novembre 30, 2021

Avalanch – the Secret

Avis :

Fondé au début des années 90, nous avons connu Avalanch en meilleure forme. Fer de lance du Heavy espagnol, le groupe a connu le succès dans les années 2000 avant de devoir faire une pause en 2006. Pour autant, le groupe se reforme, sort quelques albums, jusqu’à une compilation en 2012. C’est cinq ans plus tard que le groupe surprend tout le monde, avec, encore, un nouveau line-up qui se regroupe autour de Alberto Rionda, seul et unique membre original. Il en découlera un ré-enregistrement pour fêter les quinze ans d’existence du groupe, puis un nouvel album, en 2019, The Secret. Serpentant toujours un Heavy teinté de Power, les espagnols espèrent bien retrouver leur gloire d’antan et refaire des tournées, puisque Avalanch est surtout connu en Amérique Latine. Mais ce n’est certainement pas avec cet effort un peu mou du genou que les hispaniques vont refaire surface.

Le skeud débute avec The Oracle et fait illusion durant les premières secondes. En effet, les riffs sont incisifs, la rythmique est percutante, et l’ajout des cordes pour donner un aspect plus orchestral annonce du lourd. Malheureusement, on va vite déchanter lorsque le chanteur commence sa partition. Non pas qu’il chante mal, c’est tout le contraire. Mais il n’a pas une voix faite pour ce genre de musique. Il est incapable de faire du growl ou du chant crié et son côté lisse empêche le groupe de continuer sur un côté plus agressif. Du coup, on se retrouve avec des couplets qui manquent de punch et un refrain qui ne reste pas en tête. Ce constat, on va le faire sur absolument tout l’album. Demiurgus par exemple, renoue avec les gros riffs puissants, pour plonger ensuite dans un refrain qui perd toute intensité.

Même l’aspect un peu Power s’en retrouve édulcoré, avec une rythmique qui ralentit à fond pour permettre au chanteur de suivre. C’est assez triste à écouter. Alors certes, ce n’est pas non plus désagréable à écouter, mais on sent qu’il y a un vrai potentiel et il n’est pas exploité à sa juste valeur. Caduceus met en avant la belle voix du chanteur, mais encore une fois, dans un registre assez mou et langoureux, qui ne correspond pas à ce que l’on était venu chercher. Katarsis est peut-être encore pire dans son aspect lancinant, mais on peut lui pardonner cet écart, car les musiciens proposent un joli solo et surtout, le refrain reste bien en tête sur ce titre en particulier. Pilgrim ira dans le même registre que précédemment, tout en s’octroyant le droit d’être un peu plus court. Mais le groupe ne se permet pas d’être plus percutant.

Avec Old Soul, on peut apercevoir un nouveau visage du groupe. Le début fait très hispanique et cela pourrait être un atout majeur pour le groupe. Utiliser le folklore de son pays peut permettre de se démarquer de la base. Ce début lancinant et relativement beau ne va finalement servir qu’à préparer le terrain pour un titre assez classique et qui ressemble trop au reste. C’est dommage, car c’est avec ce genre de passage qu’Avalanch offre une vraie proposition. The Flower in the Ice renoue avec les morceaux précédents, lorgnant du côté d’un Heavy teinté de Power, mais sans réelle fougue et identité. C’est bien fichu, l’introduction donne envie, mais le soufflé descend aussi vite. Seul The Alchemist tirera son épingle du jeu. Le titre est plus virulent, plus costaud dans sa production et on verra que le chanteur peut aller vers un registre un peu plus lourd.

Pour les deux derniers morceaux, on se retrouve, sans surprise, sur la même recette que précédemment. Avalanch ne prend pas de risque, ne sort jamais de sa zone de confort, et pire, s’enfonce dans le mélo sans âme. Deception est un morceau d’un ennui mortel qui ne procure aucune sensation. Un comble pour un titre qui parle d’amour. Enfin, New Moon clôturera l’album de la même façon dont il a commencé. C’est-à-dire avec un moment qui s’écoute gentiment mais qui manque cruellement de panache et d’envie de tout casser sur son passage. Si certains riffs sont assassins, ils passent en arrière-plan sans jamais vraiment nous donner envie de bouger dans tous les sens. Et c’est là tout le problème de cet album, plutôt sympathique dans les faits, mais qui ne marque absolument pas. Il demeure un effort qui n’a pas de véritable identité et empêche donc Avalanch de s’imposer.

Au final, The Secret, le dernier effort d’Avalanch, n’est pas ce que l’on pourrait appeler un album mémorable. Si, globalement, il reste largement écoutable et bien produit, il n’en demeure pas moins un album ennuyeux et qui manque de moments réellement marquants ou puissants. Les espagnols se reposent un peu trop sur leur technique et sur une recette qui revient jusqu’à la lie. Espérons que le prochain album soit plus incisif, avec un nouveau chanteur, qui vient d’intégrer l’équipe.

  • The Oracle
  • Demiurgus
  • Caduceus
  • Katarsis
  • Pilgrim
  • Old Soul
  • The Flower in the Ice
  • The Alchemist
  • Deception
  • New Moon

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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