mars 2, 2024

Empire of Light – Et la Lumière Fut

De : Sam Mendes

Avec Olivia Colman, Michael Ward, Tom Brooke, Tanya Moodie

Année : 2023

Pays : Angleterre,Etats-Unis

Genre : Romance, Drame

Résumé :

Hilary est responsable d’un cinéma dans une ville balnéaire anglaise et tente de préserver sa santé mentale fragile. Stephen est un nouvel employé qui n’aspire qu’à quitter cette petite ville de province où chaque jour peut vite se transformer en épreuve. En se rapprochant l’un de l’autre, ils vont apprendre à soigner leurs blessures grâce à la musique, au cinéma et au sentiment d’appartenance à un groupe…

Avis :

Après une carrière remarquée au théâtre, Sam Mendes marque un grand coup avec son premier film, l’incroyable « American Beauty« , qui l’impose d’emblée comme l’un des cinéastes à suivre obligatoirement des années 2000. Depuis ce premier film, le metteur en scène britannique a très rarement déçu, faisant de chaque sortie d’un nouveau Sam Mendes, un événement.

Après s’être arrêté sur la saga « James Bond » pour deux films, Sam Mendes avait conclu ses années 2010 sur un film de guerre incroyable et fou, « 1917« .

Pour son nouveau film (et premier film des années 2020), Sam Mendes revient avec une histoire qui peut aisément se poser comme l’une de ses plus personnelles, car sans y raconter la jeunesse du réalisateur (loin de là), « Empire of light » demeure néanmoins un film pour lequel Sam Mendes a puisé dans certains de ses souvenirs, ainsi que ceux de ses proches.

« Touchant, somptueux et tenu par deux acteurs intenses. »

Racontant deux personnages, et derrière eux, une époque, « Empire of light » se pose aussi comme une magnifique déclaration d’amour au cinéma et à la salle de cinéma. Touchant, somptueux et tenu par deux acteurs intenses, même si parfois Sam Mendes a du mal à tout faire s’emboîter, « Empire of light » est un enchantement de deux heures qu’on ne voit absolument pas passer.

1980, à Margate, Hilary, la cinquantaine passée, travaille comme gérante de l’Empire Cinéma. Depuis quelque temps, Hilary se sent comme éteinte, et elle a bien du mal à trouver goût aux choses. L’arrivée de Steven, un jeune homme d’une vingtaine d’années, dans ce cinéma, va lui faire voir la vie autrement. L’un comme l’autre se sentent rejetés, et ensemble, ils vont soigner leurs blessures.

Sublime et élégant, voici deux mots parmi tant d’autres qui me viennent en tête à la sortie de cet émouvant nouveau film de Sam Mendes, qui pose ainsi sa caméra dans l’Angleterre des années 80 pour y suivre deux abîmés par la vie, qui vont se trouver, s’aider, s’aimer, et peut-être, au bout du compte, se faire voir la vie autrement.

« Il y a beaucoup de délicatesse et d’élégance qui s’échappent de cette histoire. »

« Empire of light » est un film particulièrement riche que nous offre là Sam Mendes. Premier film dont il a entièrement écrit le scénario seul, « Empire of light » est un film qui conjugue plusieurs films en un seul. Portrait de femme, portrait d’un pays en pleine mutation, déclaration d’amour au septième art, ou encore drame touchant, sensible et plein d’humanité sur une femme atteinte de bipolarité, « Empire of light » passionne de bout en bout. Alors, c’est vrai que parfois, il y a quelques maladresses et l’ensemble a du mal à s’emboîter, notamment lorsque Sam Mendes décrit la maladie d’Hilary, mais il faut dire que le jeu incroyable d’Olivia Colman arrive sans aucun mal à nous faire oublier ces moments qui peuvent être un peu poussifs.

Parce que par-delà les petites coquilles de cette ficelle scénaristique, sur l’ensemble, « Empire of light » sublime la rencontre de ces deux abîmés par la vie. Sam Mendes nous fait vibrer avec une virée à la plage, il nous fait sourire et nous touche profondément avec ses escapades discrètes, ou encore avec un baiser volé sur un toit, un soir de nouvel an. Il y a beaucoup de délicatesse et d’élégance qui s’échappent de cette histoire, de ces personnages, et aussi dans la façon dont le réalisateur aborde les différentes thématiques de son film. Car oui, derrière cette rencontre, Sam Mendes en profite pour parler du racisme en Angleterre dans ces années-là, avec le mouvement des skinheads.

« Sam Mendes qui livre à un film simple et somptueux. »

Puis il aborde le bouleversement culturel de ces années-là, avec bien sûr le cinéma, dont Sam Mendes va faire une magnifique déclaration d’amour et surtout à la salle de cinéma, lieu de toutes les émotions. D’ailleurs, par la même, il fait du cinéma Empire un véritable personnage de son film, dans lequel on traîne dans les couloirs, on s’attarde dans les coulisses, on rit et l’on s’amuse, ou encore l’on pleure au grès des salles, des fauteuils. Puis l’on est en admiration face à cette magnifique façade qui absorbe tout. Bref, ce cinéma (fictif) est magnifiquement filmé et mis en avant.

Comme je le disais plus haut, l’élégance est un mot qui me vient d’emblée en tête. Cette élégance, on la trouve dans son histoire et ses personnages, et elle s’étend à la mise en scène de Sam Mendes qui livre à un film simple et somptueux. Un film à la lumière incroyable. Un film à la BO magique. Un film qui nous réserve de superbes envolées de cinéma et des moments de grâce qui pourraient arrêter le temps, tant c’est beau, car Sam Mendes sait toujours raconter quelque chose d’intéressant, et ça, même quand parfois, comme je le disais, toutes ces histoires peuvent avoir du mal à se conjuguer ensemble.

«  »Empire of light » est un superbe cru pour Sam Mendes. »

Enfin, l’autre magie de ce film, ce sont ses comédiens, à commencer par Olivia Colman et Michael Ward. Les deux acteurs sont bouleversants, et tellement bien ensemble. Sam Mendes nous donne envie de les suivre n’importe où. Puis on ne pourra passer à côté d’un Toby Jones qui convoque de la poésie à lui seul. Colin Firth, Tanya Moodie et Tom Brooke complètent ce merveilleux casting, avec de petits rôles qui auront leur importance.

Malgré ses petits défauts, « Empire of light » est un superbe cru pour Sam Mendes qui livre un film magnifique, délicat, humain et nostalgique. Le réalisateur y dresse deux sublimes portraits, qu’il confie à deux acteurs incroyables de bout en bout. Franchement, c’est tellement beau et bon que j’en reprendrais bien une deuxième séance.

Note : 17/20

Par Cinéted

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