novembre 30, 2021

Cobra

De : George P. Cosmatos

Avec Sylvester Stallone, Brigitte Nielsen, Reni Santoni, Andrew Robinson

Année : 1986

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Depuis plusieurs mois, une mystérieuse série d’assassinats d’une sauvagerie sans précédent est commise dans la ville. La police à bout de ressources fait appel au lieutenant Marion Cobretti, dit Cobra, un flic de choc qui vient de mettre fin à une prise d’otages dans un supermarché…

Avis :

Il arrive que parfois, le temps réhabilite certains films. Il faut dire aussi que les critiques professionnelles peuvent se planter en beauté, en atteste ce subtil papier qui a fait le tour du web lors de la sortie de Retour Vers le Futur. Bref, qu’importe les points de vue à l’emporte-pièce, le temps fait toujours son effet, et s’il détruit, il lui arrive aussi de bonifier certaines œuvres, parfois en avance sur leur temps. En 1986 déboule Cobra dans les salles obscures, un nouveau Stallone, et le film va se faire déboîter, décrochant pas moins de six nominations aux Razzies Award. Fort heureusement, le film repartira bredouille, mais cela est symptomatique d’un mauvais film, du moins de réputation. Est-ce vraiment le cas ? Bien sûr que non. Film d’action dégraissé jusqu’à la moelle reprenant le duo gagnant de Rambo II, Cobra est une série B qui ne lambine pas.

Le gang des haches

Le scénario n’est qu’un prétexte pour fournir des meurtres, des fusillades et autres courses-poursuites. Le film s’ouvre sur une prise d’otages dans une grande surface. Le terroriste est sans pitié et n’hésite pas à tirer dans le dos pour tuer des innocents. La police étant inefficace, elle fait appel à Marion Cobretti, dit Cobra, un flic tête brûlée que l’on appelle pour les causes désespérées. Il va alors rentrer dans le magasin et se débarrasser de manière définitive du tueur. Dans le même temps, la ville est en proie à une série de meurtres sans précédent et l’enquête piétine. Alors qu’elle est prise pour cible, une mannequin se sort d’un guet-apens et se réfugie au commissariat. Elle va alors être escortée par Cobra dans un lieu tenu secret. Mais une taupe se cache dans la police et cette protection de témoin va devenir le théâtre de règlements de compte sanglants.

Cobra, c’est aussi simple que ça. Une introduction pour présenter le héros. Un gang de méchants qui tuent pour le « nouveau monde ». Une protection de témoin qui va devenir une tuerie de masse pour se protéger. Le scénario n’a absolument rien d’exceptionnel. Mais c’est dans cette simplicité que l’on va retrouver une grande efficacité. Et en dehors de ça, malgré les faiblesses d’écriture, le film essaye de bien construire son personnage central et de fournir des motivations à son gang de tarés. On y retrouve des éléments sur la volonté de changer le monde, de se sentir supérieur aux autres pour construire une société basée sur la loi du plus fort. Certes, ça ne va pas pisser bien loin, mais George P. Cosmatos tente de construire un semblant de secte qui ne prend pas vraiment, mais qui a le mérite d’être là.

Marion Stallone

Il est vrai que cela manque de profondeur. Mais ce ne sera pas le cas de Cobretti qui bénéficiera d’un traitement de faveur. En effet, c’est le héros du film, et il fallait qu’il soit badass. Dès lors, Stallone sort le grand jeu, de son attitude, sa démarche, à son look, avec sa propre voiture à l’écran. Cobra est un type solitaire, aux méthodes expéditives, mais qui a une vie finalement terne. Au détour d’une scène chez lui, on voit qu’il s’ennuie à mourir et que cette vie morose ne lui convient pas vraiment. Il va trouver alors l’amour avec cette femme qu’il doit protéger, et c’est avec timidité qu’il se rapproche et se laisse charmer. Ainsi, derrière les grosses bagarres et le côté macho du métrage, on trouvera un type sensible, qui fait peu confiance, mais qui a des amis fidèles, à l’image de son acolyte amateur de sucreries.

Comme évoqué plus haut, le film a tout de même des faiblesses. Les méchants sont très stéréotypés et leurs motivations sont obscures, pour ne pas dire débiles. Cependant, la confrontation finale permet de mettre en avant un leader assez charismatique, con comme ses pieds mais qui en impose. On peut aussi reprocher au film de faire de nombreux raccourcis et de ne pas assez évoquer les tensions au sein de la police. On sent que Cobra n’est pas forcément apprécié à cause de ses méthodes, mais on reste en surface, évitant les confrontations entre collègues. Bien évidemment, le principal défaut du film reste sa linéarité. Le film ne détient aucune surprise, il va droit au but et il n’y aura aucun retournement de situation ou même moment de réflexion. Ceci étant, sur la fin, on aura un petit moment un peu crapoteux, avec l’évocation de la peine de mort.

Ratatatatata

Sur la fin, on va voir que Cobra hésite à tuer son rival. Ce dernier fait jouer ses droits et estime qu’il ira en prison, mais sera finalement relâché pour folie. Il évoque alors un système judiciaire en carton et qu’il vaut mieux tuer. Chose qu’approuve Cobra à demi-mot. Le film peut alors poser question sur ce raisonnement qui semble légèrement incorrect. Fort heureusement, cela n’enlève en rien le plaisir ressenti lors du visionnage. Violent et sans concession, le début de métrage peut même se targuer d’avoir des airs de film d’horreur dans ses plans. Cosmatos filme à contre-jour, joue avec les musiques, tente des teintes néon quand il montre le monde de la nuit et il y a beaucoup d’idées de mise en scène. Même la fusillade finale est intense et bénéficie d’une réalisation propre et inspirée, qui rend l’ensemble lisible.

Au final, Cobra est un film qui est plutôt réussi dans son ensemble, et qui a tendance à être réhabilité avec le temps. Doté d’un scénario simple et frontal, le film ne cherche jamais à être plus que ce qu’il n’est, c’est-à-dire un actionner un peu débilos qui veut offrir du spectacle et un personnage central charismatique. George P. Cosmatos délivre alors une mise en scène nerveuse, qui lorgne de temps à autre sur l’horreur ou l’action pétaradante, pour ne jamais lâcher son spectateur sur une toute petite heure et demi. Bref, Cobra est un bon défouloir, qui fonctionne toujours près de quarante ans plus tard.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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