lot de surprises, dans un exutoire de près de huit minutes. Dans ce titre, tout y passe et la formation expose son talent et tout son savoir-faire pour les longues plages rugueuses. Et en guise de cadeaux, Volbeat propose une pléthore de bonus dans sa version deluxe. On y trouve une reprise de Don’t Tread on Me de Metallica, ou encore une version Death de Shotgun Blues, en invitant le chanteur Dave Matrise. Les danois s’en donnent à cœur joie et propose alors un album long et généreux, qui ne faiblit à aucun moment, ne se reniant jamais, et embrassant même pleinement ce qu’il sait faire.

Au final, Servant of the Mind, le dernier album de Volbeat, est une superbe réussite. Ne sombrant presque pas dans la redite, se renouvelant sans cesse et offrant un disque généreux et abouti, les danois ne surprennent pas vraiment par leurs choix, mais plus par leur maîtrise et leur envie d’en découdre après deux albums sympathiques, mais qui restaient dans un genre trop codifié. Bref, ce huitième effort est fort et place Volbeat comme une des plus belles surprises musicales de cette année.

  • Temple of Ekur
  • Wait a Minute my Girl
  • The Sacred Stones
  • Shotgun Blues
  • The Devil Rages On
  • Say no More
  • Heaven’s Descent
  • Dagen For feat Stine Bramsen
  • The Passenger
  • Step Into Light
  • Becoming
  • Mindlock
  • Lasse’s Birgitta
  • Return to None
  • Domino
  • Shotgun Blues feat Dave Matrise
  • Dagen For Michael Vox Version
  • Don’t Tread on Me

Note : 18/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.